Actualité nationale: Chronique d’un Changement en agonie

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Les scandales politico-économiques qui jalonnent le règne du Changement ne doivent étonner que les naïfs. En effet, dès le 18 mars 2006, d’éminents barrons de la classe politique béninoise, dont notamment le Président Adrien Houngbédji, avaient pris le soin de crier haut et fort que le Changement n’était qu’un vrai marché de dupe. Peine perdue !!! Manipulés, les Béninois ont choisi de faire une nouvelle expérience de plus. A tort, ils pensaient que le banquier international allait déverser les billets de banque dans toutes les contrées du pays. Trois ans plus tard, le constat est amer. Retour sur une prise de position historique et visionnaire !!!
Trois ans après le Changement et surtout avec la tournure que les évènements ont pris dans notre pays, il est important de faire l’historique du régime du guide « éclairé » Boni Yayi. En réalité ce Changement, on le doit à un « illustre » homme du Bénin. C’est le vieux Professeur politicien Albert Tévoèdjrè, qui a été le premier à claquer la porte et est allé chercher le Général Mathieu Kérékou, qui n’avait rien demandé à personne.

Ce professeur a écrit un bouquin qui dénote sa conception du peuple béninois. « La pauvreté, richesse des peuples ». Il a tout dit dans ce titre. C’est comme pour interdire aux Béninois de se plaindre même s’ils meurent dans la pauvreté. Il n’a d’ailleurs pas manqué d’y inscrire que notre richesse sera la pauvreté. Il faut quand même être bon en quelque chose. C’est là où le leader du Prd, Me Adrien Houngbédji, répond dans son livre que ce sont les hommes qui produisent la richesse et qu’ils doivent en être les premiers bénéficiaires. Face à cette dialectique, si elle est bien expliquée au peuple, son choix ne réserve aucune surprise. Le professeur veut maintenir le peuple à genoux, pour continuer de sucer son sang, alors que, Adrien Houngbédji veut le mettre debout pour qu’il profite des bénéfices de son labeur. Comme dirait l’autre, l’argent est un bon valet mais un mauvais maître. Face à tout cet amalgame du Changement, il faut rester calme mais déterminés. Les fantômes ont désormais un visage : le Changement. Dans un sursaut national, il faille faire quelque chose pour que la démocratie béninoise ne se voie pas sacrifiée à l’hôtel de ce fameux Changement. Comme tout le monde le sait désormais, tous les vautours et toutes les sangsues de notre pays, d’hier et d’aujourd’hui, dans une conspiration monstre, ont décidé de s’abonner au « Changement Yayisé ». En réalité, le changement d’une situation n’a que deux issues : celle négative ou positive. Mais aujourd’hui, il est clair que le vert du Cauris, logo du candidat Boni Yayi lors des élections 2006, a déjà viré au rouge, symbole de danger. L’heure est grave car même les travailleurs béninois sont interdits de réagir.

C’est comme si tous les monstres du Changement avaient décidé, sans l’accord du peuple, de le condamner à la mendicité. Sinon comment peut-on expliquer que dans un pays où tous les produits de premières nécessités augmentent de prix à une vitesse vertigineuse, alors que les ministres et directeurs généraux du Changement s’en mettent pleins la poche, l’on ose interdire au peuple de marcher afin d’exprimer sa désapprobation. Ce que les valets du Changement trouvent mieux à faire, c’est de censurer tout mouvement qui critique sa démarche dite « participative ». C’est ce qui explique les interdictions des marches de protestations et le monopole prononcé des ondes de la Chaine Nationale, Ortb. C’est la preuve tangible que le Changement est en agonie. Ce qui rebelle encore plus, c’est l’existence d’une certaine presse, qui s’était transformée en griot du Changement. Et si, par malheur, « le roi Boni Yayi 1er, » triomphe aux échéances électorales prochaines, adieu la liberté d’expression au Bénin. La presse sera caporalisée à la solde des nouveaux maîtres du pays. Tous les hommes politiques béninois et tous les partis politiques qui ont appelé le peuple béninois à faire allégeance au guide du Changement, doivent faire acte de contrition à ce même peuple. Les décisions que prennent aujourd’hui cette nouvelle race de politiciens, mettent à néant toutes les politiques dans notre pays depuis la Conférence nationale historique de 1990. Toute cette race avoue aujourd’hui qu’elle n’était pas aux affaires pour le développement de notre pays. Car si ce n’était pas le cas, l’on n’aurait pas eu droit au « Cen-Sad Gate » et consorts. Ils ont dupé le peuple pour leurs seuls intérêts égoïstes et personnels. Pourquoi avaient-ils demandé le suffrage du malheureux peuple, depuis quinze ans, alors qu’ils attendaient leur messie. Ils avouent aujourd’hui que les partis politiques ne servent à rien.

Alors même que leur victime expiatoire n’a pas encore rendu l’âme, tous les charognards de notre pays s’invitent à un festin grandiose d’où est exclu le peuple. Des bottes achetées à près de 400 millions de francs Cfa dans des projets attribués de gré à gré qui violent les règles en la matière, des pléthores de missions invasives de ministres et directeurs généraux à des buts de campagne qui coutent lourdement au contribuable béninois, des sociétés publiques en cours de privation sauvage, on aura tout vu sous le règne du Changement. C’est apocalypse now ! Le réalisateur italien Felini n’avait pas tord lorsqu’il disait que « la fin du monde finit par un embouteillage ». C’est désormais l’embouteillage monstre au portillon du guide du Changement. Comment comprendre que des intellectuels, rompus à la connaissance et au savoir, justifient leur acte de contrition, par un seul mot : Changement. Si, en eux sommeille encore un quelconque honneur, on ne devrait plus jamais les revoir sur la scène politique béninoise. On ne devrait voir que des hommes neufs partout, en cas du sacre et au nom du Changement. Du gouvernement à l’Assemblée nationale. Des hommes neufs partout, tous acquis au Changement du guide du Changement ! Car faudrait-il le préciser, ce type de Changement est bien propre à Boni Yayi.

Comme le Général de Gaulle, en 1940, en France, le seul espoir du peuple béninois réside en la personne d’Adrien Houngbédji. C’est le seul Homme politique béninois qui a toujours assumé ses choix. C’est un moment historique que vit le Bénin. Cela donne l’image de ces mauvais étudiants, toujours au fond de la salle, arrivant toujours en retard et sortant toujours les premiers, qui jettent des avions en papier dans l’amphi pour perturber les bons étudiants alors que le conférencier fait son cours. Quand arrive l’heure de la distribution des prix, à la fin de l’année, ces mauvais élèves sont les premiers à donner des accolades aux lauréats. Comment peut-on être plus cancre ? Malheureusement, quelque soit son parcours, un cancre reste un cancre ! Quelle politique propose ce conglomérat d’intérêts divergents pour notre peuple ? Rien. Sinon que peut-on espérer d’une Commission nationale d’attribution de marchés, qui avait eu en son sein le directeur de l’une des sociétés adjudicataires en République du Bénin. Le catalogue de la Redoute que propose le guide du Changement à ses sujets, est désormais un chiffon. On prend les mêmes et on recommence. Nous sommes revenus en arrière, comme dans la période de 1960 à 1972 où, les hommes politiques, jaloux de leurs intérêts égoïstes, ont fini par plonger le Dahomey dans le grand noir. L’histoire du Danhomê nous poursuivrait-elle toujours ?

Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN  22/07/09
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Publié dans Politique nationale

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