Avènement du changement : Véritable hypocrisie politique et le bouleversement des consciences
Le développement d’une nation passetoujours par la paix, une philosophie commune. Cela suppose des défis communs, le partage d’une culture commune de progrès permanent, le travail en équipe, l’échange du savoir faire, technique et managérial. Aussi doit-on imposer des structures orientées vers des visions qui seront déclinées en projets pour être réalisés, et le partage de l’information. Cette logique a amené les béninois à, dans leur grande majorité, porter au pouvoir le candidat indépendant Boni Yayi qui prônait une nouvelle donne politique et surtout, une gestion transparente. Or que, l’air ne fait pas la chanson. Car, très tôt, cette politique a sombré dans la propagande et l’amateurisme. Dès son arrivée au pouvoir, le chef de l’Etat et ses collaborateurs ont jugé opportun de mettre en veilleuse la véritable classe politique en ayant sur la conscience qu’ils ne peuvent rien faire sans elle. ’’C’est à l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle’’ dit-on. En outre, Dale Carnegie n’a-t-il pas affirmé dans son ouvrage ’’Comment se faire des amis ?’’ que, citation :’’tout homme m’est supérieur en quelque chose et je dois m’instruire auprès de lui’’ ? C’est pour nous rappeler que nous avons besoin des uns et des autres pour construire notre pays. Mais, ce n’est pas le cas avec le régime dit du changement. Car, depuis trois ans, ce régime renie les principes de notre devise ’’fraternité, justice, travail’’ puisqu’il divise pour régner, l’injustice s’érige en règle, et il y a, l’augmentation régulière du chômage quelles que soient les politiques utilisées pour l’endiguer. Ce sont des actes qui sont contraires à l’idéal d’humanité et de justice.En vue de cela, tous les secteurs sont paralysés. Dans le secteur de la santé par exemple, la situation est insaisissable parce que,après l’échec des négociations,le pouvoir paraît incapable de résoudre la crise qui semble se révéler sociale. Et, pour s’en laver les mains, le président sacrifie son ministre des finances et de l’économie, Mana Lawani. Limogeage que le ministre Victor Tokpanou a tenté d’expliquer, comme un beau diable dans l’eau bénite parce que manquant d’arguments. Lui, qui était en son temps, secrétaire général du gouvernement et de surcroît ayant ampliation des arrêtés interministériels dit ignorer l’arrêté du 28-04- 2008. C ’est trop gros pour être vrai. Il fait tout cela parce qu’il se sent renforcé car, il a saisi l’occasion pour régler ses propres comptes avec le ministre limogé avec qui il discute le même électorat. Ce limogeage et le défilé de trois ministres en trois jours à la tête du même ministère, sensible de par son importance et incontournable pour le décollage de notre économie, nous laissent perplexes et renforcent notre inquiétude quant au cafouillage au sommet de l’Etat. Il serait raisonnable de donner raison au président Adrien Houngbédji de nous avoir mis en garde quand il parlait déjà de la navigation à vue et de la précipitation dans la prise des décisions du régime actuel. Evoquons aussi leservice militaire par rapport auquel il émis de réserve et qui déjà nous fait récolter des conséquences insupportables ’’Ceux qui avancent précipitamment reculent trop vite’’ nous a portant enseigné Moncius. C’est ce que nous vivons actuellement. De fait, tout cela est aussi dû au fait que le chef de l’Etat ne connaît pas ses collaborateurs. Pour ce faire, le président Bruno Amoussou voudrait que,nos dirigeants, si nous voulons vraiment émerger, Soient des produits des formations politiques pour que, une fois au pouvoir, ils puissent respecter le principe : ’’l’homme qu’il faut à la place qu’il faut’’, parce que ayant milité avec leurs camarades et connaissant leur capacité d’action et enfin, être en mesure de régler la question politique, socle de tout développement. En revanche, pour atteindre son objectif, le pouvoir joue sur le sens des mots tels que changement, émergence, gratuité, d’où l’hypocrisie politique car, en réalité, rien ne change, au contraire c’est la politique du pire, nous ne pouvons pas parler de l’émergence parce que notre pays ne réunit pas les conditions des pays émergents. Nul n’est besoin d’être économiste avant de savoir que la gratuité conduit au gaspillage encore que rien n’est gratuit.
