Remaniement technique :Les raisons du départ de Lawani (Pascal Irénée Koupaki assure l’intérim)
48 heures après le départ du ministre Soulé Mana Lawani du gouvernement du Changement, on apprend que c’est une affaire de prime unilatéralement fixée par l’argentier national qui lui a coûté son fauteuil, en attendant sa propre version.C’est un arrêté interministériel d’avril 2008 cosigné par l’ancien ministre de la Santé Kessilé Tchala et le ministre de l’Economie et des Finances, Soulé Mana Lawani qui est à l’origine du limogeage de ce dernier. Pour l’histoire, le chef de l’Etat, dans le souci d’améliorer les conditions de vie et de travail des agents de santé, avait instruit ses deux ex-collaborateurs de prendre des mesures dans ce sens. Les ministres Tchala et Lawani ont pris ledit arrêté. En son article 1er, l’arrêté stipule qu’ « il est alloué aux agents du ministère de la santé, une prime exceptionnelle et mensuelle ». Quand on lit entre les lignes, on voit la contradiction entre « exceptionnelle » et « mensuelle ». L’article 8 du même décret précise que cette « prime prend effet à partir de janvier 2007 ». Malheureusement, cette prime « exceptionnelle » et « mensuelle » n’a jamais été payée aux ayants droits.
Des grèves mortelles
Tout calcul fait, le paiement de la prime à l’ensemble des agents fait 7 milliards de francs Cfa par an. Donc 21 milliards en 2009. C’est le non-paiement de ces 21 milliards qui est à l’origine des grèves sans service minimum. Ce qui entraine beaucoup de morts dans les centres de santé. Le chef de l’Etat rencontre les grévistes. Ceux-ci lui présentent l’arrêté. Le président de la République avait une alternative : honorer l’engagement de l’Etat ou retirer l’arrêté. Yayi Boni retire l’arrêté mais saute le ministre de l’Economie et des Finances Soulé Mana Lawani et entame une nouvelle négociation avec les travailleurs. Il nomme le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki comme ministre intérimaire de l’Economie et des Finances. Il abandonne de ce fait le choix de la directrice de cabinet Adidjatou Mathys. Non pas qu’elle a démérité, mais tout juste à cause de la forte pression des Hommes du Palais, des partis politiques de l’Umpp et autres structures et réseaux qui ne veulent pas de la respectée Dame. Tous ces différents courants et groupes de pression veulent positionner leur propre Homme.
Abdourhamane Touré
Journal LE MATINAL 10/06/09
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