DISCOURS DU MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES (MEF) SORTANT A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE PASSATION DE SERVICE

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

    Jeudi 11 juin 2009
    * Monsieur le Ministre d’Etat chargé de la Prospective, du Développement et de l’Evaluation de l’Action Publique ;
    * Madame la Directrice de Cabinet du Ministère de l’Economie et des Finances ;
    * Monsieur le Secrétaire Général du Ministère de l’Economie et des Finances ;
    * Madame et Messieurs les Conseillers Techniques ;
    * Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux et Techniques ;
    * Chers Invités ;

Je voudrais avant toute chose, rendre grâce à Allah et à son prophète Mohamed. Paix et salut sur lui.

C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que je m’adresse à vous ce jour jeudi 11 juin 2009 au moment de passer le témoin après environ deux (02) ans passés à la tête de ce département ministériel, pilier de l’économie nationale.

La vie est un long chemin mais c’est Dieu qui trace le chemin. Ce chemin qui m’a conduit dans ce Ministère le 17 juin 2007 connaît aujourd’hui un détour brutal vers un univers certes porteur d’espoir mais aussi de surprises.

En effet, le 17 juin 2007, le Chef de l’Etat, le Dr Boni YAYI m’a fait confiance en me nommant à la tête du Ministère de l’Economie et des Finances avec pour missions principales  de poursuivre l’assainissement des finances publiques amorcé depuis avril 2006 et d’assurer une mobilisation accrue des ressources pour le financement de la politique du Gouvernement. Au nombre des défis que nous avions à relever, on peut citer :

    * le renforcement des mesures de bonne gouvernance et d’assainissement des finances publiques ;
    * la poursuite du paiement des arriérés de paiement de l’Etat afin d’injecter davantage des ressources dans l’économie ;
    * l’amélioration des performances du système de passation des marchés par la réduction des délais ;
    * l’amélioration des performances des régies ;
    * l’accroissement du taux de consommation des crédits ;
    * la réduction des délais d’engagement et de décaissement des allocations budgétaires aux destinataires que sont les consommateurs ;
    * la poursuite de l’appui à la réforme budgétaire de la gestion axée sur les résultats ;
    * la poursuite de la modernisation et de l’informatisation des structures de mon département ministériel afin d’assurer la célérité, la sécurité et le confort dans la circulation de l’information.

Ensemble, nous avions travaillé d’arrache pied, pour relever ces défis majeurs.
Au titre de l’assainissement des finances publiques, les principales actions suivantes ont été menées :
    * la limitation des procédures exceptionnelles d’exécution des dépenses publiques notamment les ordres de paiement et la prise des mesures en vue de faire justifier la totalité des ordres de paiement émis ;
    * la poursuite de l’apurement des arriérés intérieurs de l’Etat notamment ceux salariaux par l’émission de Certificats Spéciaux de Créances sur l’Etat ;
    * la poursuite de l’amélioration de la gestion des dépenses publiques par l’élaboration de la nomenclature des pièces justificatives des dépenses publiques et la révision du répertoire des prix de référence ;
    * l’adoption d’un nouveau code des marchés publics par l’Assemblée Nationale dans le but d’une plus grande transparence dans la passation des marchés publics ;
    * l’élaboration du Plan d’actions pour l’amélioration du Système de Gestion des Finances Publiques (SGFP) validée, le 13 mars 2009 avec les Partenaires Techniques et Financiers ;
    * l’amélioration de la reddition des comptes annuels de l’Etat par l’organisation le vendredi 27 février 2009, d’une Journée de réflexion  sur la reddition à bonnes dates des comptes annuels de l’Etat.

Au titre de l’amélioration des recettes de l’Etat, les actions majeures menées sont :

    * le renforcement des capacités humaines et matérielles des régies financières ;
    * la création d’un cadre de concertation entre l’administration fiscale et le secteur privé ;
    * l’amélioration de la gouvernance interne des régies à travers la lutte contre la fraude et le renforcement des corps de contrôle.

Ainsi, malgré les effets des crises alimentaire et énergétique de l’année 2008 et ceux de la crise financière et économique mondiale actuelle, les recettes internes budgétaires ont connu une évolution remarquable passant de 547,9 milliards FCFA en 2007 à 581,2 milliards FCFA en  2008.
Si malgré ces différentes crises, l’économie béninoise s’en est sortie, c’est aussi grâce au soutien des Partenaires Techniques et Financiers à qui j’adresse ma profonde gratitude.

Mesdames et Messieurs,
En ce moment où le Bénin subit les effets de second tour de la crise financière et économique internationale, vous convenez avec moi que des sacrifices et des efforts restent à consentir et d’autres défis nous attendent.

A l’instant où je m’apprête à quitter mes fonctions de Ministre de l’Economie et des Finances et passer le témoin, il me plaît de rappeler à l’assistance les bons souvenirs de l’un des plus grands économistes de France Raymond Barre : "Être populaire quand on est Ministre des Finances, cela ne s’est jamais vu" (Extrait de son intervention à  Antenne 2 – juin 1988). Ce qui m’arrive n’arrive qu’aux vivants, pas aux morts. Je pars le cœur léger et paisible avec le sentiment d’avoir fait de mon mieux au niveau de cette Administration prestigieuse.

Chers collaborateurs du Ministère de l’Economie et des Finances ;

Je me félicite des nombreux défis que nous avons relevés ensemble. Je m’en voudrais de ne pas remercier toute l’équipe dynamique, disponible et dévouée qui m’a permis d’obtenir les résultats précités. Je voudrais espérer que cette équipe continuera de se mettre résolument à la tâche pour relever les nouveaux défis et édifier une économie moderne et forte.

Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis particulièrement de remettre encore le témoin au Ministre d’Etat Pascal Irénée Pascal, l’aîné à qui je voudrais dire toutes mes amitiés et ma considération pour sa sagesse et son dévouement pour la construction du Bénin Emergent. D’ailleurs, ce n’est qu’un retour à l’envoyeur.

Mesdames et Messieurs,
Il me plaît de vous dire combien j’ai toujours foi en mon pays, à ses valeurs et à la compétence de ses femmes et de ses hommes. Je suis persuadé que le soleil de l’émergence continuera de se lever sur notre nation pour lui garantir des lendemains meilleurs. Je voudrais réaffirmer ici mon attachement à mon pays et ma disponibilité à lui consacrer mon temps et mon expertise en vue de son développement harmonieux.

Je ne saurais terminer mes propos sans dire toutes mes reconnaissances à l’endroit du Chef de l’Etat, pour sa constante sollicitude à mon égard et l’opportunité qu’il m’a offerte de servir pendant deux ans dans ce secteur si sensible. Je lui renouvelle ma disponibilité à l’accompagner pour la mise en œuvre de sa vision de construction d’un Bénin Emergent.

Enfin, je voudrais saluer et remercier tous les participants à cette cérémonie.

N’en déplaise à Shakespeare, la séparation n’est pas un doux moment de chagrin, mais un moment de profonde tristesse.

Chers collaborateurs du Ministère de l’Economie et des Finances, je vous regrette déjà.

Que Dieu bénisse le Ministère de l’Economie et des Finances, ses travailleurs et le Bénin tout entier.

Je vous remercie.

Soulé Mana LAWANI
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Publié dans Politique nationale

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