Interdiction de la marche du Nep Mixalodo: Grave menace sur la liberté d’expression sous le Changement
C’est avec regret que les femmes militantes du Nep Mixalodo se sont retournées chez elles le samedi dernier alors qu’elles ont rallié le stade de l’Amitié par milliers pour battre le pavé et faire entendre au Changement leur mécontentement face à la cherté de la vie, à l’inondation, à l’augmentation récente des prix de l’eau, du courant électrique et des produits pétroliers. Alors que les responsables de cette formation politique ont rempli toutes les formalités inhérentes à cette marche de protestation contre la vie chère ; le préfet des départements Atlantique et Littoral a opté pour une interdiction de la marche sans justification.Le développement de l’actualité nationale ces derniers temps dominé entre autres par la confusion autour de l’attribution des fréquences de radios et télévisions aux promoteurs privés ; la tentative de blocage de la marche historique des leaders des G et F sur le ministère de la santé pour exiger du gouvernement le paiement des primes aux agents de santé afin de limiter les décès dans les centres de santé et le rocambolesque dossier Cen/sad, pousse à quelques réflexions. Les femmes du Nep Mixalodo n’ont-elles pas le droit comme tout le monde de dire haut et fort leur mécontentement ? Le préfet a-t-il pris seul cette décision ? Si oui, pourquoi a –t-il attendu le démarrage de ladite marche pour l’interdire ? Quand on sait que tous les jours qui passent, des marches sont organisées pour soutenir le Chef de l’Etat ou le remercier pour avoir nommé tel fils de telle localité et autres ont est en droit de se poser des questions. Mais pourquoi le préfet refuse t-il aux femmes d’un parti de l’opposition de marcher pour dire leur mécontentement ? Ce comportement du préfet n’est ni plus ni moins un retour aux périodes sombres de la révolution. Comme l’a su bien dire le vice- président de ce parti Séraphin Agbahoungbata, « le Changement ne veut pas entendre d’autres sons de cloche que le sien alors que le peuple s’est battu en 1990 pour l’avènement de la démocratie et du multipartisme au décès du parti unique avec pour corollaire, la liberté d’expression ». Mais le Changement s’efforce chaque jour de nous ramener vers le parti unique et le totalitarisme. Ce n’est pas pour rien que le classement de Reporter Sans Frontières n’est pas reluisant pour le Bénin ces dernières années.
Prince Koffi CHAOU
Journal 24 HEURES AU BENIN 22/07/09
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