Quant à la corruption, elle est traitée dans la rubrique des faits divers alors qu’elle s’empire et ruine notre économie. Cela doit inquiéter. Les tentatives pour instaurer un ordre économique sont peu fructueuses. Les projets réformateurs sont inadaptés et montrent leurs limites. En réalité, ils sont lancés non en fonction de leur utilité, mais pour engendrer des commissions. Dès lors, en agriculture, l’Etat devait s’inspirer de l’échec de l’opération ’’ministres aux champs’’ des années 60 avant l’envoi des ministres à la recherche des terres et aussi, avant l’achat des tracteurs et des déssoucheuses. Mais ce ne fut pas le cas. Or, déjà, les paysans se plaignent, non seulement de la priorité donnée aux machines, mais aussi, parce que leurs avis n’ont pas été recueillis avant le démarrage de l’opération qui, sans le risque de se tromper, est vouée à l’échec.
Permettez-moi d’attirer notre attention sur la misère qui caractérise nos débats politiques, au cours desquels, les collaborateurs du chef de l’Etat versent dans des invectives de tout acabit, vilipendent la véritable classe politique, défendent à tort ou à raison la vision du changement. Il faut faire du bruit, insulter ses anciens alliés pour être casé. C’est la règle du jeu du changement. Par conséquent, on peut aussi interpréter le changement comme le désaccord total entre les leaders politiques et les hommes du changement dits hommes neufs. Le ministre Lani Davo, le candidat malheureux des élections législatives et celles communales et locales Candide Azannai en sont des exemples probants. Mais, le fait qu’ils ne soient pas souvent rappelés à l’ordre par le chef de l’Etat nous donne l’impression qu’il consent. Aujourd’hui, la parole n’est plus à la contradiction. C’est le lieu de rendre un vibrant hommage au président Mathieu Kérékou et à tous ses anciens collaborateurs qui, accablés d’injures aujourd’hui, ont pourtant su travailler pour la préservation de la cohésion nationale. Pour être de bons disciples, certains collaborateurs du chef de l’Etat se sont spécialisés dans les effets d’annonce. A titre d’illustration, la présentation du rapport du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) où le besoin exprimé par le Bénin en des milliards fut considérée comme un acquis. Aussi le chef de l’Etat n’éprouverait-il pas le désir ardent de contrôler toutes les institutions, si nous nous référons à l’affaire PADME, la nomination de forcé de Julien Akpaki comme Directeur Général de l’ORTB. C’est normal que ce dernier vienne à la télé dire qu’il ne veut pas diffuser le débat de l’honorable Saka Fikara, mais par contre, est d’avis qu’on diffuse même en publi-reportage la tournée de l’honorable Rachidi Gbadamassi qui tient des propos régionalistes : Yayi va tomber, Tchané va tomber et ils vont prendre le pouvoir, et enterre aussi des partis politiques. Je voudrais bien connaître la nature des propos de l’honorable Gbadamassi s’il traître ceux de l’honorable Saka Fikara de régionalistes pour ne pas diffuser son débat sur la chaîne nationale. A juste titre, rappelons qu’il y a des conseils communaux qui ne sont pas installés parce que n’étant pas favorables au pouvoir. Cependant, on nous chante que le chef de l’Etat n’a pas de parti alors que nous nous rappelons encore qu’il a reçu uniquement des conseillers FCBE au Palais. Chers messieurs cauristes et changistes émergents, servez-nous d’autres arguments car ceux que vous nous avez servis jusque-là ne sont pas valables au Bénin. Vu tout cela, on a peur que les élections de 2011 n’aient lieu ou aient lieu dans la violence. En effet, soyons vigilants.
