Economie nationale: Des banques menacées de fermeture (Eviter surtout le cas Bcb et Bbd de 1989)

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Deux institutions financières agrées en République du Bénin sont dans le collimateur de la commission bancaire de l’Uemoa. Si rien n’est fait par l’Etat béninois, ces établissements vont fermer leurs portes dans les jours à venir. Une situation qui risque de plonger les opérateurs économiques dans la psychose de l’année 1989 avec comme effet immédiat la fuite des capitaux et le ralentissement de l’activité économique.
La Banque internationale du Bénin (Bibe) et l’African Investment Bank (Aib) sont actuellement menacées de disparition. Cependant, il faut reconnaître que ces deux institutions n’ont pas les mêmes problèmes. La Bibe qui fait partie des premières institutions à être agréées au Bénin après la crise économique de 1989 est au bord du dépôt de bilan. Les nombreux administrateurs provisoires dépêchés à la tête de cette banque depuis plus de cinq ans, n’ont pu la sortir de son état chaotique. Au contraire, la situation s’est empirée à tel point qu’à partir de ce jour mardi 23 juin 2003, cette institution devrait fermer ses portes si on s’en tient aux décisions de la dernière cession de la commission bancaire de l’Uemoa. En ce qui concerne l’Aib, l’origine de la crise se justifie par les manœuvres de certaines personnes proches du pouvoir qui manifestent leur volonté de s’accaparer de cette institution à des fins inavouées. Ainsi, ont-elles réussi à créer un différend entre les promoteurs de cette institution. L’objectif visé à travers cette manœuvre était d’utiliser leur positionnement dans les institutions monétaires de la sous région (Bceao, Commission de l’Uemoa), pour obtenir dans un premier temps un administrateur provisoire dont le rôle sera de mettre la Banque dans une situation difficile. Ensuite, il s’agira pour ce dernier de changer l’actionnariat puis enfin procéder à une recapitalisation de la Banque à partir des sous engrangés sous l’ère du Changement. Contre toute attente, leur plan a été déjoué par la commission bancaire au cours de sa dernière session tenue à Niamey. Les commissaires sont allés à la sanction suprême en brandissant la menace de retrait d’agrément si certains ratios dans les livres ne sont pas atteints. Pris de court par la tournure des évènements, l’ex ministre des Finances Soulé Mana Lawani a été obligé d’instruire son collègue de l’économie maritime afin que les sociétés sous sa tutelle comme la Sobemap, le port autonome de Cotonou, le Cncb puissent y domicilier leur compte. Une faveur que les promoteurs nationaux avaient demandée à l’Etat béninois dirigé par des banquiers émérites en septembre 2006.

L’Etat doit jouer son rôle
La fermeture de l’une ou l’autre de ces institutions financières aura des conséquences fâcheuses sur notre économie. Baisse du taux d’épargne avec pour corollaire le non financement des activités économiques. Ce qui va aggraver la crise économique que traverse le pays et par conséquent, déboucher sur une crise sociale identique à celle de 1989. C’est pourquoi le Bénin a l’obligation de tout mettre en œuvre pour parer au plus pressant car, l’activité bancaire est avant tout une activité de souveraineté nationale. Dans toutes les économies libérales, on a vu au cours de la crise financière mondiale, plusieurs Etats occidentaux secourir les entreprises nationales. Le cas le plus connu a été les Etats-Unis où les présidents Bush et Obama ont été obligés de renflouer les caisses de plusieurs banques et firmes menacées de faillite. La France aussi l’a fait. Mais le Bénin du Changement préfère ne rien entreprendre.

L’intérêt national d’abord
Sur les onze institutions bancaires agrées au Bénin, seule l’African Investment Bank, demeure encore un établissement purement béninois. Les autres étant détenus en majorité par les Ivoiriens (Banque Atlantique), les Nigérians (Diamond Bank, Eco Bank, Bibe, Continental Bank), les Marocains (Boa) les Libyens (Bsic) et les Français (Sgbbe). Ainsi, il est aisé de conclure que les opérateurs économiques nationaux ne sont plus libres dans leur pays. De ce fait, pour des raisons politiques, certains Etats peuvent asphyxier l’économie béninoise par le canal de ces banques à travers le refus de crédit aux opérateurs économiques nationaux. C’est pourquoi le gouvernement béninois se doit de tout mettre en œuvre afin d’éviter au Bénin une situation analogue à celle des ex Banque commerciale du Bénin (Bcb) et Banque béninoise pour le développement (Bbd).

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN  23/06/09
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Publié dans Politique nationale

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