La motion commune des syndicats et centrales syndicales

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

La Cstb, Cosi, Csa-Bénin, Fesyntra-Finaces, Cgtb et Unstb devraient à l’issue de la marche interdite hier, lire une motion de protestation adressée au ministre des finances et de l’économie. Lire ci-après l’intégralité de ladite motion.
« La situation sociopolitique nationale traverse actuellement une crise multidimensionnelle devenue chaque jour plus aiguë. Mais, ce qui est aussi connu, c’est que le Gouvernement de notre pays s’acharne à noyer les travailleurs et les populations des villages et des quartiers de ville dans les effets meurtriers de cette crise pour sauver le  capital financier dont il a la garde et la défense. En examinant les mesures que ce pouvoir du capital financier préconise,  on se rend à l’évidence, une fois de plus, qu’il est loin de se préoccuper du sort des travailleurs et des peuples de notre patrie.
1- Ainsi, par exemple, les attaques contre les différents acquis des travailleurs: primes diverses notamment les primes de motivations pour le secteur de la Santé et de l’Education, les primes de risque à la Santé qui permettent d’arrondir leurs maigres salaires, la non prise en compte à la retraite des 25% d’augmentation des salaires des enseignants, l’attaque au droit de grève des douaniers par la décision du Gouvernement de les reverser dans le corps des Forces Armées Béninoises, les interdictions fréquentes de marches jugées subversives parce que ne soutenant pas le pouvoir;
2- De même, au lieu de publier les résultats des audits de la Sbee- Soneb et de faire rendre gorge aux pilleurs et aux voleurs des biens connus, le Gouvernement s’entête à augmenter les prix d’électricité et d’eau et à privatiser la Sbee-Soneb. Il en est de même de la Sonacop et des autres Sociétés pétrolières, où en deux mois le prix de l’essence à la pompe, est passé de 350F à 455F, soit une augmentation de 30% contre un pouvoir d’achat stationnaire des citoyens qui continue de s’effriter de façon exponentielle avec l’indifférence totale de nos gouvernants.
3- En lieu et place des mesures réelles d’assainissement de la gestion des entreprises mises en difficulté, le Gouvernement préfère les brader comme pour honorer un engagement déjà pris devant les bailleurs et autres puissances impérialistes. Ainsi Bénin- Télécom SA, Sbee-Soneb, le Pac, la Sobemap.
En tout état de cause, la marche aura bien lieu ce jour pour que les pilleurs ne continuent point de :
- Privatiser nos Entreprises;
- Nous appauvrir en augmentant les prix ;
- Hypothéquer l’avenir de notre pays en abêtissant nos enfants. »

Journal LA NOUVELLE TRIBUNE  22/07/09

Yayi enterre la démocratie béninoise
Le chef de l’Etat a franchi le rubicond. Il l’a dit et il l’a fait. Cette interdiction de la marche pacifique des centrales syndicales hier par le gouvernement du président Boni Yayi est un précédent grave pour les libertés publiques, base de la démocratie béninoise.
C’est dire que le Changement a détruit déjà les substances de l’Etat de droit au Bénin. Donc, les résolutions de la conférence nationale de février 1990 partent en fumée à cause des dérives de ceux qui dirigent le pays aujourd’hui. Feu Monseigneur Isidore de Souza, dans sa tombe, serait en train de se retourner mille fois contre ce qui se passe actuellement dans son Bénin, pays qu’il a laissé à ses descendants. Si le président Boni était à a conférence nationale, il n’aurait pas ses attitudes dictatoriales.
Au départ, personne ne pouvait penser un instant que le régime en place pouvait venir jusqu’à cette extrémité. Dès sa prise de fonction, le président Boni Yayi montrait quelques pas de danse de la dictature. Il commence par déclarer publiquement que son pouvoir est d’essence divine et que quiconque qui veut s’opposer à cela aurait péché contre la nature. C’était au centre de conférences de Cotonou, quelques mois après son arrivée au pouvoir, lors de ses prises de contacts avec les syndicalistes. Un douanier présent dans la salle, choqué par les propos de son président, s’est levé et s’écria : « Non, monsieur le président, vous êtes un dictateur ». Le chef de l’Etat, énervé, cria : « Tais-toi, là-bas ! Sortez-le ! ». Beaucoup avaient pris ce douanier pour un malade mental. De jour en jour, les propos de ce dernier se confirment. Quelques semaines plus tard, à la présidence de la République, le chef de l’Etat déclara à un groupe de travailleurs qui menaçait d'aller en grève ceci : « Après Dieu, c’est moi au Bénin ». Cette déclaration avait fait beaucoup de bruits à l’époque. Le gouvernement a trouvé la formule qu’il faut pour apaiser les cœurs. On pensait que le pouvoir en place allait tirer leçons de cette situation pour se corriger. Erreur ! Certains Béninois, membres des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), organisent des marches de soutien, un peu partout dans le pays, pour montrer que l’actuel locataire de la Marina est venu du ciel pour sauver le peuple béninois.
En chantant ses louanges tous les jours, ils ont fini par le pousser plus sur le terrain de la dictature, parce qu’il croit certainement que ses actions sont soutenues par le peuple. L’histoire du monde contemporain a montré que les dictateurs ne sont pas ce qu’ils sont du jour au lendemain. Hitler, Moussolini, Staline, Eyadéma, Mobutu et consorts, au départ, étaient appréciés. Les expressions comme « père de la nation », « le grand timonier » rendent dictateurs les chefs d’Etat. Devenus plus forts, ils se retournent contre le peuple après. Ensuite, ils marchent sur les lois, la classe politique. Ainsi, ils prennent goût au pouvoir et s’y accrochent. Dès lors, le président Boni Yayi est sur la droite ligne de la dictature contraire aux principes démocratiques. Ainsi, l’Etat de droit a pris un coup. L’heure d'un "sauve-qui-peut" qui a sonné maintenant.

Journal LA NOUVELLE TRIBUNE  22/07/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article