A propos de la défaite des Ecureuils: Le faux procès du ministre Kossi à la Fbf
Après la cinglante défaite infligée à la sélection béninoise de football (3-1), le ministre des sports Etienne Kossi n’a pas été tendre envers la Fédération béninoise de football, à qui il attribue l’entière responsabilité de la défaite des Ecureuils. Mais, il oublie que le ministère des sports a aussi sa part de responsabilité dans cette défaite.« Le football béninois est malade de sa Fédération. Comment comprendre qu’au sein de cette même fédération il y a des gens qui veulent la défaite de l’équipe nationale parce qu’il ne s’entendent pas. Il faut que cette Fédération parte si le football béninois veut vraiment respirer. On attend d’ailleurs les prochaines élections. Dieu merci ce ne sera pas avec cette fédération qu’on jouera les prochains matches… » Voila en substance ce qu’on peut retenir de la déclaration du ministre des sports devant les joueurs et les membres de la Fédération béninoise de football. Le patron des sports n’a pas non plus apprécié le comportement de certains dirigeants (la gifle administrée à son assistant Imorou Bouraïma par le trésorier général de la Fbf, Augustin Ahouanvoèbla après une vive altercation). Selon le ministre, la défaite des Ecureuils 3-1 devant les Aigles du Mali n’est que le reflet de la division qu’entretiennent les membres du bureau exécutif de la Fédération béninoise de football. Mais, le ministre a oublié qu’en réalité la gestion de l’équipe nationale de football ne relève pas en réalité des prérogatives de la fédération béninoise de football. La première instance à qui revient la gestion des équipes nationales reste et demeure le ministère des sports. S’il n’a pas su prendre ses responsabilités ce n’est pas le moment de chercher des boucs émissaires. Encore que la crise que traverse la fédération ne date pas d’hier. Ce que Etienne Kossi n’ignore point. Mieux, c’est avec ce même comité exécutif de la Fédération de béninoise football, toujours dans sa division, que les Ecureuils ont franchit les étapes précédentes de ces éliminatoires couplées Can/Mondial 2010. Le ministre des sports n’est – il pas en train de fuir ses responsabilités ? La défaite des Ecureuils ne peut être attribuée entièrement à la Fédération béninoise de football. Le ministère des sports doit reconnaître sa part de responsabilité dans cet échec de la sélection nationale en terre malienne. Quand on sait que le mercredi d’avant le match, le groupe ne s’est pas entraîné en soirée parce que l’office de gestion du stade n’a pas été averti à temps à cause d’un problème d’administration et de communication entre l’encadrement, la fédération, le ministère et les gestionnaires du stade de l’Amitié. Le jeudi, autre scène impensable : les portes des chambres des joueurs au Marina Hôtel ont été bloquées après le déjeuner. Ceux qui sont à l’intérieur des chambres peuvent sortir, mais seraient bloqués dehors comme leurs coéquipiers piégés par le système électronique. Pendant deux heures les ambassadeurs de toute la nation béninoise se sont retrouvés sans abri. Pour quelle raison ? D’après certaines indiscrétions les frais d’hébergement des joueurs n’ont pas été payés. A tout cela il faut ajouter l’éternel problème de prime des joueurs. La liste des primes à payer existe bel et bien mais, il n’y a personne pour faire le point à chaque étape. Il faut toujours attendre les dernières minutes. C’est à croire que l’Etat béninois n’a plus les moyens. Alors qu’on sait que le football particulièrement a toujours reçu les ressources financières suffisantes. Autant de problèmes pour une seule équipe qui doit donner de bon résultat 48 heures après. Et face à tous ces problèmes, le ministre des sports ne trouve rien à se reprocher. Seule la fédération doit endosser l’entière responsabilité. A chacun de juger.
Marcel Houéto
Journal 24 HEURES AU BENIN 24/06/09
Publicité