Dossier Cen-Sad: La liste des autres ministres à limoger
La décision de limogeage provisoire pour raison d’enquête, du ministre François Noudégbèssi, dans le cadre de l’épineux dossier « Cen-Sad, Cic et Palais des Congrès », quoique salutaire, se révèle insignifiant devant l’implication éminemment évidente de nombres de ces collègues. Pour prouver sa bonne foi, Boni Yayi devrait aller loin afin de montrer de bons exemples à la jeunesse en quête de model africain.Les conseils des ministres du 03 et 10 juillet dernier ont formulé dans un clair-obscur gigantesque les responsabilités de nombres de « cadres professionnels dans la prise de décisions unilatérales » du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat en parfaite symbiose avec les ministres Lawani et Noudégbèssi. Bien que la responsabilité du dernier, reste encore à être officiellement établie dans l’affaire, grâce à une nouvelle commission dite « neutre », montée de facto par l’Exécutif le 10 juillet dernier, il est un secret de polichinelle, qu’en tant que cadre coiffant le département regorgé de cadres dénotant d’une incompétence notoire, Noudégbèssi devrait honnêtement se tailler une grande part d’irresponsabilité. Mais l’implication des ministres Noudégbèssi et Lawani adoubée de quelques lampistes acquis à leurs causes, n’est rien d’autres que l’arbre qui cache la grande forêt. Qu’il vous souvienne que le communiqué final issu du conseil des ministres du 03 juillet dernier, avait clairement stipulé que les travaux de bitumage de la liaison Aéroport-Place du Souvenir-Carrefour Air Afrique et ceux de l’extension du parking de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cadjèhoun ont entre autres donné lieu à des irrégularités et des erreurs lors de la procédure d’attribution de certains marchés avec une opacité rocambolesque moulée dans des procédures archaïques de gré à gré effectuées en violation des dispositions du Code des marchés publics. Lorsqu’on sait que le ministre en charge des travaux publics d’alors se nomme Armand Zinzindohoué, l’on se demande pourquoi ce dernier continue encore de siéger au sein du gouvernement du Changement. Ce dernier osera t-il encore décliner sa responsabilité ? L’autre indice d’analyse à ne surtout pas omettre, se trouve être la longue liste d’exonérations exagérées accordées à de sociétés non concernées et qui rentrent dans le cadre des privilèges institués dans le cadre de l’organisation du sommet de la Cen-Sad. On y dénombre également la collusion d’entreprises et le simulacre de consultation visant à fausser les règles de la concurrence, la pratique de prix excessifs révélés par une contre expertise commanditée par l’Inspection Générale d’Etat, tous se révélant être du ressort du ministre en charge du commerce. Mais il se trouve que le ministre en charge de ce département, M. Grégoire Akofodji, continue de faire valoir « ses compétences » dans le gouvernement du Changement. Qui veut tromper qui ? Et qui veut moraliser qui ? La fameuse marche contre la corruption initiée par le président du Changement, se révèle être de faux bruits, orchestrés pour tromper la vigilance du peuple. Sinon comment peut-on expliquer que toutes ces irrégularités ont été perpétrées dans un Etat du Changement, où fonctionnent toutes les institutions, à compter de celles ministérielles. Si tant est que le président de la République a à cœur la « prospérité partagée » et la lutte sans merci contre les pilleurs de l’économie nationale, il se devrait de remercier tous les membres de son entourage qui détiennent la moindre part de responsabilité dans le « Cen-Sad Gate ». S’il existe encore un élément très pertinent à inspecter dans cette affaire, c’est bien la manière dont les fonds nécessaires ont été décaissés. Et le Béninois averti, sait que cela n’incombe qu’à la charge du trésor public qui, lors des faits, avait été géré par l’actuel ministre de l’Enseignement Primaire et Secondaire, Félicien Chabi Zacharie. Ce dernier qui, en trois ans seulement, aura été directeur général du Trésor public, député et enfin ministre. Encore que selon des indiscrétions, il aurait toujours été l’un des bailleurs de fonds de l’alliance des Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pour l’organisation des marches de soutiens tout azimut, de ces pléthores de meetings et lors des dernières élections législatives et municipales. Si le Président Boni Yayi veut réellement prouver au peuple sa volonté révolue de maintenir une atmosphère saine autour de lui, véritable pivot d’un développement équitable, il faille donc qu’il se débarrasse de ses trois ministres qui se doivent de reconnaitre leur part de responsabilité dans cette ultime affaire. Bien que cette liste de ministres risque de se voir allongée les jours à venir, à l’occasion du levé du black-out autour de la gestion d’autres dossiers dont notamment celui de la Sonapra.
Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN 15/07/09
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