Crise sociale et politico-économique au Bénin: La preuve que le médiateur de la République a du plomb dans les ailes

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Vue la gravité de l’atmosphère sociale et politico-économique et face à la l’imminence d’une mission conciliatrice de médiation, il faille donc que le Médiateur de la République sorte de son silence pour mériter la déduction dont il bénéficie du budget national. Mais que pourra faire une institution qui a à sa tête un homme politique qui traine derrière lui une carrière politique embarrassante pour l’institution qu’il dirige ?
Depuis l’avènement du « Cen-sad Gate » qui est venu empirer l’atmosphère sociopolitique, en République du Bénin, on observe un durcissement des positions des barrons de la politique béninoise. L’aggravation de cette morosité sociopolitique ajoutée à celle économique, réside dans le fait que le Béninois de rue voit le « capital confiance » délivré au Changement en 2006, gaspiller à des fins inavouées. Alors que le dialogue politique amorcé par les ténors de la classe politique béninoise s’est déjà trouvé museler face à la volonté boulimique du président de la République, ce dernier n’a fait qu’aggraver la situation en faisant avorté une marche des syndicalistes, représentants de la classe ouvrière et véritable fourmilière. Dans une situation pareille, il urge qu’une voix neutre, se lève et tente de réconcilier le gouvernement avec ses gouvernés. C’est dans cet ordre d’idées que devrait s’inscrire le Médiateur de la République. Il est un secret de polichinelle que la loi légalisant les missions de cette institution, a été finalement votée le 14 juillet dernier. Le Professeur Albert Tévoèdjrè, aurait voulu que son institution qui fonctionnait sans budget, obtienne enfin une autonomie financière. Mais, c’est sans compter sur les députés qui n’ont fait que lui concéder de pouvoir instruire ses dépenses annuelles au budget national. Considérant le fait que la Médiature de la République, en tant qu’institution à visé conciliatrice et impartiale, se trouve déjà tributaire du budget national, il faille donc qu’elle fasse un effort pour mériter son existence. Mais c’est une peine perdue lorsqu’elle est actuellement gérée par le Professeur Albert Tévoèdjrè, un vétéran de la politique béninoise qui traine derrière lui une carrière politique très embarrassante marquée par ses déboires avec nombres de poids lourds de la classe politique béninoise. Encore qu’il est très difficile de concevoir que cet homme politique béninois puisse être encore accepté dans son propre camp politique, du moment où son inefficacité à rassembler des foules derrière lui est mise en mal à cause de son impopularité de plus en plus croissante. Qu’il vous souvienne que le Professeur Tévoédjrè fait partie des pièces maîtresses de l’avènement d’un Changement qui s’est déjà mis à nu à travers les évènements qui animent l’actualité nationale actuelle. Ainsi pour cause de promesse électorale non tenue, Albert Tévoédjrè, se trouve dans un état de discrédit total. Dans cet amalgame irrépressible, sa mission s’avère impossible. Qu’il vous souvienne que lors de la plénière du 14 juillet dernier, à l’hémicycle, des voix s’étaient élevées pour savoir si l’actuel Médiateur, jouira de la prolongation de son mandat ou s’il va tout simplement reprendre à zéro son mandat une fois que cette loi sera mise en vigueur. Mais, conscient de son passé politique embarrassant, l’ombre du Médiateur s’avère aller à l’entrave de la mission confiée à cette nouvelle institution. Car, il ne faudrait pas créer une institution pour que cela devienne la propriété personnelle d’une seule et unique personne, pour ainsi dire comme la présidente-honorable Rosine Vieyra Soglo, lors de la plénière du 14 juillet dernier. Il faille donc, compte tenue de l’imminence de la situation, que le Président de la République, nomme carrément un autre Médiateur, vu neutre par la majorité de la classe politique béninoise, et qui peut se vanter d’être au-dessus de la mêlée. La morosité et la précarité financière dont jouit le Bénin d’aujourd’hui, sous l’ère du Changement, impose à ce qu’il n’y ait plus une autre institution budgétivore de plus.

Eugène Sènou Loko
Journal 24 HEURES AU BENIN  23/07/09
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Publié dans Politique nationale

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