Politique de logements sociaux au Bénin : L’apocalypse pour les petites entreprises
L’approche du gouvernement actuel pour les logements sociaux présente des trous d’air apocalyptique. Pour certains observateurs d’ailleurs, l’ère Boni Yayi et les logements sociaux sont une catastrophe sociale. Le gouvernement, totalement grisé par une politique de microcrédits aux plus pauvres n’est malheureusement plus porté à envisager d’autres formules de redistribution des richesses. Du coup, ce gouvernement abandonne un filon de création d’emploi et de dynamisation de l’économie nationale. Il est quand même inconvenant et inimaginable qu’un gouvernement mette l’argent des contribuables pour appuyer des opérateurs économiques à la limite voraces sans s’assurer du retour sur investissement que constituerait la mise au travail dans des conditions humaines de son peuple. Comment comprendre en effet que des promoteurs de logements sociaux répugnent le service de la sous-traitance allant jusqu’à articuler ouvertement qu’ils n’ont guère besoin de sous-traitants sur leur site ? En observant ce qui se passe derrière cette attitude rendue possible par le laxisme gouvernemental, on retient un mercantilisme doublé d’une exploitation de la main d’œuvre qui tue la main d’œuvre. En redoutant la sous-traitance, les promoteurs privés déclarent avoir affaire à des maçons qu’ils engagent dans des contrats absolument dolosifs. En effet, pour des ouvriers tels que ces promoteurs veulent bien les utiliser, ils sont totalement ignorants pour lire conséquemment un plan de bâtiment donc incapables de fixer les prix de la main d’œuvre de manière conséquente. Afin de maintenir les ouvriers dans les liens de cette ignorance jusqu’à la conclusion des contrats, ces promoteurs immobiliers s’abstiennent d’ériger à l’avance les types de bâtiments dits témoins. Ce qui pourrait donner des idées à des maçons qu’on voudrait prendre coûte que coûte au piège. Une fois le contrat signé, les chantages commencent sous des aspects du genre « vous avez signé un contrat et vous devez aller jusqu’au bout ». De Sèmè à Calavi et bientôt au niveau d’autres sites à ouvrir, les prix de la main d’œuvre pratiqués par les promoteurs sont l’expression d’un retour à l’esclavagisme. Comment peut-il en être ainsi au nez et à la barbe d’un président de la République qui se dit près de son peuple, soucieux de la misère de ce peuple et qui implore Dieu à temps et à contre temps pour conjurer cette misère ? Comment peut-il être humainement possible de réaliser un bâtiment de 60 m2 d’emprise au sol avec finition plus fosse septique et puisard et des murs de clôture à 230.000 F Cfa ? Dans les mêmes conditions, un bâtiment de 80 m 2 d’emprise au sol coûte 290.000 F Cfa et un autre de 90 m2 à 350.000 F Cfa. La main d’œuvre dans les Btp au Bénin devrait-elle singulièrement échapper à un ajustement suivant le coût de vie connu et l’amenuisement drastique du pouvoir d’achat ? Sommes-nous en face d’une coalition gouvernement et promoteurs de logements sociaux pour enterrer les petites entreprises en vue de creuser un peu plus la misère du peuple et le rendre plus vulnérable à la corruption électorale lors des prochaines consultations électorales ? C’est le drame qui se prépare malheureusement.Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR 24/06/09
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