En économie, il faut éviter les doubles emplois dit-on, c’est-à-dire éviter de créer des institutions qui ont les mêmes attributions. Mais le régime dit du changement semble l’ignorer. Sinon, comment comprendre que pendant que nous parlons de la décentralisation, avec des communes ou des mairies, on nomme certaines personnes à la tête de certaines villes pour leur réhabilitation ? C’est le cas de Maxime Houédjissin, Ataou Soufiano et j’en passe. Qu’ont-il réellement fait depuis qu’ils sont nommés ? En réalité, sous le régime dit du changement, beaucoup de travaux sont effectués sans études préalables. J’en veux pour preuve, les milliards jetés dans la filière coton, dans l’énergie électrique n’ont rien donné. C’est aussi le changement. Par ailleurs, les directeurs de cabinet seraient imposés aux ministres par le chef de l’Etat dans le but de tout contrôler en empêchant ces derniers de faire preuve de créativité et d’innovation. Ainsi, tout le monde peut être ministre aujourd’hui. Car, les ministres du changement ne trouvent plus rien à faire que de couvrir d’éloges le chef de l’Etat. Ils honorent son nom au point de le canoniser. Les phrases telles que ’’c’est pour la première fois qu’on a fait ceci ou cela’’, ’’les régimes précédents n’ont rien fait’’ témoignent de l’impuissance, de la fragilité intellectuelle et politique des changistes. Toute action du chef de l’Etat est considérée comme une grâce divine ou un fait nouveau. Nous avons voté le changement et non le régime de comparaison. Du coup, nous nous retrouvons en état de choc. Face au gaspillage, à l’improvisation, à l’intolérance politique, à l’intimidation, au verrouillage des institutions... des grandes interrogations bousculent notre société, car ces actes revisitent l’histoire de la révolution. De plus, les micro-crédits sont devenus des micro-campagnes. Pour cela, levons-nous comme un seul homme pour mettre fin à ces dérives pour que le Bénin ne devienne pas un champ de bataille comme ce fut le cas au Togo, en Côte d’ivoire ... C’est ce que tentent de faire les leaders politiques, conscients du danger qui guette notre pays. Et aussi on nous parle de prospérité partagée alors que le système mis en place par le régime est tel que les membres du gouvernement sont riches et les populations restent pauvres. Si on est dans un trou, la première chose à faire pour s’en sortir est de cesser de creuser, disent les americains. Le gouvernement a enfin, par l’entremise du ministre garde des sceaux et porte parole,publié, suite au conseil des ministres du 03 juillet l’audit de la gestion qui est faite des fonds alloués à la tenue de la Cen-Sad dans notre pays. Ce qui est louable de la part du chef de l’Etat, car, il a semblé tenir parole si nous nous référons à sa recommandation d’obligation de résultats et de rendre compte. De fait, l’audit a été fait pour satisfaire les partenaires au développement et financiers qui veulent voir clair dans la gestion des fonds qu’ils nous donnent. Dès lors qu’il y a malversations financières le régime dit du changement décline encore une fois toute responsabilité en trouvant encore l’idéal et éternel bouc émissaire l’ex ministre des finances et de l’économie, qui est devenu l’homme à abattre. En effet, le président de la République ne peut en aucun cas nous parler de mauvaise gestion des fonds d’un dossier dont la réalisation a été forcée par la prise d’une ordonnance. Nous autres, nous aurions pu apprécier la publication de cet audit si ceux lancés depuis 2006 avaient été publiés avant. Les leaders politiques appelés G et F que les changistes traitaient en son temps d’apatrides dénonçaient déjà ce complot financier du pouvoir. L’honorable Rachidi Gbadamassi avait parlé de l’indiscipline budgétaire. Il aurait pu être stable pour que nous lui donnions de façon décente raison, aujourd’hui. La proposition qu’il avait faite au chef de l’Etat qu’il n’était pas tard de démissionner est toujours possible. Car, quand on n’est pas en mesure de construire, il faut éviter de détruire ce qui est déjà fait. Certains collaborateurs du chef de l’Etat le prennent pour un pilote Mais, les faits nous donnent raison aujourd’hui que c’est un pilote qui est en train de nous conduire dans le plus profond du gouffre, tel l’attentat du 11septembre 2001, aux Etats-Unis. A cet effet, la publication de cet audit donne non seulement raison aux leaders politiques mais aussi nous recommande de laisser la chose politique aux hommes politiques.’’Qelle que soit la quantité d’eau,l’huile apparaît toujours à la surface’’ avait dit la présidente Célestine ZANOU, car enfin l’heure de la vérité a sonné.
