Conférence de presse du président du Nep-Mixalodo : Paul Gnimagnon dénonce le complot du pouvoir contre la douane

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le président du Nep-Mixalodo a toujours la dent dure contre le gouvernement du Dr Boni Yayi. Les menaces et autres intimidations venues de la haute hiérarchie n’ont nullement émoussé son ardeur à dénoncer les dérives du changement. Lors de la conférence de presse qu’il a organisée le samedi 4 juillet dernier à l’Infosec de Cotonou, M. Paul Gnimagnon a, entre autres, dénoncé le complot qui se prépare en ce moment contre l’administration des douanes. Plusieurs autres sujets ont été aussi abordés.
L’objectif de cette conférence de presse, a dit M. Paul Gnimagnon qui était pour la circonstance entouré des sieurs Séraphin Agbahoungbata et de Fréjus Thiakpè est de répondre aux réactions et préoccupations soulevées par les déclarations du président du Nep-Mixalodo après la rentrée politique effectuée par le parti le 6 juin dernier. La question de l’opposition, le statut des personnels de la douane, la question de la diaspora face aux présidentielles et la question de l’unité nationale, sont autant de sujets sur lesquels le président du Nep-Mixalodo est revenu.

La question de l’opposition
S’agissant de la question de l’opposition, le président Paul Gnimagnon a fait observer qu’il est important de constater aujourd’hui que le régime du changement développe à dessein dans l’opinion publique une psychose inacceptable en ce qu’il s’attaque aux fondements même de la démocratie acquise par le peuple béninois au prix de lourds sacrifices. Pour Paul Gnimagnon, les citoyens qui critiquent les actions du gouvernement devraient être respectés et protégés dans leurs droits civils et politiques au lieu de faire l’objet de menaces de tout genre. Le constat aujourd’hui, selon le président du Nep-Mixalodo, est que le gouvernement sème la confusion dans l’esprit des populations en montrant que les opposants sont des criminels, des gens peu sérieux, des menteurs, mais ne dit jamais en quoi consiste leur mensonge. Le plus grave, selon lui, c’est quand le Chef de l’Etat, qui ne doit sa position actuelle qu’à l’expression plurielle, menace d’affectation punitive, de limogeage, le président d’un parti politique qui a osé critiquer sa gouvernance. Concluant sur ce volet de son intervention, M. Paul Gnimagnon a indiqué que ce ne sont pas les opposants qui sont des gens peu sérieux, mais ceux qui complotent contre eux et contre la démocratie en proférant des menaces avec l’aide des fonctionnaires de police chez qui des réunions se tiennent.

Complot contre la douane et son personnel
Au sujet du statut du personnel de l’administration de la douane, M. Paul Gnimagnon a tout simplement fait observer que le pouvoir Fcbe ne fait qu’étaler son ignorance des textes qui régissent les institutions de la République. Aucune loi, aucun décret, n’interdit au douanier de jouir de ses droits civils et politiques consacrés par la Constitution et ne le limite dans la jouissance desdits droits, a-t-il indiqué. Citant l’article 49 de la loi 86-013 du 26 février 1986 portant statut général des agents permanents de l’Etat, le président du Nep-Mixalodo a indiqué que : « l’agent permanent de l’Etat jouit de la liberté de parole, de presse, de correspondance, de réunion, d’association et de manifestation. L’Etat assure les conditions matérielles nécessaires à la jouissance de ces droits ». L’agent   des douanes, comme tout agent public n’est tenu que par l’obligation de discrétion professionnelle et là encore seulement en ce qui concerne les informations et faits connus  dans l’exercice de ses fonctions ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions aux termes de l’article 43 de la loi  86-013 du 26 février 1986 portant statut général des agents permanents de l’Etat, a-t-il ajouté. Il s’est par ailleurs interrogé sur le fait que le gouvernement du Dr Boni Yayi ne s’est jamais posé de questions sur le statut professionnel de l’inspecteur des douanes Julien Kpoviéssi qui est président du Parti national ensemble et sur le cas de plusieurs autres cadres de la douane, militants de premières heures de la Fcbe. « Depuis que des douaniers faisaient la politique, dirigeaient des associations pour le compte des Fcbe, le président Boni Yayi n’a jamais trouvé que la fonction de douanier est incompatible avec les activités politiques », a dit le président du Nep-Mixalodo qui a informé le peuple du vaste complot qui se trame contre la douane aujourd’hui. Des velléités d’un retour de l’administration de la douane sous la coupole des forces armées béninoises sont aujourd’hui développées par le pouvoir. Et pourtant ! « En application des dispositions de l’article 2 de la loi N°90-016 du 18 juin 1990 portant création des forces armées béninoises, l’administration des douanes et droits indirects n’est pas une composante des forces armées béninoises. Elle est régie par la loi 86-013 du 26 février 1986 portant statut général des agents permanents de l’Etat. Il s’agit d’un corps civil en raison de sa mission fiscale et économique. La douane n’a ni une mission de défense, ni une mission de sécurité publique. Le gouvernement s’affaire depuis la grève des agents des douanes et la déclaration du parti Nouvel élan pour la patrie (Nep-Mixalodo) à la réintégrer dans les forces armées dans le seul but de lui enlever le droit de grève et de nous empêcher de jouir de l’expression plurielle et des libertés démocratiques. Il s’apprête ainsi à fouler aux pieds et pour des intérêts personnels les articles 23 alinéa 1er et 31 de la loi 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin et les articles 47 alinéa 1er, 48 et 49 de la loi 86-013 du 26 février 1986 portant statut général des agents permanents de l’Etat », a dit M. Gnimagnon qui déplore le fait que des inspecteurs des douanes soutiennent cette entreprise sordide par mégalomanie et pour des intérêts égoïstes. Il a invité les deux syndicats de la douane et toutes les centrales syndicales à barrer la route à cette machination anti-démocratique.

