Pression sur les opérateurs économiques pour renflouer les caisses de l’Etat : Le gouvernement a le dos au mur
Après près de trois ans passés à dépenser sans compter, le gouvernement du Dr Boni Yayi est aujourd’hui essoufflé financièrement. Les indicateurs sont au rouge. Aujourd’hui et selon les informations révélées par la Bceao, le Bénin est très dépendant de l’extérieur, ce qui rend naturellement son économie vulnérable. Cette situation apparemment catastrophique n’est que la conséquence de la manière dont les finances publiques ont été gérées depuis l’arrivée au pouvoir du Dr Boni Yayi. La pression qui s’exerce maintenant sur les opérateurs économiques justifie l’essouflement.Les dépenses engagées dans le cadre du 10è sommet de la Cen-Sad, la surévaluation de certains marchés publics, l’usage à la limite abusive des ordres de paiement, l’augmentation de façon fantaisiste de fonds alloués à certains projets propagandistes comme le programme de microcrédits aux plus pauvres ont malheureusement contribué à assécher les caisses de l’Etat. Résultat, le gouvernement du Dr Boni Yayi qui doit faire face aux nombreux engagements pris a désormais le dos au mur. Les différentes régies financières, dont la douane, ayant atteint leur limite d’élasticité, le Chef de l’Etat a alors choisi de faire pression sur les opérateurs économiques à qui des conditions favorables n’avaient pourtant pas été accordées pour la prospérité de leurs affaires. Aujourd’hui, c’est un grand débat qui se mène autour du dernier rapport de l’Ige qui a épinglé certains opérateurs économiques qui auraient grugé l’Etat pour un montant évalué à plus de 12 milliards de F Cfa. La célérité avec laquelle ce rapport est passé en conseil des ministres a d’ailleurs surpris plus d’un. Et pour le commun des Béninois, il n’y a pas matière à réfléchir. L’Etat a agi parce qu’il a besoin coûte que coûte d’argent pour faire face à ses engagements urgents. Mais la démarche manque d’élégance dans la mesure où certaines sociétés épinglées ont déjà commencé par verser de l’argent à l’Etat depuis 2006. Qu’est-ce que l’Etat a pu faire de ces sous encaissés ? C’est la question qu’il convient de se poser. Déjà, des voix s’élèvent et montrent que derrière ce complot de l’Ige et du gouvernement contre les opérateurs économiques épinglées se trouvent deux collaborateurs du Dr Boni Yayi : Marcel de Souza et James Sagbo (Encore lui). Au moins le dernier devrait savoir que depuis 206, les sociétés en question n’ont pas manqué de respecter leur engagement. Pourquoi alors cette décision du 16 juin dernier ? La réponse s’impose d’elle-même. L’Etat veut à tout prix avoir de l’argent pour sauver la face. Une mauvaise période pour le gouvernement obligé de résoudre à la fois beaucoup de problème.
Inspection générale de l’Etat : un instrument de chantage au service de Boni Yayi ?
L’Inspection générale de l’Etat que dirige depuis bientôt trois ans M. Jaques Alidou Koussé est depuis quelques jours sous les feux de la rampe. Les critiques les plus acerbes sont formulées contre cette institution curieusement rattachée à la Présidence de la République et dont l’une des missions cardinales est de faire la lumière autour des dossiers de corruption et de mauvaise gestion des fonds publics. Depuis bientôt trois ans qu’elle a été créée en remplacement de la toute puissante Cellule de moralisation de la vie publique dont Mme Anne Adjaï Cica fut la présidente sous le régime Kérékou, l’Inspection générale de l’Etat que dirige l’éminent expert comptable Jacques Alidou Koussé est loin de donner satisfaction aux contribuables béninois dont elle tire pourtant la quasi-totalité de ses ressources. Aujourd’hui, l’Ige est perçue comme un véritable instrument de chantage. Ses rapports sont contestés par ceux qu’elle épingle. Certains estiment que cette institution fait du deux poids deux mesures surtout avec certains rapports sur le Cncb, la Loterie Nationale, les audits dans les ministères qui ne sont pas rendus publics jusqu’à présent. Depuis qu’un puissant homme bien connu des Béninois et qui a même été épinglé par l’Ige il n’y a pas longtemps a commencé par organiser des séances de prière à l’intention du Chef de l’Etat, on n’a plus vu l’Ige le poursuivre. Aussi curieux que cela puisse paraître, tous les projecteurs braqués sur lui se sont éteints. Certainement qu’il en sera ainsi pour les opérateurs économiques épinglés il y a quelques jours par le conseil des ministres après l’examen d’un rapport de l’Ige. Mais à l’analyse, il ne pouvait en être autrement. Alidou Koussé et tous ceux qui travaillent à l’Ige sont nommés par le Chef de l’Etat à qui ils rendent compte. La structure qui devrait normalement être indépendante n’agit malheureusement que sur instruction de la Haute autorité. La preuve est qu’elle est rare sur les nombreux dossiers qui noircissent le bilan à mi-parcours du gouvernement du changement. La fête du 1er août à Abomey a coûté plus d’un milliard de F Cfa. Mais aujourd’hui, cette ville historique végète toujours dans le délabrement. Cette situation devrait normalement préoccuper l’Ige. Mais hélas ! L’Ige a sa manière de fonctionner que les Béninois mettront du temps à comprendre.
Euloge Badou
Journal LA PRESSE DU JOUR 24/06/09
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