Rapport de l’Ige sur le sommet de la Cen-Sad: François Gbenoukpo Noudegbessi doit démissionner

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le conseil extraordinaire des ministres tenu le vendredi 03 juillet dernier, a été l’occasion pour l’Exécutif de dire sa sentence suite au rapport d’investigation de l’Ige par rapport à la gestion financière des différents travaux effectués dans le cadre du sommet de la Cen-Sad. Il s’en est suivi une analyse orientée, suivie d’une justice sélective car il est inconcevable que le ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat, de la Réforme foncière et de la Lutte contre l’érosion côtière, François Gbenoukpo Noudégbèssi, également maître d’ouvrage, puisse ne pas voir sa responsabilité engagée.
Peut-on vraiment dire que c’est la vérité qui s’est révélée au grand jour ? On peut en douter, car la quintessence du communiqué final qui a sanctionné le conseil extraordinaire des ministres tenu le vendredi 03 juillet 2009, n’a fait que servir un hamburger mal préparé et insoutenable pour un humain doué de sens et de raison. En effet, en ce qui concerne les travaux de la Cen-Sad, le conseil des ministres n’a néanmoins pas manqué de retracer les maintes irrégularités qui ont émaillé la réalisation des infrastructures. Au nombre de ces irrégularités, dans le cadre de la viabilisation des sites, de la construction des 14 villas, de l’extension du parking de l’Aéroport et du bitumage de la route Aéroport-Place du Souvenir-Carrefour Air Afrique, on peut citer des procédures fantaisistes d’attribution de certains marchés, l’exercice de la maîtrise d’ouvrage bâclé par des cadres qui ne peuvent également que se réclamer de l’essor du ministre Noudégbèssi avec des délais de livraison « spéciaux », le musèlement des chantiers de construction des villas quitte à les déguiser en de vrais éléphants blancs, un enchainement de supercheries fomenté pour une attribution catastrophique des marchés où les mêmes bureaux d’études se sont vus attribués le contrôle des marchés en violation des règles en la matière et même le piétinement du paiement des avances de démarrage. Alors comment peut-on être ministre responsable, sous l’ère du Changement, en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, pour ne pas se voir inquiéter par tous ces vices de procédures hautement flagrants. C’est un secret de polichinelle que le ministre Noudégbèssi est tout aussi impliqué dans cette affaire, que le ministre Lawani, qui a déjà été éjecté de son fauteuil ministériel. Mais, l’on ne saurait s’expliquer pourquoi le communiqué final du conseil des ministres, a tout simplement taillé sur mesure son analyse des faits fournis par l’Ige, pour n’inculper que le ministre Lawani et les quelques petits cadres des ministères de l’Urbanisme et des Finances, en épargnant celui qui s’apparente être le commanditaire principal de toute cette salade hongroise. Le pouvoir du Changement vient une fois de plus de prouver son sens aigu de sa compréhension du mot « justice ». C’est pour convaincre le commun des Béninois, qu’en réalité, la justice du Changement ne peut que se vouer sélective. Ce qui crève aussi l’attention, selon des sources concordantes, les travaux de la Cen-Sad auraient coutés 42 milliards de francs CFA, mais dont la source reste encore injustifiée car suite à la révision à la baisse des promesses du guide libyen qui n’aurait pas fourni les 30 milliards promis, l’Etat béninois mis aux pieds du mur, aurait déboursé 40 milliards au lieu des 12 prévus.
En ce qui concerne la réhabilitation du Centre International de Conférences et du Palais des Congrès de Cotonou, l’analyse fournie par l’Exécutif, bien qu’en concédant que l’appel d’offres afférant aux 2,6 milliards de francs Cfa de travaux, ait été opéré conjointement par les ministres François Noudégbèssi et Soulé Mana Lawani, en charge de la gestion de ces deux infrastructures et également maître d’ouvrage, prend jalousement le soin de souligner que la phase de la mise en œuvre a connu la conduite unilatérale du ministre Lawani, alors en charge des Finances. Donc pour sa conduite le ministre Lawani a déjà été puni. Mais ironie du sort, malgré le fait que certains cadres du ministère que gère pourtant le ministre Noudégbèssi aient été remerciés, cela n’entame absolument rien en la capacité de ce dernier à gérer son ministère où visiblement les cadres agissent unilatéralement. C’est exclusivement du leurre car le ministre ne peut absolument pas dire qu’il ne sait rien des activités de ses collaborateurs surtout quand cela à rapport à un sommet international. Cette attitude se révèle être de l’incompétence notoire biaisée par de l’inconscience patriotique excessive. Pour son honorabilité, ce ministre doit démissionner afin de montrer un bon exemple à la jeunesse béninoise qui se trouve en quête de model.

Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN  07/07/09
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Publié dans Politique nationale

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