70 ème anniversaire du Pdt du Psd:Le bouquet de fleurs de Yayi fâche Amoussou
Mout peut arriver dans les jours à venir au niveau de l’institution douanière. Des réformes certainement. Pas celles qui feront sourire les disciples de St Mathieu. Car ils seront plus que jamais surveillés comme du lait sur le feu. Les réformes annoncées prendront l’allure d’un changement de statut pour placer cette institution sous la tutelle des forces armées, de quoi la transformer en une force paramilitaire privée de droit de grève. De même, il sera placé à chaque poste de douane des agents Ige, Igf et des militaires. Enfin, il sera interdit aux douaniers de faire de la politique.C’est plutôt discrètement que le chef de l’Etat Yayi Boni a voulu souhaiter un joyeux anniversaire à Bruno Amoussou hier à son domicile à la Patte d’Oie à Cotonou. Ce qui a fini par prendre le sens d’un geste qui a manqué d’égard à l’endroit de l’homme. Et depuis hier, place à la polémique. Alors, aux environs de 17 heures, un véhicule facilement identifié s’arrête devant le domicile du Président du Parti social démocrate (Psd). La personne qui en descend n’a vraiment pas l’air d’être en mission pour le chef de l’Etat. Et pourtant c’est de cela qu’il s’agit. Une jeune fille, portant sous ses bras un bouquet de fleurs destiné à l’heureux du jour, le président Bruno Amoussou. La fleuriste, qui demande à voir celui à qui le cadeau est destiné brûlait même d’impatience pour transmettre le message. Peut-être, il ne lui est pas encore arrivé depuis qu’elle exerce, d’accomplir ce genre de mission pour le chef de l’Etat, et surtout en direction d’un vétéran de la politique nationale. Au bout de quelques minutes, elle a été introduite pour faire la commission et repartir. Ainsi, par le biais de cette fleuriste, le chef de l’Etat a exprimé ses amabilités et ses admirations à l’endroit de Bruno Amoussou, parce que l’occasion s’y prête et c’est une marque de civilités. Cela n’a rien à voir avec leur différend au plan politique. Il s’agit là d’un devoir. Mais il devrait être fait dans un style d’égal à égal. C’est ce que Bruno Amoussou aurait voulu. Il ne l’a pas eu. Juste une fleuriste pour lui souhaiter un joyeux anniversaire au nom du président de la République. Il en est fâché même s’il reconnaît que l’initiative est louable et empreinte de convivialité. En soi, le geste n’est pas mauvais et compte beaucoup en Afrique, surtout pour un fils de paysan, comme Bruno. Si des cadeaux l’ont rendu heureux, celui du chef de l’Etat l’a rendu plutôt froid. Il n’a pas manifesté son enthousiasme. Ceci pour une seule chose. Il s’est senti mal traité devant sa famille, ses amis politiques. Juste après le départ de la jeune fille, la nouvelle a fuité, comme quoi, le président du Psd n’a pas admiré le clin d’œil que Yayi Boni lui a fait à l’occasion de ses 70 ans. Ou, pour dire les choses au vrai sens du mot, il a exprimé son amertume à ce sujet. Sa réaction a été comprise par son entourage qui reconnaît que ce n’est pas ce que l’homme mérite. Les proches de Bruno Amoussou ont réagi pour signifier la désolation de leur chef de file. Il aurait été mieux qu’un membre du gouvernement fasse le déplacement, si tel est que le chef de l’Etat tient à ce qu’on donne un vrai sens à son geste. Même le déplacement d’un petit ministre aurait cloué le bec à cette opinion qui estime que le président de la République a agi maladroitement. Si cette fois-ci il a pensé faire un petit coucou à Amoussou loin des caméras et des micros, il a raté l’occasion en choisissant la formule qu’il a appliquée. Car, pour les autres et pour un pareil évènement, il s’est déplacé en personne avec la presse. On l’a vu chez Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo, Emile Derlin Zinsou, feu Salomon Biokou. Pour ce qui est de Bruno Amoussou, il a montré qu’il ne mérite pas les mêmes considérations. Et, si tel est le cas, où sont passés ses ministres, ou même son directeur de cabinet. Au pire des cas, ses conseillers de la même génération que le président du Psd, à l’image de Albert Tévoédjrè. La dernière formule aurait été d’y renoncer et on n’aurait pas trouvera pas que le président a rabaissé le septuagénaire « Renard de Djakotomey ».
FN
Journal LE MATINAL 03/07/09
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