Polémique autour de la désignation du représentant de la Société civile au Cps: La part de vérité des organisations communales de la Société civile

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Les organisations communales de la Société civile sont montées au créneau hier pour donner leur part de vérité part rapport à la polémique autour de la désignation du représentant de la Société civile au Comité politique de supervision mis sur pied dans le cadre de la mise en œuvre de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). A l’occasion d’une déclaration rendue publique hier à la salle de presse de l’hôtel de l’Amitié, Rigobert Chacha et Gaston Zannou Coovi respectivement président et rapporteur de l’assemblée générale de Dassa ont donné leur version des faits. Lire leur déclaration.
Mesdames et Messieurs, Chers Journalistes, Nous voudrions commencer cette conférence de presse en vous disant que nous sommes profondément peinés qu’une fois encore, la Société Civile étale des divergences devant l’opinion publique. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour éviter cela et chercher un compromis avec les amis de FORS-LEPI et consorts. Malheureusement, ils nous ont ignorés, minimisés et même ridiculisés, alors que ce que nous réclamions fondamentalement, c’était le jeu démocratique. Nous souhaitons seulement l’égalité des chances pour toutes les organisations de la Société civile de tous les horizons de notre pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Nous fustigeons le fait que la Société civile soit prise en otage par un groupuscule d’OSC qui durant des années ont parlé au nom de la Société civile et en ont fait leur propriété en excluant tous ceux qui ne font pas partie de leur cercle. Nous affirmons que la Société civile est une entité de sept (7) composantes à savoir : les Ong, les Associations, les Communautés religieuses, les Syndicats, les chefferies traditionnelles, les Organisations socio professionnelles et les Organisations de Média et aucune de ces organisations prises individuellement ne peut se prévaloir d’être la Société civile, encore moins de la représenter à bon droit. Ce qui est frustrant et nous oblige à sortir ce soir, c’est que les amis ne disent pas la vérité. Ils se sont lancés dans la manipulation de l’opinion publique, en déplaçant carrément la problématique. Dans leurs différentes déclarations, en bons stratèges, ils ont simplement évité de présenter au peuple béninois ce qui oppose, parce qu’ils savent que sur ce terrain, ils ont tort. Mais ce qu’ils ont oublié, c’est que le peuple béninois n’est pas dupe ; il sait juger et apprécier, et de toute façon, la vérité finit toujours par s’imposer. C’est pour cela que nous nous contentons de présenter la situation depuis le début, étape par étape afin de favoriser une meilleure compréhension de cette affaire. Nous leur laissons la charge des injures et des calomnies injurieuses et dégradantes. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? La loi n° 2009-10 portant organisation du Recensement Electoral National Approfondi et Etablissement de la Liste Electorale Permanente Informatisée dispose en ses articles 39 et 50 que la Société civile est représentée par un membre au sein de la commission politique de Supervision et dans les Commissions Communales de Supervision. C’est dans ce cadre que le rassemblement d’ONG appelé Fors-Lépi de Cotonou a pris l’initiative d’organiser une AG au Codiam, une AG au cours de laquelle ils ont défini des critères pour élire les représentants de la Société civile au sein de ces structures. Ainsi, à la base de leurs critères, ils ont rassemblé les OSC dans les chefs-lieux pour des élections. Là où le bas blesse à ce niveau, c’est que l’information au sujet de ces AG n’a pas vraiment circulé. Les amis comme d’habitude, se sont contentés d’informer leurs proches et amis, alors qu’une large médiatisation était indispensable. Conséquence : les communes étaient représentées pour la plupart par leurs proches et en nombre insuffisant. Des communes étaient représentées parfois par trois (3), quatre (4) ou cinq (5) personnes. Représentent-elles valablement la Société civile d’une commune de notre pays ? Ils ont en outre tenté d’imposer des critères qui ont été rejetés et malgré toutes leurs stratégies, finalement dans la plupart des communes, ce sont les organisations de la Société civile légitimes regroupées au sein des cadres de concertation communaux de la Société civile qui ont été désignées. Ceci n’a pas été du goût de nos camarades. Par ailleurs, dans l’Atlantique, aucun cadre de concertation n’a été associé pourtant ils reconnaissent dans leur procès-verbal la présence de ces structures qui incarnent toutes les composantes de la Société civile. Cette étape passée, nous, les élus au niveau des communes, nous attendions légitimement à ce que nous soyons convoqués pour constituer le collège électoral devant désigner le représentant au niveau national parce que nous sommes les mandataires des différentes communes. C’est encore sans compter le stratagème de nos experts qui avaient minutieusement préparé leur coup. Arguant de ce que l’AG de Codiam à Cotonou à laquelle nous n’avions pas pris part parce que n’étant pas associés, aurait décidé qu’une personne soit désignée par départements (ancien découpage territorial) pour représenter la Société civile et qu’Comité de Supervision de 17 membres composés pour la plupart des représentants des ONG de FORS-LEPI soit leur adjoint pour constituer le collège électoral, nous élus communaux se sont retrouvés à Cotonou pour désigner