Gestion du dossier Cen-Sad : Eviter d’anéantir les promoteurs immobiliers
Le débat au sujet du dossier Cen-Sad semble gagner profondément le milieu des centrales syndicales décidées à ne plus se laisser faire. C’est une détermination à saluer. Seulement, il convient de veiller à ce que cet élan collectif anéantisse les promoteurs immobiliers qui se sont beaucoup investis pour la réussite du 10è sommet de la Cen-Sad.Eviter de mettre entre parenthèse la promotion immobilière ! Cela devient un impératif à voir la manière dont se mène le débat au sujet du dossier Cen-Sad. Le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour éviter le piège de ceux qui veulent profiter de la situation pour régler des comptes avec nos promoteurs immobiliers. En effet, il n’est plus un secret pour personne qu’en matière de promotion immobilière, le Bénin est vraiment en retard par rapport à certains pays comme la Côte-d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina et même le Togo. Il a fallu le sommet de la Cen-Sad de Cotonou pour voir nos dirigeants s’engager dans une véritable politique immobilière. C’est dire qu’il s’agit là d’une nouvelle option. Pourtant, pour qui sait voir, les résultats se passent de commentaire. Cotonou a amélioré son image au point où l’étranger qui y met pied a du mal à s’expliquer comment une telle révolution à pu s’opérer en un temps aussi record. Ce miracle, nous le devons aux promoteurs immobiliers qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que nos hôtes gardent un bon souvenir du sommet de Cotonou. Depuis la fin du sommet ou a constaté que l’insécurité a, à nouveau, monté en intensité. C’est dire que d’une manière ou d’une autre, ils ont contribué à régler le problème de chômage. Mieux, ces villas construites dans des conditions particulièrement difficiles ornent le littoral du Bénin et ont permis de résoudre l’épineux problème d’insécurité qui régnait au niveau des plages de Cotonou. La question de surfacturation évoquée par l’Ige et reprise par le gouvernement pour accuser les promoteurs immobiliers tombe d’elle-même.
Pour tenir dans le délai qui leur a été imparti, certains promoteurs immobiliers étaient obligés de sous-traiter avec d’autres entreprises. Ce qui a naturellement engendré des surcoûts. Dans la convention signée avec l’Etat, une clause prévoit que « si à la date du 31 mai 2008 les villas ne sont pas livrées par l’investisseur, l’Etat béninois procèdera à l’annulation de la vente des parcelles sauf en cas de force majeure (guerre, grève, tremblement de terre…). Dans ces conditions, les promoteurs avaient-ils d’autres marges de manœuvre ? Certainement non. Le point sur lequel le gouvernement semble livrer aujourd’hui les promoteurs immobiliers à la vindicte du peuple est celui du prix des villas après les facilités qui leur ont été accordées (exonérations des taxes de douane et d’impôts, acquisition des domaines …).
Si le gouvernement paraît être fondé dans ce sens, il convient toutefois de dire qu’il y a économie de vérité. Sur chaque villa vendue, l’Etat béninois perçoit 8%. Des taxes supplémentaires sont aussi perçues en cas de mutation. Mieux, toutes les fois que le gouvernement aura à organiser des sommets, les promoteurs s’engagent à mettre à sa disposition les villas encore disponibles pour héberger les hôtes de marque et ceci, durant un an. Pourquoi veut-on alors les présenter pour des délinquants économiques et fiscaux ? Plutôt que de diaboliser ceux qui l’ont aidé à ne pas manger la honte, le gouvernement du Dr Boni Yayi ferait mieux de respecter son engagement : celui de décorer les entreprises qui sont intervenus sur les différents chantiers Cen-Sad dont les travaux ont été livrés dans le délai.
Euloge Badou
Journal LA PRESSE DU JOUR 22/07/09
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