Au sujet des propos régionalistes de Nicaise Fagnon à Dassa: Le faux procès de Jean Gounongbé
Le chargé de mission du chef de l’Etat Jean Gounongbé, au lieu de reconnaître le caractère régionaliste des propos tenus par le ministre Nicaise Fagnon lors de sa marche controversée il y a quelques semaines, a plutôt accusé la presse béninoise de n’avoir pas bien fait son travail. Il s’agit-là d’une méconnaissance totale des règles régissant la presse au Bénin par cet homme qui cherche un bouc émissaire pour les dérives de son ami le ministre Fagnon.La presse béninoise a donc manqué de professionnalisme en publiant les déclarations régionalistes et antidémocratiques tenues par le ministre Nicaise Fagnon au cours de la marche qu’il a organisé il y a quelques semaines à Dassa, si l’on devrait croire le conseiller du chef de l’Etat Jean Gounongbé. Elle n’aurait pas due dire que M. Fagnon a interdit toute marche dans les Collines sous prétexte que ce département « appartient au chef de l’Etat Boni Yayi ». La presse devrait s’autocensurer et éviter de dire que M. Fagnon a déclaré « plus jamais ça », dans les Collines en se référant à une conférence de presse des jeunes de Dassa qui sollicitaient la candidature du président de la Boad Abdoulaye Bio Tchané pour l’élection présidentielle de 2011. M. Gounongbè tenait ces élucubrations le week-end dernier au cours de la sortie médiatique qu’il organisée à Dassa afin d’affirmer son soutien au ministre Fagnon. Ce faisant, M. Gounongbé vient confirmer tout le mal que ses détracteurs pensent de lui. En effet, dire que la presse est responsable des réactions suscitées par les déclarations du ministre Nicaise Fagnon, est une vue d’esprit, une méconnaissance grave des règles régissant le métier de la presse et grave entorse à la démocratie qui n’honorent pas un intellectuel qui est par surcroît est chargé de mission du chef d’Etat. En effet, selon la déontologie de la presse : « les faits sont sacrés et le commentaire est libre ». Tout journaliste a le devoir de relater les évènements tels qu’ils se déroulent avec objectivité sans les déformer et en toute impartialité. C’est ce qu’ont toujours essayé de faire de nombreux journalistes béninois non sans quelques problèmes. Et c’est ce qu’ils ont fait dans le traitement des déclarations du ministre Fagnon. Pourquoi alors, M. Gounongbé veut-il leur faire porter le chapeau des dérives d’un ministre qui, pour garder les avantages dus à son rang, est prêt à embraser le pays ? On se rend aisément compte que le chargé de mission Gounongbé cherche tout simplement des échappatoires, un bouc émissaire pour sauver le ministre Fagnon. Malheureusement, il s’y prend mal au point où l’on se demande s’il est vraiment digne d’être aux côtés du chef de l’Etat. De toutes les façons, la messe est déjà dite. Le peuple est déjà au courant des propos régionalistes de M. Fagnon et au moment opportun, il sera à quoi s’en tenir. L’Assemblée nationale s’est également saisie de ce dossier en interpellant le chef de l’Etat même si jusqu’à ce jour celui-ci n’a pas daigné leur répondre. Donc, les gesticulations de M. Gounongbé ne peuvent plus rien changer. Il devrait chercher ailleurs un autre adversaire pour un autre combat.
Juliette B. CHECONY
Journal 24 HEURES AU BENIN 17/06/09
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