Ouverture du 5ème congrès de l’Accpuf à Cotonou : Un rendez-vous mondial sur les crises politiques
Le 5ème Congrès de l’Association des Cours et conseils constitutionnels ayant en partage l’usage du Français (Accpuf) s’est ouvert hier au Palais des congrès de Cotonou. Pendant 72 heures, les Présidents des juridictions constitutionnelles de 47 Etats du monde entier échangeront leurs expériences sur la gestion des crises.« Dans une conjoncture de crise économique mondiale doublée dans certains pays de crises politiques, il ressort que la plupart des conflits en Afrique, ces dernières années, trouvent leur origine, non seulement, dans les contestations électorales ou postélectorales, mais également, dans les révisions constitutionnelles visant à pérenniser les pouvoirs en place ou dans la prise du pouvoir d’Etat par les armes », a déclaré hier le Président en exercice de l’Accpuf, M. Dé Albert Millogo. Et pour trouver des solutions, les gouvernants et les gouvernés ont souvent recours au juge constitutionnel aux fins de pacification de la vie politique. A ce titre, a poursuivi M. Millogo, les crises interpellent les juridictions constitutionnelles. Et la rencontre de Cotonou, permettra aux participants, selon lui, d’avoir des regards croisés et pluriels sur la complexité de la situation des juridictions constitutionnelles en périodes de crise. Pour le Secrétaire général de la Francophonie M. Abdou Diouf, dans le contexte actuel de la grave crise internationale, d’ordre tant économique que financier, mais aussi politique, social et éthique, qui secoue les fondements d’un ordre mondial à l’évidence désuet, l’ambition des assises de Cotonou qui apparait comme une obligation est de poser les termes de nouvelles régulations et de nouvelles solidarités. La Francophonie voudrait donc s’impliquer largement dans l’émergence de concepts protecteurs, comme ceux de la justice pénale internationale et de la lutte contre l’impunité, ou celui de la « responsabilité de protéger » décliné dans la déclaration de Saint-Boniface au Canada. Il s’agira donc pour lui d’être plus audacieux et rechercher des mécanismes plus performants pour le règlement des crises , mais surtout pour rendre véritablement opérationnelle la démarche préventive que les instances privilégient, qu’elle soit d’ordre structurel ou conjoncturel, par la médiation, la facilitation ou par l’alerte précoce. Pour répondre aux différentes préoccupations dans ce sens , M. Abdou Diouf invite à faire fructifier et évoluer le patrimoine commun fait de règles et d’usages, de pratiques utiles et de convictions partagées , autour des concepts fédérateurs de l’Etat de droit et de la démocratie. L’existence et les actions de l’Accpuf paraissent ainsi capitales pour tous les pays. Et si l’association se maintient et exerce même dans le milieu de la justice constitutionnelle une certaine attractivité, cela est dû à trois raisons selon le Président de la Cour Constitutionnelle béninoise qui les a citées dans son discours.La première raison est que l’Accpuf est fermement adossée à la Francophonie qui l’a générée , qui la porte et la soutient de l’intérieur du réseau francophone des organisations . La deuxième raison est que partout dans les nouvelles démocraties d’une part , le contrôle de constitutionnalité émerge et s’affirme et, d’autre part, l’Accpuf rencontre le soutien des Chefs d’Etat des gouvernements et autorités des différents pays. Enfin, c’est que grâce à la Francophonie, s’est créée une symbiose assez forte entre les juridictions constitutionnelles des vieilles démocraties et juridictions constitutionnelles de démocraties nouvelles ou rétablies.
Pour le Président de la République M. Boni Yayi qui a ouvert le congrès, le Bénin se réjouit d’accueillir le cinquième Congrès de l’Association des Cours et Conseils Constitutionnels ayant en partage l’usage du Français (Accpuf). « Les juridictions constitutionnelles et les crises » choisi comme thème pour le congrès paraît judicieux et contextuel tout en étant d’un intérêt crucial pour la consolidation de la Démocratie. La Démocratie qui est, selon lui, le système politique de gestion pacifique des contradictions et donc des crises d’une part, dans le respect des droits de l’homme et, d’autre part, dans l’exclusion de toute forme de dictature. Face à l’immensité de la tâche et la responsabilité qui incombe aux membres des juridictions constitutionnelles, le Chef de l’Etat les a exhortés à toujours garder présent en esprit le rôle important qui leur est dévolu dans la construction d’une Afrique où la paix sociale et le progrès économique sont garantis pour les générations actuelles et futures, pour permettre à l’Afrique de maintenir sa place de choix dans le concert des Nations.
Quant au poète Erick Hector Hounkpè qui a agrémenté la cérémonie par une déclamation, il a demandé aux hommes politiques et responsables des juridictions pour désintoxiquer les élections, mieux démocratiser les nations et tuer à jamais les canons, d’éviter de mettre en place des instances de copains.
Guy Constant Ehoumi
Journal LA PRESSE DU JOUR 24/06/09
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