Nouvelles mesures pour le redressement de l’économie nationale: L’option suicidaire du gouvernement
Le gouvernement du président Boni Yayi a pris récemment des mesures pour redresser l’économie nationale suite à la baisse des recettes de l’Etat. A première vue, elles paraissent suicidaires et risquent d’envenimer la situation.Le gouvernement du président Boni Yayi est en train de jouer sa dernière carte. Malgré tout ce qu’on lui reprochait, il se vantait d’avoir réalisé des prouesses au plan économique. Mais aujourd’hui, il est en train d’échouer sur ce plan, au point que des Béninois pensent maintenant que le docteur en économie a du mal à trouver ses marques. Le pouvoir en place fait recours aux mesures de sauvetage pour tenter de redresser la pente sans savoir qu’elles peuvent lui compliquer la situation. Actuellement, il y a des augmentations de tarifs à plusieurs niveaux. Au port de Cotonou et sur toute l’étendue du territoire national, les frais de douane ont connu un accroissement. Pour l’Etat béninois, c’est une mesure pour renflouer les caisses nationales qui se vident déjà. Mais à analyser de près, c’est une mauvaise option, dans la mesure où elle amènera les opérateurs économiques étrangers à fuir le Bénin vers d’autres pays de la sous-région où les tarifs sont plus bas. Sur le terrain, des marchands venant des pays de l’Hiterland se rabattent sur Lomé pour mener leurs affaires. D’ailleurs, même avant les dernières augmentations des tarifs douaniers, ils boudaient le port de Cotonou. C’est dire que la nouvelle situation risque de les éloigner davantage du Bénin. Dans ce cercle infernal, les hommes d’affaires nigérians doivent intéresser beaucoup plus les autorités béninoises, puisque la grande partie des produits d’importation surtout les véhicules d’occasion est réexportée dans leur pays. Avec la dévaluation du coût du naira par rapport au francs Cfa, la plupart d’entre eux ne venaient plus au Bénin. Pourquoi ? La masse d’argent qu’ils apportent au Bénin, une fois convertie en Cfa, ne leur suffit plus pour acheter en quantité. C’est pourquoi depuis quelques mois, ils ont mis une croix sur le Bénin. En conséquence, la mévente s’observe avec acuité au marché Dantokpa et sur les parcs de vente des véhicules d’occasion. En augmentant encore les tarifs douaniers, le gouvernement du président Boni Yayi les repousse davantage. Or, il faut diminuer les taxes pour pouvoir attirer les opérateurs économiques. Ne dit-on pas que trop d’impôts tuent l’impôt ? Cette situation était là avec ses conséquences quand le même gouvernement prend la décision d’augmenter les frais d’électricité, d’eau et des produits pétroliers à la pompe. Concernant le carburant, il y aura une forte ruée vers l’essence frelatée avec des manques à gagner criards à l’Etat. De même, quel opérateur économique acceptera de venir s’installer dans un pays où les frais d’électricité et d’eau sont élevés ? Pas beaucoup. Il faut noter que le pouvoir du Changement a le dos au mur. La plupart des Béninois sont très déçus de la gestion actuelle de leur pays. Le président Boni Yayi devrait lui-même constater le mécontentement de ses compatriotes. Samedi dernier par exemple au marché Dantokpa, il a été accueilli froidement par les usagers de ce grand centre d’affaires, alors que par le passé, il était reçu dans une liesse totale. Face à la crise économique que traverse le Bénin, il n’est pas trop exagéré de dire que le pays est dans un enfer terrible dont l’issue est incertaine. Lentement mais sûrement, on retourne vers les années 80. Il va falloir que les forces politiques se mettent ensemble pour de nouvelles propositions, afin de sauver le peuple, car apparemment, le Changement a déjà perdu ses repères.
Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN 06/07/09
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