Godefroy Tchékété sur l’émission télévisée « A la Une » de l’Ortb: Le faux argumentaire du directeur général de la Sbee

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le directeur général de la Sbee Godefroy Tchékété était le samedi dernier, l’invité de l’émission « A la Une » de la chaine nationale. Occasion pour lui de justifier la hausse du prix du KWh et de dresser tout l‘arsenal dont il dispose pour redresser cette société qui peine à honorer son cahier de charge. Mais, il faut surtout retenir que ce dernier a aligné tout un étalage d’argumentaires truffé de zone d’ombres.
L’émission télévisée « A la Une » de la chaine nationale a été l’occasion pour le Directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), d’apporter des éléments officiels d’analyses à la hausse du prix du KWh en cours depuis le 1er Juillet dernier. En effet depuis l’année 1996, selon le patron de la Sbee, les équipements sont restés inchangés alors qu’en réalité, la société devrait prévoir une augmentation de la capacité de production de 100 Mégawats tous les trois ans compte tenu de la demande croissante du marché de l’énergie en République du Bénin. Pourtant, ce n’est pas les initiatives qui manquent. Quelques temps après l’accession au pouvoir du régime du Changement en 2006, les projets commencent par pleuvoir pour enfin juguler la crise énergétique : La construction de la centrale à gaz de 80 MW à Maria-Gléta continue et n’en finit jamais. Le projet de transformation des turbines à gaz de la Ceb pour utiliser le gaz naturel qui viendra du Delta du Niger au Nigeria, afin de relier le Bénin au Togo, visant à construire un gazoduc de 700 kilomètres, bouclé en décembre dernier est en stand-by. Alors, pourquoi l’Etat béninois a-t-il investit tant de millions de francs Cfa dans un projet dépendant d’une zone aussi instable que le Delta du Niger ? Lorsqu’on sait que la production du gaz en question ne peut qu’émaner de cette zone instable contrôlée par le Mend, un mouvement terroriste sans foi ni loi qui s’amuse à kidnapper les expatriés sur les champs pétrolifères, on a du mal à concevoir que notre pays est réellement gére par des banquiers. Et surtout lorsqu’on s’imagine que c’est l’une des armes du nouveau baron de la Sbee, pour enfin faire passer la quantité de KWh fournie à 178 à défaut des 135 actuellement livrés, on ne peut que se montrer sceptique quand à ses chances de palier au mal.

Une hausse inopportune faute de l’inflation préexistante
Il est important de souligner que cette hausse intervient dans la foulée de nombres décisions prises par l’Exécutif dans le secteur du commerce. Et comme un malheur ne vient jamais seul, l’essence est passée à 435F le litre, le pétrole à 415F le litre, le gasoil à 455F le litre, le gaz à 440F le kilogramme et le mélange à 520F le litre. Donc pour le commun des Béninois, cette décision ne saurait être salutaire. Seulement pour le DG de la Sbee, cette décision est la plus souhaitable pour tous les Béninois car les sondages qu’ils auraient faits, lui ont révélé que les Béninois préfèrent payer plus chers pour avoir une énergie électrique de qualité, comme si les factures d’électricité n’étaient pas assez élevées pour ces derniers. Il se pose alors un vrai problème de conscience professionnelle et patriotique.

La Sbee devrait-elle produire ou distribuer l’énergie électrique ?

Il s’agit là d’une question trouble que le confrère de la chaine nationale n’a pas manqué de poser à Godefroy Tchékété. Pour ce dernier, la Sbee doit produire l’électricité là où la Ceb n’est pas présente. Et c’est cela qui justifie l’achat des groupes Siff achetés au Ghana pour augmenter la fourniture nationale d’électricité. Mais pour cette opération, selon M. Tchékété, le gouvernement actuel, n’aurait pas dû opter pour ces emprunts obligataires de 22 milliards de francs cfa étalés sur sept ans et qui asphyxie actuellement la Sbee. Pour le Dg Sbee, on aurait dû opter pour des investissements amortis à long termes avec une libéralisation du secteur de la production énergétique. Cette libéralisation devrait inciter des investisseurs privés à opérer dans le domaine de la production de l’énergie électrique, quitte à permettre à la Ceb, principale fournisseur de la Sbee, à pouvoir diversifier sa source d’approvisionnement. Mais est-ce qu’on peut attirer des investisseurs privés avec une énergie aussi instable et déjà insuffisante que la notre ? M. Godefroy Tchékété poursuit et stipule que seule une restructuration des dettes de l’entreprise pourra permettre à l’entreprise de soulager sa trésorerie.

La responsabilité de l’Etat
Le samedi dernier, sur le plateau de l’Ortb, M. Godefroy Tchékété a soutenu que la Sbee, faute d’être en difficulté de trésorerie, se doit de faire des emprunts auprès des banques. Seulement, elle ne pourrait que se confronter à la réticence de ces banques à cause de la déficience de trésorerie actuelle de la société. Et c’est justement pour renflouer les caisses de la Sbee qu’une hausse du prix du KWh était nécessaire. Car à en croire le Directeur, la société a besoin de 52 milliards de francs Cfa de fonds de roulement pour améliorer ses prestations. Il est cependant grave, que la Sbee dont les employés déjà exemptés d’un paiement à la normale de leur consommation d’électricité, avec une masse salariale excessive, cherche encore à s’enrichir sur le dos des pauvres Béninois. C’est le comble. Que fait alors l’Etat béninois pour la Sbee ? Pourquoi le pouvoir du Changement refuse-t-il de subventionner les services d’une société qui intervient directement dans le quotidien des Béninois ?

Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN  06/07/09
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Publié dans Politique nationale

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