Difficultés de trésorerie de la Sbee: Que fait Yayi pour recouvrer les milliards détournés sous Adjanohoun et Da Matha Sant’Ana ?

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

La sortie médiatique le samedi dernier du directeur général de la Sbee, Godefroy Tchékété, a révélé au grand jour les difficultés de trésorerie de la société en charge de l’énergie électrique. Seulement, lorsqu’on sait que les gros débiteurs de la Sbee sont à l’abri à l’Assemblée nationale sous la bannière du parti politique du Chef de l’Etat, l’on ne peut que plaindre la bonne gouvernance et la prospérité partagée, tant promues par ce dernier.
Au Bénin, la valse des commissions d’enquêtes n’a pas endigué le phénomène de corruption qui s’est accentué au point de conduire l’Etat à la banqueroute. Le régime du Changement, qui à ces débuts avait suscité tant d’espoir, s’est rangé depuis et sans surprise, dans la sphère des régimes africains qui ont l’art de banaliser la chose publique. L’Inspection générale de l’Etat (Ige), une Institution technique de la Présidence de la République dont la vocation était non seulement de communiquer et de sensibiliser mais aussi de concevoir des stratégies dissuasives de lutte contre la corruption, s’est mutée en une caisse de résonance fabriquée « Umpp-Fcbe » made in Bénin. Dans ces conditions, la promotion de la bonne gouvernance se trouve alourdie, renforcée par un géant amas de plomb qui empêche son décollage. Dans un passé récent, la mauvaise gestion des fonds d’une des plus grandes sociétés d’Etat telle que la Sbee se trouve encore non élucidée, cela ne peut que donner matière à réfléchir. Qu’il vous souvienne en effet, que le samedi dernier, sur le plateau de l’Ortb, le directeur général de la Sbee Godefroy Tchékété, a soutenu que la société qu’il dirige depuis le 15 mai, faute d’être en difficulté de trésorerie, se doit de faire des emprunts auprès des banques. Seulement, elle ne pourrait que se confronter à la réticence de ces banques à cause de la déficience de trésorerie actuelle de la société. Et c’est justement pour renflouer les caisses de la Sbee qu’une hausse du prix du KWh était nécessaire. Car, à l’en croire, la société a besoin de 52 milliards de francs Cfa de fonds de roulement pour améliorer ses prestations. Donc en clair, les investissements de la Sbee exige un besoin de financement de 52 milliards de nos francs. Un montant que l’Exécutif se refuse d’honorer. Même si pour des raisons de déficience de trésorerie, l’Etat central se trouve incapable de subvenir au besoin financier de la société, il est pourtant étrange, que l’on semble oublier que la Sbee a aussi de gros débiteurs.
Qu’il vous souvienne que le 20 juin 2007, le Fonac a, au cours d’une conférence de presse, dénoncé des malversations et la mauvaise gestion des directeurs de la Sbee. Le 21 juin 2007, le chef de l’Etat, dans son folklore médiatique habituel, a invité tout le staff du Fonac qui lui a expliqué pendant deux heures d’horloge et dans tous les détails, la situation au sein de la Sbee. Et comme d’habitude, c’était en présence d’un parterre impressionnant de ministres du sacré gouvernement du Changement. Mais aujourd’hui, le constat est que les anciens directeurs généraux de cette société, dont le Fonac avait dénoncé la gestion n’ont pas été interpellés. Mieux ils sont à l’abri avec une immunité à l’Assemblée nationale. En effet, le marché gré à gré, d’un montant global de 3.193.029.651 FCFA, intervenu le 19 juin 2006, portait sur l’achat de matériel électrique entre la société Palmarès Technologie de Girese Tella et la Sbee. S’il faut s’en tenir aux investigations du Fonac, ce marché a violé le code des marchés publics, et pourtant il a été signé par la Dg/Sbee, Célestine Adjanonhoun, le Directeur national des marchés publiques, Johanès d’Almeida et le ministre des Finance, Cosme Sèhlin. Les faits mis à la charge de Célestine Adjanohoun et de Luc da Matha Sant’Anna anciens directeurs de la Sbee, aujourd’hui députés des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), sont choquants et même l’Ige, en avait fait cas. La Sbee apparaît ainsi désormais comme une de ses vaches à lait qu’on trait sans craindre que, prenant de l’âge ou que par une trop grande sollicitation, la vache en vienne à ne plus produire. Alors dans ces conditions où la société se trouve en difficulté de trésorerie, quitte à disparaitre, Boni Yayi, en sa qualité de président de la République, en bon gestionnaire et par-dessus tout, banquier de son Etat et ancien directeur de l’une des plus grandes banques africaines, devrait songer à faire payer tous les gros débiteurs de la société mise en mal. Il urge donc que le commun des Béninois se questionne une fois encore, sur la détermination du Chef de l’Etat à lutter pour une gouvernance saine. Si Célestine Adjanohoun et Luc da Matha Sant’Anna, pouvaient se voir juger légalement et payer ce qu’ils doivent, cela pourrait soulager la Sbee qui traîne, à en croire les propos du Dg Godefroy Tchékété, une ardoise de 80 milliards de francs Cfa. Dans le cas contraire, comment pourrait-il faire passer la quantité de KWh fournie à 178 à défaut des 135 actuellement livrés ? Avec quel argent ou par quelle alchimie compte t-il opérer ce miracle qui risque de se transformer en mirage ? Pourquoi est-ce que Yayi ne peut-il pas aider la Sbee à redémarrer de nouveau, en faisant payer ses gros débiteurs qui se trouvent être insolvables et inébranlables ? En attendant que la population végète dans le noir, les pieds dans l’eau, rongée par la faim et le chômage, l’Etat Umpp-Fcbe, décrète l’ « Etat d’urgence », appelle une fois encore à l’aide, les bailleurs de fonds une alerte à polémique.

Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN  08/07/09
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Publié dans Politique nationale

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