Confiscation de la Lépi par le pouvoir: La preuve qu’un coup se prépare pour 2011

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Depuis l’atelier régional des experts organisé par la Société civile du 3 au 5 juin 2009, nombre de Béninois sont désormais éclairés sur le processus. Ils ont également compris les vraies intentions du gouvernement dans l’application de l’outil Lépi pour les élections de 2011. Il faut tout simplement comprendre que le pouvoir en place s’approprie la Liste électorale permanente informatisée pour en faire son affaire en 2011.
S’il y a un fait qui retient l’attention des Béninois aujourd’hui, c’est bien sûr le hold-up opéré par le pouvoir en place en ce qui concerne l’élection du représentant de la Société civile. Alors que les organisations de la Société civile ont régulièrement désigné leur représentant devant siéger à la commission politique de supervision de la Lepi le 1er juin dernier, le gouvernement qui ne se retrouverait pas à travers la personne élue de la Société civile a usé de stratagèmes pour brouiller les cartes. Ainsi, les directeurs départementaux chargés des relations avec les institutions en mission ont exercé des pressions sur les responsables des organisations de la Société civile membres du CPS. Une première tentative de putsch a été empêchée le 11 juin. La récidive du pouvoir en place marquée par des menaces sur les membres de la Société civile a fait baisser l’échine à certains responsables d’Ong. C’est ainsi que le 18 juin dernier, cap a été mis sur Dassa-Zoumé où certaines organisations de la Société civile assistées par le gouvernement ont procédé injustement au remplacement de Orden Alladatin par René Tchibénou. Un acte condamné par les démocrates béninois. Pour en arriver à ce forfait, le pouvoir en place s’est impliqué dans le processus de désignation des membres de la Société civile afin de renverser la tendance pour que cela soit à son profit. Les Béninois, de plus en plus, sont inquiets quant au devenir de l’applicabilité de la Lépi en l’état et par ricochet, de la démocratie béninoise. Le gouvernement actuel a tendance à s’approprier tous les organes de gestion de la Lépi afin de les téléguider à son gré.

Zacharie Baba Body perd le nord
Alors que la Société civile dans son ensemble a condamné l’acte posé par le gouvernement en procédant dans les coulisses au remplacement de Orden Alladatin, le ministre des relations avec les institutions (Mcri) Zacharie Baba Body a réuni les journalistes le lundi 29 juin dernier pour essayer de justifier le forfait. Il s’en est pris aux organisations de la Société civile qu’il traite de moins démocrates et les renvoie à plus d’organisation en leur sein. Il s’en lave les mains quant aux accusations faisant état de l’implication de son département ministériel dans le processus de remplacement de Orden Alladatin. Cette réaction a étonné plus d’un car, tout le monde sait que les directions départementales chargées des relations avec les institutions (Ddcri) se sont sérieusement mises dans le jeu pour en arriver à ce résultat. Les moyens de l’Etat sont utilisés à cette fin et les perdiems payés aux membres des Osc qui se sont déplacés.

Des pistes de blocage
La loi sur la Lépi votée par les députés à l’Assemblée nationale comporte de sérieuses insuffisances qu’il faudra corriger par une loi rectificative. Et l’on constate que cela n’est pas la préoccupation du pouvoir. Il faut remarquer par exemple qu’à l’article 4 de la loi, la périodicité de l’apurement et de la mise à jour de la liste n’est pas définie. L’article 28 n’a pas clarifié les conditions d’inscription des votants. A l’article 30, il manque bien de précisions sur le délai de l’affichage des listes électorales. L’article 32 faits mention de la publication de la liste au journal officiel, ce qui n’est pas faisables à cause de la densité des fichiers. A propos de la commission politique de supervision, la loi a fait une erreur fondamentale en disposant que la commission comporte des membres du gouvernement, de l’Assemblée Nationale. Cela n’est pas possible et il faut plutôt parler des représentants du gouvernement, de l’Assemblée nationale, de l’ordre des avocats et de la Société civile. Mais, les Béninois constatent tout simplement que les politiciens en l’occurrence le pouvoir en place a usé de stratégies pour la constitution de la Cps. Beaucoup d’autres articles ont été incriminés à cause de la confusion qu’ils sèment dans les esprits. Alors que les experts avancent que le délai imparti pour la réalisation de la Lépi est dépassé et qu’il ne faudrait pas se précipiter pour la mise en œuvre de l’outil, le chef de l’Etat déclare que les élections de 2011 auront coûte que coûte lieu avec la Lépi. Une déclaration qui porte à confusion du moment où toutes les élections ont été organisées sans le fichier électoral informatisé. Mais, d’ores et déjà, les citoyens attendent de voir la commission politique de supervision à l’œuvre dans la phase applicative de la Lépi. En l’état, il ne reste que la mission de contrôle du Rena (Mirena) pour finir avec la mise en place des institutions devant conduire à la mise en œuvre du fichier électoral informatisé. Mais, des goulots d’étranglement se dressent sur le chemin et l’on attend de voir ce qu’il adviendra de part les insuffisances contenues dans la loi électorale.

Idelphonse Posset
Journal 24 HEURES AU BENIN  01/07/09
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Publié dans Politique nationale

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