Moukaram Océni sur « Cartes sur table » :« Les Porto-Noviens se demandent s’ils sont des Béninois »

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le maire de la municipalité de Porto-Novo, Moukaram Océni était l’invité ce dimanche 21 juin 2009 sur la Radio Océan Fm dans l’émission « Cartes sur table » animée par Abdel Majid Adélakoun pour se prononcer sur son bilan à la tête de cette entité décentralisée. Il s’est dit engagé à affronter tous les blocages, fussent-ils de nature politique pour permettre à la capitale d’occuper la place qui est la sienne dans le concert des communes béninoises.
« Le budget national réserve chaque année plus de 4 milliards de Fcfa à la municipalité de Porto-Novo. Mais à la fin de chaque exercice, on ne constate aucune action concrète et aucune amélioration sur le terrain. Cela accumule des frustrations dans le cœur des populations de la municipalité-capitale qui se demandent de plus en plus, ce qu’ils ont fait pour mériter un tel sort et s’ils sont des Béninois à part entière ». Ces déclarations du maire de la municipalité de Porto-Novo, Moukaram Océni traduisent assez bien l’état d’âme actuel des populations de la capitale béninoise. Elu à la tête de cette collectivité décentralisée il y a à peine un an, Moukaram Océni a au cours de ces échanges, réaffirmé la volonté des habitants et des autorités de sortir Porto-Novo de son état de délabrement permanent. Mais regrette-t-il, cette détermination semble se heurter aux manœuvres du pouvoir qui, soupçonne t-il, ferait payer à la capitale sa couleur politique. Le bilan de Moukaram Océni a été analysé au cours des échanges, à travers les offensives entreprises par l’autorité communale pour le financement des projets de développement. Car le diagnostic est posé depuis plusieurs années et fait état d’un manque cruel d’infrastructures sociocommunautaires dans cette capitale du Bénin. Selon Moukaram Océni, le pouvoir central ne fait pas grand chose pour le rayonnement de la municipalité et les investissements de l’Etat dans le domaine des infrastructures routières, hôtelières, et sanitaires sont insuffisants. Le seul hôpital de la ville, le Centre hospitalier et départemental de l’Ouémé(Chdo) est tout simplement un mouroir pour ses usagers, déplore t-il. Plus révoltant encore selon le maire, le centre de santé de référence dont Porto-Novo aurait pu se doter a malheureusement été détourné à Parakou, révèle t-il. Interrogé sur les déclarations de son prédécesseur qui l’accuse de n’avoir rien fait pour faire aboutir le projet de construction d’un Hôpital de la mère et de l’enfant à Porto-Novo, Moukaram Océni met cela sur le compte d’un pur montage et conclut : « Ce projet n’a existé que dans sa tête ». Le maire de Porto-Novo a également balayé d’un revers de main les accusations de gestion solitaire dont il est l’objet. « Aucune décision n’est prise sans l’avis du conseil communal », souligne t-il.

L’offensive en direction des institutions financières
Au nombre des actions de mobilisation de financement effectuées par le maire de Porto-Novo, figure la mission à la Banque ouest africaine de développement(Boad). Au cours de cette mission, Moukaram Océni affirme que la demande de financement du prolongement du Collecteur G de la fin pavée Davié jusqu’à Djègan Daho a été soumis à la banque ainsi que le pavage de la Rocade qui quitte le Pont de Porto-Novo et passe par Hounsa, Agatha, Agbokou pour revenir au Pont. Les projets de pavage du Carrefour Y-Djègan-Kpèvi et de la Pénétrante de Dowa ont également été soumis aux autorités de la banque. A la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao(Bidc), le maire de Porto-Novo révèle que les projets ci-après ont été présentés pour recevoir financement : la continuation du Collecteur G jusqu’à Zounkpa, l’assainissement de Gbèkon qui abrite le Palais d’été du roi Toffa et la construction d’un port fluvial. Concernant sa tournée en France, l’autorité communale déclare qu’elle a permis de nouer des partenariats bénéfiques pour la ville. A Cergy-Pontoise, Moukaram Océni révèle que deux conventions ont été signées dans le cadre de la création d’une agriculture urbaine et de l’assainissement de la ville. A Grand-Lyon, des accords ont été noués pour la formation des cadres de la mairie de Porto-Novo dans le domaine du tourisme et de la conservation du patrimoine culturel de la ville. Aussi, une équipe de gestion des déchets sera-t-elle bientôt mise en place entre les deux partenaires et permettra à la municipalité de Porto-Novo, grâce au don de matériels roulants par la partie française, de mieux gérer leurs déchets. En somme, des efforts sont faits, selon le maire qui dit toutefois espérer que le ministère des Finances donnera sa garantie afin que les projets soient réalisés.

Calixte Adiyéton
Journal LE MATINAL  22/06/09
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Publié dans Politique nationale

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