Maintien de Fagnon et Noudégbéssi au Gouvernement: Quels crimes Colette Houéto, Gaston Dossouhoui et Dossou Kpédétin avaient commis ?

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Les premiers mois qui ont suivi l’arrivée du Dr Boni Yayi au pouvoir ont été caractérisés par une vague de limogeages tous azimuts. La ministre de l’enseignement primaire et secondaire Colette Houéto son collègue chargé des transports Kpédétinn Dossou puis le ministre de l’agriculture de l’élevage et de la pêche Gaston Dossouhoui, ont été remerciés sans aucune explication. Aujourd’hui, on se rend aisément compte qu’ils ont été sacrifiés sur l’autel des intérêts du chef de l’Etat.
En trois ans de gouvernance, le président Boni Yayi a battu tous les records de limogeage de ministres au Bénin. La ministre de l’enseignement primaire et secondaire Colette Houéto a été la première à faire les frais de la colère du chef de l’Etat. A peine avait-elle passé trois mois au sein du gouvernement qu’elle a été virée comme une mal propre. Sans aucune explication au peuple. Son collègue chargé des transports Alexandre Kpédétin Dossou sera également débarqué du gouvernement quelques mois plus tard de la même façon. Même chose pour le ministre de l’agriculture de l’élevage et de la pêche de Gaston Dossouhoui. La dernière en date est celle du ministre de l’économie et des Finances Soulé Mana Lawani. On pensait alors que le Chef de l’Etat allait rester dans cette logique où à la moindre faute, les auteurs devraient être sanctionnés. Mais, erreur. Après trois ans de gestion calamiteuse du pays, on se rend compte que le président de la République avait limogé ces ministres pour des larcins, des fautes bénignes qui ne nécessitaient pas de telles sanctions. Au contraire, il protégeait les vrais fossoyeurs de l’économie nationale. Cette conclusion coule de source si l’on se réfère aux derniers évènements qui se sont produits au Bénin, pour lesquels le chef de l’Etat n’a pas réagit de façon vigoureuse. Il n’a pas non plus pris les sanctions appropriées. Il s’agit notamment du cas du ministre Nicaise Fagnon. Son implication dans le scandale des 50 milliards de francs cfa détournés à la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) a défrayé la chronique. Contre toute attente ce dernier n’a même pas été inquiété par le Chef du gouvernement. Loin s’en faut, il a bénéficié de tout son soutien à tel point qu’il n’a pas hésité à tenir des propos susceptibles de mettre en péril l’unité nationale et la démocratie lors d’un meeting à Dassa-Zoumé. Là encore le président de la République n’a pas pris ses responsabilités. Sa réponse suite à l’interpellation des députés par rapport à ce sujet est connue. De ce constat, la question se pose alors de savoir si entre Nicaise Fagnon et les ministres Colette Houéto, Gaston Dossouhoui et Alexandre Kpédétin Dossou, qui méritait de quitter le gouvernement ? Il en est de même pour le ministre François Noudégbéssi dont le département ministériel est montré du doigt dans la gestion scandaleuse des 6,7 milliards de francs Cfa de la Cen-Sad. Une fois encore le Chef du gouvernement n’a pas pris ses responsabilités. A défaut de limoger son ministre de l’habitat et de l’Urbanisme, il a préféré sanctionner les cadres qui sont sous ordre du ministre.

Argument fallacieux
Qu’il vous souvienne que le gouvernement après son séminaire de début de mandat a adopté une charte que tous ses membres doivent respecter. Il s’agissait entre autres de la solidarité gouvernementale et de l’obligation de rendre compte. Or, pour justifier tous ces différents limogeages, le gouvernement n’avait qu’un seul langage : ils ont posé des actes au nom du gouvernement sans informer le conseil des ministres. Comment se fait-il qu’un membre influent du gouvernement comme Soulé Mana Lawani et son collègue Késsilé Tchalla peuvent-ils prendre une décision aussi importante que celle de l’octroi des primes de motivation aux travailleurs sans que le Conseil des ministres ne soit informé ? Où est passé le principe de compte rendu ? Comment la commission de passation de marchés du ministère de l’Urbanisme peut-elle octroyer des marchés sans que le ministre Noudégbèssi ne soit au courant ? En fait, cette stratégie du Changement de rejeter le tort sur les autres en se réfugiant derrière l’argument « le gouvernement n’est pas informé » montre que le président Boni Yayi ne maîtrise plus la gouvernance du pays.

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN  08/07/09
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Publié dans Politique nationale

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