AU SUJET DES PROPOS DU MINISTRE FAGNON A DASSA : La réponse du président Yayi confirme les menaces sur l’unité nationale
Le ministre Baba Bodi était au parlement ce mardi 30 juin 2009 pour répondre en lieu et place du chef de l’Etat par rapport à l’interpellation du président de la République suite aux propos tenus par le ministre Nicaise Fagnon à Dassa. Les députés ont pris acte de la réponse du président Yayi et l’ont invité à assumer sa fonction présidentielle dans sa plénitude.«Lorsque le Christ est conduit devant Pilate, il a décliné toute responsabilité. Au nom du chef de l’Etat le ministre Baba Bodi dit que le ministre Fagnon ne peut pas être sanctionné parce qu’il était en réunion politique…on n’est pas chef de l’Etat pour fermer les yeux sur les erreurs… la façon de bouter en touche du chef de l’Etat ne saurait nous convaincre. Il est garant de la constitution, sa responsabilité est engagée. Mais je voulais donner acte au chef de l’Etat qui n’a pas contesté nos allégations » a indiqué le président Adrien Houngbédji, auteur principal de l’interpellation du président Yayi. Ce constat de maître Houngbédji a été soutenu par certains députés G, F et même Fcbe avec d’autres arguments.
Dans la réponse du chef de l’Etat, l’hypothèse de l’implication directe dans une telle dérive verbale a été écarté avec en appui les articles 71 et 113 de la constitution et 113 du règlement intérieur. «Je me dois de dire que l’interpellation qui m’est adressée ne s’inscrit pas dans le cadre tracé par notre loi fondamentale dont je suis le garant et que j’ai la charge de faire respecter ». «Comme vous l’aviez si bien dit dans votre interpellation, monsieur Fagnon, ce 02 mai 2009, était en réunion politique, revêtu de tee-shirt aux couleurs de son parti politique, ce qui traduit bien qu’il n’agissait pas en tant que ministre mais en tant que militant d’une alliance de partis politiques » a écrit le chef de l’Etat et présenté par le ministre Baba Bodi.
C’est cette portion de phrase qui a retenu l’attention des députés de l’opposition. Car, nulle part dans la réponse du chef de l’Etat les faits évoqués par le député Houngbédji et les autres députés signataires de l’interpellation n’ont été rejetés. Les députés sont unanimes en dehors de quelques députés du coté de la mouvance à reconnaître la véracité des faits et actes reprochés au ministre Fagnon. Les députés Amoussou, Rosine Soglo, Idji Kolawolé, Eric Houndété, Georges Bada et autres ont déploré l’absence du chef de l’Etat. Pour eux, il n’a pas considéré l’auguste Assemblée. Mieux, il n’a pas pris au sérieux la gravité des propos du ministre Fagnon. Fort de cela, la présidente de la Renaissance du Bénin a invité le président Yayi à rassurer les Béninois. « Yayi est le garant de la constitution. Je veux qu’il monte au créneau pour nous rassurer, nous donner sa parole et nous dire que la paix sera garantie ».
Le président Amoussou abonde dans le même sens en indiquant qu’il aurait été très satisfait de voir le président Yayi même si la loi ne l’oblige pas. Cependant, il a déploré le fait que chef de l’Etat affiche une attitude de fuite de responsabilité puisqu’il devrait apprécier comme tous les citoyens les propos tenus par le ministre Fagnon. Pour Rosine Soglo, Fikara et Idji, c’était l’occasion pour le chef de l’Etat de démentir de façon solennelle les propos peu recommandés dont il est accusé lors de ses descentes sur le terrain en campagne ou en visite. Les députés Fcbe n’ont pas pu trouver des arguments contraires par rapports aux faits évoqués. Pour le député Bio Kansi, «La bouche de l’homme est plus qu’un kalachnikov. Je suis désormais tranquille et je souhaite que nous continuons dans ce sens pour enlever la gangrène». Le député Justin Yoto estime quant à lui qu’à quelque chose malheur est bon. C’est une occasion pour que chacun éduque ses militants. Mais le député Débourou tout en banalisant la question s’en est pris aux auteurs de la question avant de conclure que Fagnon est libre de dire ce qu’il pense car il n’a pas prêté serment. Par contre, la présence des présidents Houngbédji et Amoussou a été saluée par le député Ahinnou.
Vincent LEZINME
Journal NOUVELLE EXPRESSION 06/07/09
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