Boni Yayi ne contrôle plus la situation

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

L’improvisation et l’impréparation érigées en système de direction au sommet de l’Etat ont été une fois encore mises à nu avec ce qu’il convient d’appeler désormais le dossier Soulé Mana Lawani. En vérité, le chef de l’Etat semble ne plus maîtriser la situation. Et pour cause. En moins de 72 heures, le Bénin a connu trois ministres des Finances. Un record jamais atteint depuis l’accession du Bénin à la souveraineté nationale. D’abord Mme Adidjatou Mathys puis Pascal Irénée Koupaki et enfin Idriss Daouda sont les trois personnages qui ont été parachutés à la tête du ministère des Finances et de l’économie selon les sautes d’humeur du banquier président. Ce qui paraît paradoxal c’est que l’ancien directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) s’est vu confié la mission républicaine au moment où Soulé Mana Lawani et Pascal Irénée Koupaki respectivement ministre des Finances et de l’économie sortant et entrant se passaient service sur instruction du chef de l’Etat. Une situation qui dénote du malaise au sommet de l’Etat. Sinon comment analyser le fait qu’en moins de trois jours, la Haute Autorité fasse appel à trois cadres béninois pour diriger un ministère aussi sensible que celui des Finances. On est tenté de conclure que l’ex-argentier national a été limogé sur un simple coup de tête du Premier Magistrat du pays. De ce fait, les raisons du remerciement de Mana Lawani sont purement politiques. Il a été sacrifié par le président de la République pour soigner l’image du chef auprès des populations qui doutent de plus en plus de ses aptitudes à véritablement booster le développement du Bénin. Auquel cas Boni Yayi aurait mûri son choix avant de le rendre public au lieu de donner une fausse aperçue de la gestion du pouvoir d’Etat. Dans tous les cas, on a l’impression que la situation échappe bel au président Yayi. Depuis environ trois ans et demi de gestion du pouvoir d’Etat, c’est pour la première fois que la quiétude du peuple est troublée avec la nomination de trois ministres des Finances et de l’économie en moins de trois ans. C’est vrai qu’on savait l’impréparation, l’improvisation, les effets d’annonce, la politique de fuite en avant et la politique de spectacle érigés en système de direction au sommet de l’Etat, mais on était loin d’imaginer ce scénario avec une mise en scène de mauvais goût. La preuve que l’ex président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) a perdu la boussole. Pourvu que les médias n’annoncent pas la nomination d’un nouveau ministre des Finances demain.

Journal 24 HEURES AU BENIN  15/06/09
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Publié dans Politique nationale

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