Piétinement du bitumage de la voie Missérété -Kpédékpo:La diaspora en colère contre Yayi Boni

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le piétinement des travaux de bitumage de l’autoroute Akpro-Missérété-Dangbo-Adjohoun-Bonou-Ouinhi-Kpédékpo fait toujours couler, beaucoup d’encre et de salive. Après le coup de gueule des acteurs politiques pour dénoncer une impasse, la diaspora se mobilise en appelant des centaines de jeunes et de femmes à marcher le 11 juillet prochain contre le chef de l’Etat à Adjohoun.
Les ratés autour du bitumage de l’autoroute Akpro-Missérété-Kpédékpo en passant par Dangbo, Adjohoun, Bonou et Ouinhi continuent de faire des vagues. Ainsi, après les cris de détresse incessants des populations riveraines, les rappels à l’ordre infructueux des hommes politiques toutes tendances confondues, les membres de la diaspora natifs de la Vallée de l’Ouémé n’entendent pas croiser les bras devant cette situation. Venus du Togo, du Nigéria, de la Côte-d’Ivoire, du Gabon, du Niger, de la France, du Congo et bien d’autres pays, ils ont tenu une Assemblée générale le dimanche 28 juin 2009 à Dangbo pour apprécier le retard criard qu’accusent les travaux de bitumage de cette voie. Mais avant, ils s’étaient concertés deux mois plus tôt à Cotonou pour se pencher sur les différentes difficultés qui bloquent la poursuite des travaux. A cette rencontre, les participants ont fait le tour d’horizon des prises de position observées à tous les niveaux à commencer par le gouvernement jusqu’aux populations en passant par les élus de la région. C’est alors qu’ils ont marqué leur indignation au sujet de la position du chef de l’Etat, qui aurait déclaré qu’il y n’y aura pas de l’eau, d’écoles, de centres de santé, d’électricité si les populations ne votaient pas pour sa liste Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Exacerbés par cette prise de position, ils ont alors décidé de sortir de leur mutisme, surtout que les dégâts occasionnés par les pluies rendent impraticable la voie. Ainsi, une correspondance a été adressée à tous les maires dont les régions sont desservies par cette voie afin de réagir pour faire bouger les travaux démarrés il y a bientôt sept ans.

Zinsou et Adounsiba seuls contre tous
Si tous les autres maires des zones traversées par cette voie hautement économique sont prêts pour une action musclée contre le gouvernement, il semble que leurs collègues des communes d’Adjohoun Génard Adounsiba et de Bonou Isidore Zinsou auraient préféré un autre schéma. Selon eux, c’est plutôt contre les responsables de l’entreprise Kara Fadoul qui a gagné le marché qu’il convient d’initier des actions. Pour le maire Gérard Adounsiba, la date du 11 juillet 2009 retenue par la diaspora pour marcher, est mal venue en ce sens que c’est le même jour qu’il projette une marche de soutien aux actions du président Yayi Boni dans sa région. Une déclaration en date du mardi dernier qui a soulevé un tollé dans le rang des organisateurs de la marche de protestation. Les membres de la dispora malgré la position du maire d’Adjohoun, ont maintenu leur marche à la date prévue. Ils comptent aller jusqu’au bout même sans autorisation préalable. Les organisateurs ont le soutien de plusieurs hommes politiques de la Vallée de l’Ouémé qui dénoncent les agissements des deux élus locaux. La fièvre a déjà atteint certains conseils communaux.

Jean-Christophe Houngbo  (Br.Ouémé-Plateau)
Journal LE MATINAL  03/07/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article