Contrôle de l’action gouvernementale dans le Mono : Les parlementaires cautionnent-ils le gâchis à Lokossa ?
Les membres du bureau de l’Assemblée Nationale étaient descendus la semaine dernière sur le terrain dans le Mono pour soi-disant un contrôle de l’action du gouvernement. Mais les éléments diffusés sur leur descente ont évité de critiquer le régime actuel par rapport au gâchis financier qui se déroule à Lokossa au sujet de la construction des logements du 1er août 2009.Le contrôle de l’action gouvernementale ne devrait pas être un jeu de copains ou conduit selon une démarche partisane. Sinon, l’objectif constitutionnel ne sera jamais atteint. Mieux, le mal persistera et les actuels membres du bureau du parlement seront comptables de la mauvaise gestion des biens publics. Le régime du Général Mathieu Kérékou n’est plus au pouvoir. Mieux, le régime actuel a commandité un audit et pratiquement tout a été dit comme critique. Après trois ans, ce sera prêcher dans le désert que de continuer à agiter des dossiers de ceux qui ne sont plus aux affaires pendant que les mêmes erreurs se commettent actuellement mais on n’en parle pas. Avec la descente des parlementaires, ils ont constaté des projets mal conduits depuis 1999. Par rapport à deux projets de construction d’infrastructures depuis cette année et aussi depuis 2005 ailleurs, la critique des députés étaient acerbe. Tour à tour, ils ont critiqué le régime remplacé en avril 2006. Ils ont trouvé scandaleux la mauvaise conduite et l’inachèvement des chantiers. Mais à Lokossa, la déception a été totale aussi. Les villas du 1er août sont en train d’être construites dans une zone marécageuse avec des malfaçons à nulle autre pareille. Curieusement c’est actuellement que cela se fait, mais ce scandale n’a plus été critiqué sur la même télévision par les parlementaires qui étaient pour la plupart de la mouvance présidentielle. Cela est inimaginable voir ahurissant. Alors que ce projet aussi montre l’image d’un mauvais choix d’entrepreneur, et une mauvaise action sur le terrain, le Président et sa délégation ont préféré se taire pour couvrir le pouvoir actuel qui est dans la droite ligne des erreurs qu’ils ont reproché plus tôt à des projets démarrés en 1999 et en 2005. Ce faisant, ils ne servent pas la République parce que le mal ne reculera pas. Et ceux qui viendront après eux, les critiqueront d’avoir cautionné la mauvaise gestion. Ce que Mme Affo Djobo a déclaré au sujet des cadres n’est donc pas imputable à l’ancien régime seul, mais à l’actuel aussi. Le mal est là et rien n’a changé. Le Président André Dassoundo qui sur un site a dit que les cadres qui ont travaillé depuis le démarrage du projet en 1999 doivent s’expliquer, doit dire la même chose de ceux qui travaillent actuellement à Lokossa. Et il ne revient pas au gouvernement de leur dire quoi faire pour avancer. Mais il revient au parlement de prendre ses responsabilités parce qu’il a la possibilité après interpellation de faire des recommandations au gouvernement.
Le silence sur ce qui se passe actuellement à Lokossa où des millions sont en train d’être investis dans le marécage doit interpeller les députés qui doivent à leur tour demander qui a choisi le site et qu’elle est le résultat du contrôle du site par le Ministère en charge de l’habitat avant que l’on ne démarre les travaux dans le marécage. Le mal qui ronge le Bénin est profond et chacun doit se départir des manœuvres de clans pour que le changement ait un sens. Le parlement ne doit donc pas être sélectif dans son contrôle de l’action du gouvernement, surtout que ce contrôle se fait au frais du contribuable. C’est une observation pour que l’on ne singe plus des contrôles mais que chacun joue sa partition sans parti pris. Le parlement actuel a plus à contrôler le pouvoir actuel que le pouvoir qui n’est plus aux affaires.
Guy Constant Ehoumi
Journal LA PRESSE DU JOUR 24/06/09
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