Gestion du dossier Cen-Sad par le gouvernement : Ce que Yayi n’a pas le courage de faire
Le gouvernement, suite au conseil extraordinaire du vendredi 03 juillet 2009, semble décidé à faire la lumière sur la gestion du dossier Cen-Sad. Une détermination qui cache bien des vérités. Dans ce dossier il y a bien des choses que le chef de l’Etat n’a pas le courage de faire, au risque de montrer aux Béninois que le changement est pire que le régime défunt.Encore du temps pour découvrir le régime Yayi. Le compte rendu du dernier conseil extraordinaire des ministres, à la surprise générale, n’a guère ému les Béninois. Pour la plupart, ils semblent ne rien comprendre véritablement de cette décision du gouvernement. Une réaction qui s’explique par le fait que de tout temps, les trompettes gouvernementales ont fait croire aux populations qu’avec le changement, tout se passe selon les normes. Aujourd’hui, voilà que la réalité nous rattrape tous. Mais le paradoxe c’est que dans ce dossier Cen-Sad, la vérité est loin d’être connue. Elle ne sera connue que si le président Boni Yayi le désire vraiment. La vérité dans ce dossier exige dans un premier temps, que le chef de l’Etat demande la liste de toutes les entreprises qui ont bénéficié des marchés dans le cadre du sommet de la Cen-Sad, avec la liste exhaustive des noms qui se cachent derrière lesdites entreprises. Les Béninois comprendront qu’il ne s’agit que de très proches du chef de l’Etat : ministres, conseillers, chargés de mission, responsables cauris. C’est cela la règle sous le changement. Dans ces conditions, on comprend facilement pourquoi tout ce bruit visant à faire montrer aux Béninois que le régime du changement est le meilleur de toute l’histoire de notre pays. Dans ce dossier, Boni Yayi sait que l’Ige n’a fait aucun travail approfondi. Dans le compte rendu du conseil des ministres, seul le nom d’un certain Arouna Alidou a été cité dans le septentrion. Nos investigations ont révélé que l’intéressé est de Sèmèrè, donc supposé être du camp Bio Tchané. Mais ce que le chef de l’Etat sait et ne peut pas dire, c’est que dans le dossier Cen-Sad, il y a des gens qui, parce qu’étant très proches de lui, ont eu des marchés de construction et ont revendu les parcelles à d’autres promoteurs immobiliers, sans qu’aucun ministre n’ait eu à piper mot de peur de perdre son poste. Il y a aussi des gens qui en ont profité pour importer des tonnes de de matériaux de construction, au point de faire perdre à la douane béninoise des milliards de francs. Le comble, c’est qu’il suffit de faire une enquête sur chaque ministre du changement, pour comprendre qu’il y en a au moins un, qui a réussi à profiter du dossier Cen-Sad en se construisant chez lui une villa de même type. Les Béninois sont au courant de ces informations depuis des mois. Mais connaissant la nature du régime du changement, ils ont fait l’option du silence.
Tourner en douce la page du changement ?
Il est plus que jamais question de tourner en douce la page du changement, parce que pendant des années encore, les Béninois regretteront cette expérience. Dans un pays sérieux, pour un dossier du genre, les premiers à déposer leurs démissions sont les ministres des finances et, de l’urbanisme. Et c’est justement pourquoi les Béninois doivent désormais s’interroger sur les rapports de l’Ige. Selon nos investigations, le ministre Noudegbessi serait bien impliqué dans la gestion de ce dossier. Sur demande du ministre des finances, par lettre n°0798/MUHRFLEC/DC/DGM/DCPLM/SAE/SPCC/SPC du 21 décembre 2007, le ministre de l’urbanisme a transmis à celui-ci, le programme des interventions au Cic et au Palais des Congrès, estimé à près de 5 milliards de francs Cfa. Cela suffit pour conclure que pour des travaux de construction de cette importance, il n’y a pas de raison de ne pas impliquer le ministre de l’urbanisme. En tout cas, dans ce dossier, les langues ne tarderont pas à se délier. Ce qui permettra aux Béninois de comprendre que les donneurs de leçons d’aujourd’hui ne sont pas plus blancs que ceux-là qu’ils ont mis deux années à critiquer. En clair, il est encore temps qu’ils comprennent la nécessité de tourner la page Yayi en 2011.
Grégoire Amangbégnon
Journal LA PRESSE DU JOUR 07/07/09
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