Notre avion ? Notre avion ? Bravo ! Il vole ! Hola Hola !

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Vrai… ment ! Nous les professionnels des médias ! Sommes – nous devenus des hommes de Panurge ? C’est à propos de l’avion présidentiel. Il y a quelques années, quand un gouvernement parlait d’acheter un avion présidentiel toute la presse criait, hurlait que le Président veut gaspiller « notre argent », l’argent du contribuable. Dès que les syndicalistes mêlaient leurs voix à ces cris d’indignation le gouvernement paniquait d’autant que la classe politique louvoyait de ce côté – là. On a hésité, trainé les pas.
On a acquis même un machin devenu vite une épave qui est rangé dans un coin de l’aéroport de Cotonou. On a intérêt à la désarticuler et à  l’enlever de là car il ne nous fait pas honneur. On continuait de louer des avions au beau temps de M. Martin Rodriguez. Puis jalousie aidant il a été évincé. Avait-il commis des gaffes ? Je n’en sais rien ! Mais il a eu le tort de se mêler les pattes avec le coton, couvent où n’officient que les vodounsi, les initiés. Il s’est brûlé les ailes et a disparu de la circulation et vivrait sur les bords de la lagune Ebrie avec les yeux tournés vers son Bénin, de pays. Est-ce lui qui a servi d’intermédiaire pour le nouvel avion ?
Le nouvel appareil est un Boeing 727. C’est un avion fabriqué par une compagnie américaine. Il paraît que cet appareil court et moyen courrier peut faire Cotonou – Paris, Cotonou – Johannesbourg sans escale, qu’il a été visité par le Chef de l’Etat et qu’il en a été satisfait, et qu’il a effectué sa première sortie vers le Guide Libyen à bord de son appareil béninois ! Hou ! Hou ! Bravo ! Le pigeon voyageur. Il faut lui attacher un fil à la pâte pour qu’il nous revienne, comme on le fait pour les pigeons qui voyageaient pour distribuer en Europe le courrier. Notre Président  va nous chercher, dit-on, l’argent accompagné du message biblique ! Non – il le faut ; car ses évangélistes ne seront pas contents, car ils ont tellement peur qu’ils leur reviennent en devenant « Taofic ». Donc mes confrères à l’unanimité ont approuvé l’achat d’un avion présidentiel. Leur fibre patriotique prend un coup chaque fois que leur Thomas Boni de Président fait un signe à un avion zémidjan de l’amener dans un pays comme Tchaourou. Mais maintenant que nous avons notre aéronef ce ne sera pas une raison pour que notre Président nous échappe à tout moment, n’est-ce pas ? Nous ne souhaitons pas qu’il soit tout le temps dehors !
J’oubliais ! Il manque une formalité pour que l’avion soit vraiment notre propriété. Cette formalité est essentielle, plus importante même que l’argent qu’on a mis pour l’acheter… Vous ne devriez pas, amis lecteurs ? C’est dommage. Encore un peu ! Crevez-vous les méninges ! La formalité est toute simple… encore un peu ! Ce n’est pas une devinette… Toujours pas. Eh Ben. Il faut le baptiser ; il faut tuer un cochon et un cabri et répandre leur sang sur l’avion. Un cochon : Adjara aura ainsi sa part ; un cabri : les autres auront leur part, car Thomas et Boni constituent notre Yayi de Président. Il a les deux dimensions. L’avion se nommera : Bravo les Vodoun !!!
Amen – Alléluia !
Bon vol, Mon Cher Président
Et que
Le Seigneur nous garde
Qu’Allah le Tout Puissant assure tout risque vos vols.

Urbain Thognon, Analyste  
Journal NOUVELLE EXPRESSION 16/06/09
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Publié dans Politique nationale

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