Procès de Lawani ou le procès du régime du changement

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Tout laisse croire aujourd’hui que ce qui convient d’appeler l’affaire gestion du dossier CIC et Palais des Congrès n’en est qu’à ses débuts. Des rebondissements sont à craindre.
Il n’est pas exclu que celui qui apparaît à présent comme le principal mis en cause, en l’occurrence Soulé Lawani, l’ancien ministre des Finances se retrouve bientôt devant la Haute Cour de justice. Une éventualité qui soulève moult interrogations : Comment l’ancien argentier  national a-t-il pu en arriver là sans éveiller le moindre soupçon de la part de celui dont il s’est montré le serviteur  exemplaire ? Le dossier pourra-t-il être conduit à son terme sans que chef n’en vienne à être éclaboussé par  quelques révélations embarrassantes  du principal accusé ? L’opinion nationale comprendra-t-elle la célérité avec laquelle le dossier CIC Palais des Congrès est traité au détriment des audits laissés en souffrance depuis 2006 ?
Sans épiloguer sur les faits reprochés à l’ancien argentier national dans la gestion du dossier CIC et Palais des Congrès, une question subsiste : Comment ce dernier a-t-il pu commettre tant de légèretés sans éveiller le moindre soupçon de la part de celui dont il s’est de tout temps montré le serviteur zélé ? Comme le chef, il est sorti de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), une institution dont il a eu longtemps en charge la gestion de la comptabilité. Outre cette référence en béton,  nombreux sont les Béninois qui savent  qu’en plus des relations professionnelles, des considérations familiales ont pesé dans le choix opéré en son temps par Boni  Yayi. Autant de choses qui montrent bien que les relations entre les deux fonctionnaires de la BCEAO dépassent  bien le périmètre des accointances politiques. Par ailleurs,   M. Lawani est resté en fonction pendant près de deux années. Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que les amis d’hier en viennent à étaler leurs querelles sur la place publique ? On imagine bien qu’au-delà du procès de Lawani, c’est bien du procès du changement qu’il va être question. Un procès qu’i ne se fera sans mettre le chef en difficulté.
Les adversaires politiques de Yayi, et  c’est de bonne guerre, ne se priveront pas d’exploiter  à fond cette nouvelle  lézarde du système, eux qui, en novembre 2008 à Bohicon,  clamaient déjà  que le moment était venu de changer de chauffeur !

Hénoc ADE
Journal NOUVELLE EXPRESSION 09/07/09
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Publié dans Politique nationale

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