Nomination de banquiers à des postes de responsabilité: La désillusion de Boni Yayi
Avec l’avènement du Changement le nouveau président de la République Boni Yayi a cru devoir recours aux cadres béninois travaillant dans les institutions financières et bancaires de la sous région pour l’émergence économique du Bénin Trois ans après tous ces cadres nommés à plusieurs postes de responsabilité ont montré leurs limites.« On ne veut que des technocrates pour sauver le Bénin du gouffre ». C’est ce que chantaient plusieurs Béninois en 2006, suite à la conquête du pouvoir d’Etat par le président Boni Yayi. Très tôt, le nouveau gouvernement béninois a parachuté des cadres des institutions bancaires de la sous-région, qui ne connaissaient même pas les réalités du pays, à des postes stratégiques de responsabilité. M. Christophe Aguessy, cadre de la Banque ouest-africaine de développement (Boad), a été nommé directeur général du port autonome de Cotonou. Après quelques mois seulement passés à la tête du poumon de l’économie nationale, il a été limogé par le chef de l’Etat sans aucune raison fournie au peuple. Un autre banquier de la Boad, Nicaise Fagnon a été nommé directeur général de la Société nationale de promotion agricole (Sonapra). On pensait qu’avec cet expert d’une institution financière de la sous-régionale, l’entreprise allait se porter mieux. Erreur ! C’est sous lui que le coton béninois a connu ses pires difficultés. Les campagnes cotonnières à l’ère du Changement sont catastrophiques. Cette situation s’est aggravée par la mauvaise gestion de la Sonapra. Aujourd’hui, on parle de dilapidation de 50 milliards de francs Cfa. D’une manière ou d’une autre, le passage de Nicaise Fagnon à la Sonapra a laissé un goût amer aux Béninois. Après lui, le banquier qui s’est illustré négativement ces derniers jours est sans doute Soulé Mana Lawani, ministre des Finances et de l’économie, limogé pour avoir pris un décret en faveur des agents de santé sans se référer au gouvernement. N’a-t-il pas fait des projections pour savoir que son acte peut créer des ennuis financiers à l’Etat en tant que cadre de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Boad) ? Même le président Boni Yayi, banquier de profession, n’est pas excusable par sa manière de gérer le pays. Depuis 2006, l’improvisation, l’impréparation, le cafouillage et la navigation à vue sont érigés en système de direction. Par conséquent, le pays va très mal. Tout cela se passe devant le ministre de la prospective, du développement et de l’évaluation de l’action publique, Pascal Koukpaki, cadre de la Bceao, banquier de profession aussi. Il y ressort que les banquiers parvenus à la tête du pays en 2006 ont du mal à innover. Face à leur échec dans la gestion de la chose publique, une leçon simple peut être tirée. L’inexpérience politique de la classe dirigeante est la principale cause de la situation que traverse le Bénin aujourd’hui. L’accumulation des hauts diplômes académiques ne rime pas avec la gestion politique au sommet de l’Etat. C’est au peuple béninois de faire le bon choix au moment opportun.
Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN 12/06/09
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