De la question de la diaspora
C’est sans détour que le président du Nep-Mixalodo a reprécisé les intentions qu’il avait développées lors de sa sortie politique du 6 juin 2009 quant à la participation des Béninois de la diaspora à la gestion du pouvoir d’Etat. Pour lui en tout cas, le fait de résider et de travailler à l’étranger ne doit plus être un passeport pour briguer la magistrature suprême du Bénin. Selon lui, ce critère n’est plus suffisant et il faut déterminer d’autres profils afin d’éviter que le successeur du président Boni Yayi ne soit un «Yayi bis».

L’unité nationale
Pour le président du Nep-Mixalodo, le débat sur la menace de l’unité nationale doit se faire avant qu’il ne soit trop tard. Le relent régionaliste et tribaliste de l’actuel régime met à mal l’unité nationale, a dit M. Gnimagnon qui a fait allusion à certaines nominations et à la récente réponse du Chef de l’Etat aux députés suite aux déclarations incendiaires du ministre Nicaise Fagnon à Dassa le 2 mai 2009. Pour le président Gnimagnon, une telle réponse qui vient du président de la République, garant de l’unité nationale aux termes de l’article 41 de la Constitution et qui s’est engagé par son serment « à consacrer toutes ses forces à la recherche de la promotion du bien commun, de la paix et de l’unité nationale » est suffisamment grave car il n’a pas désavoué son ministre. Et ne l’ayant pas désavoué, il ne peut pas désavouer l’honorable Rachidi Gbadamassi qui a passé des semaines à faire l’apologie du régionalisme. « Il est temps que le président Boni Yayi sache que l’homme ne regrette pas ce que l’histoire a fait, il ne se venge pas de l’histoire. Le chrétien évangéliste doit savoir que le Christ n’a jamais fait de la discrimination », a dit le président du Nep-Mixalodo qui en appelle à la vigilance de tout le peuple béninois.

Une sortie médiatique soutenue par des députés Prd et Force Clé
Les députés Force Clé, Eric Houndété et Prd, Raphaël Akotègnon ont apporté leur soutien au président du Nep-Mixalodo le samedi 4 juillet dernier. Ils ont assisté de bout en bout à la conférence de presse donnée par le président Paul Gnimagnon. Interrogés  sur le motif de leur présence à ce rendez-vous médiatique, Raphaël Akotègnon et   Eric Houndété ont indiqué que leur démarche répond à une stratégie : celle de joindre leurs efforts à ceux de  toutes les forces politiques soucieuses de la sauvegarde des acquis de la conférence nationale. Pour Eric Houndété et Raphaël Akotègnon, il est aujourd’hui de notoriété publique que la démocratie et la paix sont menacées au Bénin et il est d’une impérieuse nécessité de s’unir pour combattre les auteurs de cette menace. Ne pas le faire est, selon eux, faire preuve d’irresponsabilité devant l’histoire. C’est donc là tout le sens de leur soutien au président du Nep-Mixalodo.

Affissou Anonrin
Journal LA PRESSE DU JOUR  06/07/09
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Publié dans Politique nationale

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