Lutte contre la corruption au Bénin : A quoi sert l'IGE de Alidou Koussé ?

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Après trois ans de gestion du gouvernement du changement, l’état des lieux expose une situation calamiteuse et un pays gangréné par une corruption galopante. Dans ce fiasco général, on se demande à quoi sert l’Inspection Générale de l’Etat dirigée par Alidou Koussé ?
Le départ en 2006 du défunt régime du général Mathieu Kérékou a fait place au mouvement de changement décrété par son chef, le président Boni Yayi. L’espoir d’un renouveau économique et politique naissait avec de vastes mouvements de toutes les couches composantes de la nation pour l’accompagner dans un combat qui se voulait être porteur d’espérance.
Même en revisitant les lignes de l’ouvrage « Les fourberies du Scapin » de Molière, on n’était pas en mesure de se demander ce que le diable allait-il faire dans cette galère. Tel l’instant était euphorique et l’horizon scruté était fait d’un ensemble de belles choses à vous faire rêver d’eldorado ; ce n’était malheureusement qu’un mirage.
Tout de suite le masque est tombé et les déceptions des populations sont autant énormes que les échecs répétés d’un gouvernement qui a tôt dévoilé ces intentions et sa façon de diriger. Du saupoudrage aux décisions prises à l’aveuglette, le gouvernement du changement a joué à la ruse, laissant de côté les priorités du peuple. Le bien être des habitants de ce pays passait forcement par une croissance de richesse et un refus catégorique de la dilapidation systématique de ces ressources. Cette même croissance passe aussi par le freinage du fléau de la corruption. Avec la fameuse marche du chef de l’Etat contre la corruption il y a un an, le peuple a cru que ce gouvernement oserait défier ce mal qui tue notre économie. Mais c’était du leurre.
L’inspection Générale de l’Etat (IGE) qui est la structure mise en branle par ce gouvernement pour l’aider à lutter contre ce mal est l’ombre d’elle-même. Dieu seul sait combien d’enquêtes ont été faites par cette structure et aux béninois de dire avec exactitude combien de résultats sont publiés. Qu’est-ce-qui peut bien faire si peur à Alidou Koussé pour qu’il garde à chaque fois sa langue dans sa poche ? Bizarre quand même !
Dans un passé pas très lointain la dame de fer Anne Adjai Cica qui dirigeait la cellule de la moralisation de la vie publique, une structure analogue à celle que dirige Alidou Koussé avait eu le courage de dire que 95% des ministres du général Mathieu Kérékou étaient des corrompus. Sommes- nous aujourd’hui en face d’un cas similaire ? Si non pourquoi devant le crime de la corruption, l’IGE fait des enquêtes mais ne publie jamais les résultats ? Si oui le chef de l’Etat a-t-il intérêt que les résultats de ces enquêtes ne soient pas publiés ? On devrait lui dire qu’il a plutôt intérêt à ce que les résultats soient publiés s’il veut améliorer son image avant 2011.
Les dernières sorties des partenaires au développement et leur rappel à l’ordre par rapport à ces fameux audits non publiés devraient nous faire un tant soit peu honte ; la leçon non sue devra être réapprise quels que soient la complexité, des mots incompréhensibles qui se sont glissés à l’intérieur du texte. Le gouvernement du changement devrait aussi cesser de nous agiter le spectre de cette inspection qui apparait désormais comme une structure manipulée à des fins politiciennes.
Pour coller au dicton populaire qui dit que la comédie qui dure ne fait plus rire, le chef de l’Etat doit trouver autre chose pour amuser la galerie au lieu de continuer à insulter l’intelligence du peuple car cette façon de diriger sans franchement rendre compte est une autre manière de gruger la population et donner l’impression de se battre pour elle. Le peuple béninois ne mérite pas ce qui lui arrive et les dirigeants doivent en prendre conscience pour arrêter toute de suite la saignée.

Landry HOUETON
Journal LE GRAND JOURNAL 03/07/09
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Publié dans Politique nationale

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