le représentant au niveau national. Il faut souligner que très tôt, après les AG départementales, des voix se sont élevées et des recours ont été déposés pour fustiger les manigances de FORS-LEPI et consorts. Cf. : Les recours en dates des 02 et 04 juin 2009, respectivement de la Fédération des Cadres de Concertation des Organisations de la Société Civile de l’Atlantique et de AGOSSEVI Pierre et Consorts des Cadres de Concertation de Dogbo, Toviklin, Comè, Bopa et consorts. Face à leur indifférence, sans y être invités, les élus communaux des OSC que nous sommes, se sont rendus à leur AG pirate de désignation du soi disant représentant national au CIC pour présenter nos exigences que les amis ont reconnu et promis de réparer. Mais à notre grand étonnement, pendant qu’on comptait sur leur bonne foi, ils ont plutôt publié leur liste pirate sans prendre en considération les erreurs qu’eux-mêmes ont publiquement reconnu et promis de réparer à savoir :
La reprise des AG dans les Communes de l’Atlantique et dans beaucoup d’autres communes où les représentants sont inconnus ou n’y sont pas résidents et là où il n’y a carrément pas eu d’AG ;
La reconstitution du collège électoral, qui ne reflète en rien la Société civile béninoise et qui à notre avis était une injure à la Société civile qui pourtant est censée donner l’exemple de démocratie et de bonne gouvernance à l’instar de ce qui s’est passé lors de la désignation au CES et dans plusieurs autres cas, assurant l’égalité des chances pour toutes les communes de notre pays ;
La désignation régulière de nos interlocuteurs dans leurs communes respectives ou à défaut par la Société civile de Cotonou pour les représenter au même titre que nous, les autres élus communaux. Mais connaissant déjà leur sort, si toute transparence est respectée, nos amis se sont entêtés dans leur stratégie habituelle d’exclusion et de rejet. Avons-nous tort d’être la Société civile des communes ? Tout le monde peut-il se faire une place à Cotonou ? Pour des ONG qui parlent de bonne gouvernance, c’est quand-même facile à comprendre, à moins qu’on soit animé de mauvaise foi où qu’on cache mal des engagements pris quelque part au nom de la Société civile béninoise. Nous sommes tous des structures de la Société civile régulièrement enregistrées et reconnues dans nos différentes communes. Nous disons simplement non au hold up et à la confiscation de la Société civile par une frange, quitte parfois à mal nous représenter et à nous ridiculiser aux yeux de la population. C’est fort de tout cela que frustrés, exclus et volontairement incompris et n’ayant plus d’autres recours face à la ruse de FORS-LEPI et consorts, nous nous sommes tournés vers la justice et avons par ailleurs organisé l’AG historique de Dassa. Dès que nos amis ont eu connaissance de certains de ces recours et deviné nos intentions, des tentatives d’intimidation ont commencé, des voyages nocturnes pour négocier le retrait des recours, des manipulations qui malheureusement pour eux n’ont pas abouti, tant la confiance était dégradée. Leurs intimidations et tentatives de division ont continué jusqu’à Dassa où ils se sont présentés dans de grosses cylindrées pour tenter de nous déstabiliser et empêcher l’expression de la démocratie. Chers Journalistes, Mesdames et Messieurs, l’AG de Dassa est la victoire de démocratie et de l’Etat de droit. L’AG de Dassa est le cri de détresse de la Société civile abusée, écartées et exclue des pôles de décision, elle est une adresse aux décideurs, aux partenaires afin qu’ils regardent de plus près là où ils investissent au nom du développement. La Société civile existe dans nos communes, dans nos localités. Elle a besoin de soutien, elle a besoin de s’exprimer aussi, d’être entretenue. L’AG de Dassa vient mettre fin à l’hégémonie d’un groupuscule d’OSC sur toute la Société civile béninoise. A Dassa, étaient regroupés tous les élus communaux qui ont décidé de porter leur choix à la majorité écrasante sur le personne de TCHIBENOU René, élu pour représenter la commune de Houéyogbé et qui n’est pas un inconnu de la Société civile béninoise.
Les vaines tentatives de FORS-LEPI et consorts pour empêcher la tenue de l’AG de Dassa où ils sont quand-même restés à négocier du matin au soir les ont amenés à quitter honteusement la salle avant le début des opérations électorales. Leurs acolytes sont restés et ont régulièrement participé aux opérations électorales. Nos amis devraient se taire pour l’image de leurs structures respectives, car ce sont eux qui enseignent la démocratie, à moins d’avoir tout le temps trompé le peuple. Pour finir, nous nous en voudrons de ne pas fustiger les déclarations mensongères des amis de FORS-LEPI quant à l’ingérence du gouvernement. A aucun moment du processus, nous n’avons été intimidés, ni influencés. Nous avons agi conformément aux circonstances et en toute conscience. Si c’est à 10.000 ou à 20.000 Francs que nos amis estiment que nous avons été achetés, nous laissons les Béninois en juger. Cependant, c’est dommage qu’à chaque fois, on déplace la problématique et qu’on tente de manipuler le peuple en évoquant le gouvernement. Quand on perd, on crie à la manipulation et à l’ingérence ; quand on gagne c’est de la collaboration. Aussi, faudrait-il qu’on s’entende définitivement sur ce que nos amis appellent immixtion ou ingérence. Si c’est ce que nous pensons, alors ils nous déçoivent de plus en plus.

Journal 24 HEURES AU BENIN  26/06/09
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Publié dans Politique nationale

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