Sacré Zo Gang face à des journalistes approximatifs
Il était donc là dimanche dernier à 21heures pile, sur l’émission Spéciale Zone Franche de la chaîne de télévision Canal 3. De son 1 mètre 90, il dominait- au propre comme au figuré- et même assis, le studio et les trois journalistes qui se sont succédés pour lui poser des questions. Après quatre ans de silence, l’ancien ministre de la Communication du président Kérékou n’a rien perdu de sa superbe. Une fois encore, il a excellé dans l’exercice qu’il maîtrise le mieux : parler. Pendant, deux heures, Gaston Zossou a parlé. Pas Gaston la Gaffe. Mais Zo Gang comme l’ont surnommé les journalistes au moment où, du pupitre du ministère de la Communication, il défendait bec et ongles, ses collègues du gouvernement et surtout son chef Mathieu Kérékou. Avec toute la verve qu’on lui connaît. Le ton toujours mesuré et direct. La même rhétorique et dans la même dialectique. Sauf qu’il est aujourd’hui de l’autre côté de la barrière. Ce n’est plus le ministre qui répond « aux amis d’en face ». Maintenant, c’est l’opposant qui après avoir compris que le Changement était un leurre, a ouvert les yeux pour demander « aux braves gens » qui nous dirigent qu’il y en a marre. Pour lui, ce n’est pas parce qu’on a plongé dans la mer à la recherche de perles et qu’on a perdu une fois, qu’il faut renoncer. Il faut replonger. Mais attention ! Il ne faut pas ramener des cauris. Encore moins des cauris verts. Attention également à la révolution verte qui a mis la charrue avant les bœufs. Le scandale de la réfection du Palais des Congrès et du Centre international de conférences de Cotonou n’est que l’arbre qui cache la forêt, a-t-il également indiqué. Le départ de Boni Yayi en 2011 est « une œuvre de salubrité citoyenne ».Bien ancré dans l’opposition, son candidat sera celui de l’Union fait la Nation. Pendant les 24 mois restant au régime du Changement le porte-parole du gouvernement Victor Tokpanou aura fort à faire. Comme le dise vulgairement les Ivoiriens, il a « trouvé garçon ».L’émission du dimanche dernier était donc la bienvenue pour tous les Béninois aussi bien ceux qui l’aimaient que ceux qui le détestaient il y a encore quatre ans, qui voulaient encore entendre cette voix de M. Zossou. Sauf que plusieurs d’entre eux sont restés sur leur faim. Car si Zo Gang était à son aise, il a été souvent irrité et à juste titre, par des journalistes qui ne lui permettaient pas d’aller jusqu’au bout de sa logique. Ces journalistes comme s’ils étaient en mission lui arrachaient la parole empêchant les téléspectateurs d’assouvir leur soif. A vrai dire, l’émission a manqué de piquant à cause de ces trois journalistes qui sont passés complètement à côté de la plaque. Malick Gomina était approximatif. Il voulait défendre son groupe de presse dans le dossier des contrats avec le gouvernement comme si le commun des mortels n’était pas au courant des dessous de ces fameux contrats. Il a semblé oublié que si, sa chaîne de télévision a commencé à recevoir des membres de l’opposition, c’est à partir du moment où le régime du Changement a commencé à chercher les poux sur la tête rasée de son patron Saley et les membres du groupe auquel il appartient : le G13. Abib Koukoubou, quant à lui n’avait carrément pas préparé l’émission. Parfois il semblait être ailleurs, revenant sur des questions auxquelles son interlocuteur avait déjà répondu. Peut-être a-t-il la comprenette difficile. Mais ce qui est surprenant à propos de ce jeune garçon, c’est son acharnement à arracher des noms à son invité. Peut-être voulait-t-il en tirer un honneur personnel. Fiacre Vidjinnangni enfin, toujours imbu de lui-même, ne savait même pas ce qu’il était venu chercher sur le plateau. Pendant plus d’1heure 45 mn que durait l’émission et au moment il était encore dans les coulisses, il n’a pas pu trouver des failles dans les propos de Zo Gang afin de lui poser des questions pertinentes. Il a préféré parler de lui-même et de l’interview que Zo Gang lui a accordée au moment où il était à l’Afp, interview dont son interlocuteur ne se souvient même pas. Et il a également parlé transfèrement sans poser véritablement une question. Si bien que Zo Gang ne savait même pas quelle réponse lui donner. Bref, il faut reconnaître que sur l’ensemble de l’émission du dimanche dernier, Zo Gang a pris le meilleur sur nos fameux journalistes. Mais il n’est pas encore trop tard. Ils sont encore jeunes pour apprendre. Paroles de Grand Frère.Boubacar BONI BIAO
Journal 24 HEURES AU BENIN 21/07/09
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