Timothée Gbèdiga sur « Cartes sur tables » :« On a vraiment affaire à un gouvernement ventilateur »
Le député membre du Parti du renouveau démocratique(Prd) élu dans la 19ème circonscription électorale comprenant la Commune de Sèmè-Kpodji, Timothée Gbèdiga était ce dimanche 14 juin 2009 sur l’émission « Cartes sur table » de la Radio Océan Fm. Se prononçant sur le dernier remaniement technique, il a déclaré que c’est la preuve, comme le disait Adrien Houngbédji, qu’on a affaire à un gouvernement ventilateur.« Je n’ai jamais vu un gouvernement qui change 4 ministres des Finances en 24 heures ». C’est ce qu’a affirmé l’honorable Timothée Gbèdiga ce dimanche à propos du dernier remaniement technique opéré par le chef de l’Etat. Pour lui, cette instabilité est caractéristique du régime du Changement. D’ailleurs, « le président Adrien Houngbédji qui avait parlé de gouvernement ventilateur, avait raison. C’est bien la preuve », déclare t-il. Quant aux raisons du départ du ministre Lawani, il affirme que si le concerné a pris un décret de façon unilatérale, cela ne saurait être toléré. Interrogé sur la situation à Sèmè-kpodji, l’invité révèle que ce qui se passe dans cette commune est scandaleux. « Après l’installation du maire, on a d’abord mis beaucoup de temps pour programmer l’installation des conseils des villages et des quartiers de ville. Mais quand le camp Fcbe s’aperçoit que la majorité lui échappe, on s’arrange pour reporter. On kidnappe ensuite les conseillers pour leur arracher des procurations. Si on continue à entretenir autant de frustrations, on créera les conditions qui étaient celles qui ont prévalu au Rwanda en 1994 avant le génocide », a-t-il étayé. En s’exprimant dans des termes aussi forts hier, l’honorable Gbèdiga entendait sans doute traduire les sentiments de révolte qui couvent actuellement au sein d’une partie de la population de la Commune de Sèmè-kpodji face à l’installation à la carte des conseils des quartiers de ville et des villages dans la Commune de Sèmè-Kpodji. Pour le député élu dans la 19ème circonscription électorale, en installant seulement les conseils favorables au pouvoir contrairement aux dispositions légales ou en débauchant systématiquement des conseillers dans le camp de l’opposition, le pouvoir en place crée des frustrations qui risquent d’exploser un jour. Il prend d’ailleurs le cas du conseiller Prd, Roger Hounsou qui était introuvable lors de l’installation du conseil communal de Sèmè-kpodji. Pour le député, ce genre de manœuvre est caractéristique du mode de gestion du régime du Changement. Sur la question la dernière décision favorable au gouvernement rendue par la Cour d’appel de Cotonou dans l’affaire Padme, l’invité déclare que les magistrats n’ont pas dit le droit dans ce dossier qui a pris selon lui, des allures politico-judiciaires.
« L’intergroupe G et F sortira un candidat unique en 2011 »
2011 est la principale échéance qui polarise les actions de la plupart des formations politiques. Par rapport à cette perspective, Timothée Gbèdiga affirme que les nombreuses marches des mouvements affiliés au pouvoir n’inquiètent guère l’intergroupe. « Des divergences peuvent pour le moment laisser penser qu’il y aura trois candidatures mais au moment opportun, les membres de l’intergroupe décideront et sortiront un seul candidat. Ça peut être Adrien Houngbédji ou une autre personnalité politique », précise t-il. De toute façon, la gestion du régime du Changement, selon lui ne permettra pas au président Yayi Boni de rempiler en 2011. « Le pouvoir du président Yayi Boni fait preuve d’une gestion chaotique, clanique et opaque qui ne devrait pas plaider en sa faveur en 2011. Pour lui, les G et F garderont leur cohésion jusqu’à ces échéances en dépit des incompréhensions. Et pour ces échéances électorales, la Lépi ne pourra pas être prête car, pour l’invité « nous sommes en retard » sur le calendrier. En plus, les textes qui ont été votés pour la réalisation de cet important instrument comportent assez d’insuffisances. « On a proposé des amendements, mais on était minoritaires au vote », regrette t-il. Par ailleurs, l’honorable craint que le Comité technique de supervision de la Lépi ne voit ses activités bloquées. « Quand le régime en place se verra en minorité au sein de cet organe, il bloquera son fonctionnement en le privant de moyens comme ce fut déjà le cas pour la dernière Cena », prévient l’invité. En somme, Timothée Gbèdiga conclut que la démocratie est en danger et il appelle les citoyens à se mobiliser pour éviter le pire.
Calixte Adiyéton
Journal LE MATINAL 15/06/09
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