Construction d’infrastructures au Bénin: Des éléphants blancs fleurissent sous l’ère du Changement
Le pouvoir en place annonce à grande pompe la réalisation de plusieurs infrastructures amenant certaines personnes à dire que le pays est en chantier. Mais, force est de constater que bon nombre de ces chantiers sont restés dans un état stationnaire. D’autres chantiers n’ont bénéficié que de la pose de la première pierre après quoi, ils ont été classés aux oubliettes.Il y a plus d’éléphants blancs sous le régime du Changement que de réalisations concrètes. Pourtant, le gouvernement ne rate pas d’occasion pour se féliciter par rapport à ses nombreuses infrastructures dont il en dresse une liste non exhaustive. Ses disciples s’en servent pour battre campagne. Mais, en y regardant de plus près, il n’est pas difficile de constater que la plupart de ces chantiers sont des éléphants blancs. Si certains chantiers sont restés dans un état stationnaire faute de financement, d’autres par contre n’ont bénéficié que de la pose de la première pierre. Ces différents chantiers entrepris n’ont pas encore été réalisés. Plusieurs reformes dans divers domaines annoncées par le chef de l’Etat sont jusque là restées en veilleuse. L’exemple palpable est celui de l’Hôtel Croix du Sud. Jusqu’ici, les travaux de construction du nouvel hôtel à trois étoiles dont le gouvernement a tellement fait la publicité n’a pas encore commencé. Il faut signaler que sur le terrain, il n’y a aucun panneau de signalisation de chantier. Cette situation a contraint plusieurs personnes au chômage. Pourquoi avoir détruit l’ancien bâtiment si les fonds pour la construction d’un nouvel édifice ne sont pas disponibles ? Aujourd’hui, à la place d’un bâtiment de luxe, on a un espace rempli de broussailles et d’ordures situé par surcroît en face du Palais des congrès de Cotonou. Cet emplacement n’offre guère un beau spectacle. Un ornement mauvais pour une zone résidentielle. L’autre exemple est celui de la lutte contre l’érosion côtière. Voilà une autre équation que le gouvernement a du mal à résoudre. Pourtant, en son temps, le chef de l’Etat avait pris une ordonnance pour pouvoir accélérer le processus visant à mettre un terme aux dégâts causés par celle-ci. Une fois encore, c’est le calme plat. Tout est resté dans un état stationnaire malgré cette mesure prise par Boni Yayi alors que la mer ne cesse d’engloutir tout sur son passage. Il faut noter que ce phénomène s’est étendu dans d’autres départements du Bénin. Et si rien n’est fait, des villes toutes entières vont disparaître. A tous ces exemples, il faut ajouter la construction du port sec et de l’aéroport de Tourou à Parakou dont les travaux n’ont toujours pas démarré. Tous ces chantiers entrepris et abandonnés par le Changement constituent un handicap pour le développement du Bénin.
Juliette B. CHECONY
Journal 24 HEURES AU BENIN 10/06/09
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