Gaston Zossou à propos des erreurs du régime Yayi : « Nous avons 20 mois pour faire partir l’équipe actuelle »
L’ancien Ministre en charge de la Communication sous le Général Mathieu Kérékou, M. Gaston Zossou était l’invité de l’émission « Zone France » de Canal 3 hier dimanche 19 juillet 2009. Pour lui, l’effet de l’anesthésie inoculée par le régime de Boni Yayi en 2006 est passé. Et face au niveau de déchéance atteint, il n’est plus possible de se taire pour les 20 mois qui restent et qui leur permettront de faire partir les actuels dirigeants qui n’auraient pas comblé les attentes.« Nous avons atteint un nouveau de déchéance et il ne nous est plus possible de nous taire » a laissé entendre M. Gaston Zossou qui pourtant avait appelé à voter pour le Président Boni Yayi en 2006. Dans ses développements hier, il a montré l’état d’un homme déçu d’un régime de qui on ne peut plus rien attendre. Reconnaissant que la gestion du pouvoir n’est pas facile, il a tout de même fait remarquer que le pas est franchi et que l’espoir n’est plus possible. Il a déclaré qu’aujourd’hui on s’est rendu compte que le vocable changement était pour endormir le peuple. Et maintenant qu’on sait tout, après l’injonction des partenaires qui ont poussé le gouvernement à publier une partie des enquêtes, il faut réagir. M. Zossou a déclaré qu’il n’a pas à maudire les actuels dirigeants, mais il a fait constater qu’ « on nous a fait accoster à la première escale visible d’une grosse corruption ». Et pour lui, il n’y a rien qui rapproche le régime de Mathieu Kérékou de la démesure qu’on impose aux Béninois. Ce qui reste à faire, selon lui, est de se faire entendre partout et de façon constante à tous les Béninois pendant les 20 mois qui restent pour le régime Yayi. Car, il souhaite avec beaucoup d’autres, le départ des actuels dirigeants pour arrêter la saignée. Et puisque la politique n’est pas une poésie, il est désormais avec les forces coalisées sous pour la dénomination « Union pour la nation ». Et il s’engage à demander de voter pour le candidat de ce groupe quel qu’il soit. « J’ai décidé de m’encrer dans l’opposition qui veut la fin constitutionnelle de l’équipe actuelle dans 20 mois » a-t-il déclaré pour préciser sa position politique désormais. Il s’est associé aux acteurs les plus significatifs de la classe politique actuelle pour mettre fin à la dérive financière, car « aujourd’hui, l’argent est la seule divinité accostée à notre panthéon » a dit Gaston Zossou. Il a déploré beaucoup de comportements du régime actuel au plan de la gouvernance ou la charrue est mise souvent devant les bœufs. La politisation de l’administration, les élans et propos régionalistes, les contrats qui embrigadent la presse, les infrastructures réalisées à des sommes faramineuses sont autant de comportements que déplore le Ministre Zossou. « C’était une grosse dose d’anesthésie que nous avons reçue. Maintenant l’effet est parti ». Et l’effet étant parti, il ne faudra plus se taire. Il faut quitter le piège dans lequel tout le monde est tombé en 2006 semble dire le ministre Zossou. « Organiser le départ des braves gens qui nous dirigent est un acte de salubrité ». Car, il faut préserver le Bénin, et ne pas lui faire courir le risque de l’éclatement.
On peut ainsi conclure que l’ancien Ministre Gaston Zossou est retourné sur la scène politique de fort belle manière. Visiblement, malgré le long silence dans lequel il s’est emmuré depuis son départ des affaires, il n’a rien perdu de son tonus et, surtout, de la force verbale qu’on lui connaissait en tant que porte-parole sous le gouvernement Kérékou.
Guy Constant Ehoumi
Journal LA PRESSE DU JOUR 20/07/09
Publicité