Les leaders politiques, dans leur collaboration comme dans leur résistance, motivation et engagement divergent singulièrement. Mais l’unanimité se fait malgré les divergences pour la préservation de la cohésion nationale. Malgré les pratiques coercitives et les actes effarés du pouvoir, ils opposent un discours en faveur de la démocratie et de la liberté. Ils militent pour la stabilité des partis politiques contre l’idée du parti unique que prône le chef de l’Etat. Leur objectif premier vise à préserver les générations futures des conséquences néfastes qui découlent du non militantisme avant l’accession au pouvoir. D’ailleurs, le militantisme est l’un des secrets des pays développés. Des dirigeants tels que Barack Obama, Nicolas Sarkosy... sont des produits des formations politiques, donc du militantisme. Il est régulier de voir nos dirigeants aller demander des aides ou des prêts à ces dirigeants. Alors, pourquoi n’allons-nous pas faire comme eux en mettant à la tête de notre pays des dirigeants, politiquement formés, capables de régler la question politique, base de tout développement pour qu’on arrête de quémander ? Ayons l’intelligence de copier ce qui fait la forcé des pays émergents ou développés et qui ne nous coûte rien. En effet, nous pouvons donner raison à l’honorable Rachidi Gbadamassi qui a traité nos nouveaux dirigeants d’adolescents politiques qui font de l’indiscipline budgétaire. Même si, après il nous a montré qu’il n’est pas un homme politique mais plutôt un commerçant politique qui, pour gagner la confiance de ses nouveaux promoteurs, tient des propos incendiaires à l’égard de ses anciens alliés.
Par ailleurs, la lutte des hommes politiques doit être perçue comme un combat pour le triomphe des droits de l’homme et de son mieux-être. Mais, dans ce combat où sont passés les intellectuels ? Aujourd’hui, l’élite béninoise ne joue pas le rôle qui est le sien. Elle ne réagit pas face à la crise politique qui secoue notre pays. Et ceci semble confirmer l’affirmation du président Mathieu Kérékou selon laquelle : ’’les intellectuels béninois sont des tarés’’. Les intellectuels, pour eux, le combat ordinaire est d’informer objectivement les populations de ce qui se passe. Outre ceux de l’opposition qui essaient de le faire, les autres intellectuels ont choisi le silence, pour certains parce qu’ils veulent conserver leurs postes, pour d’autres parce qu’ils en recherchent. Par exemple, je ne vois pas le ministre Armand Zinzindohoué contredire le chef de l’Etat si tant est qu’il le loue tout le temps et même dans les églises. J’en veux pour preuve, le jour qu’il a rencontré son homologue togolais, ce dernier a parlé sans mentionner une fois le nom de son président. Voilà des cadres qui savent pourquoi ils sont nommés. Mais quand notre ministre a pris la parole, il n’avait de cesse de louer son chef en des termes : "la haute autorité, le chef des armées... je demanderais au président de la République de transformer son ministère en celui d’évangélisation. Je me rappelle encore, comme si c’était hier l’allocution du 12 Mars 2008 de Kint Aguiar, hier ardent défenseur de la démocratie mais docile disciple de l’Etat-Fcbe, aujourd’hui. Nos technocrates ne sont plus nommés pour leur compétence mais plutôt pour leur éloquence dans les louanges. Surtout, ce qui est gênant et écoeure les observateurs politiques, admirateurs de notre pays, est qu’il est régulier de voir maintenant, des cadres faire marcher des populations en guise de remerciement au Président de les avoir nommés. La réplique de la marche des opposants par des cadres de Parakou, de Djougou... est non seulement inopportune, mais aussi témoigne du soutien aveugle et sauvage de certains cadres au chef de l’Etat. Quand les intellectuels décident d’être malhonnêtes !
Je prie tous les intellectuels, qu’ils soient opposants ou mouvanciers de s’engager pour que notre pays retrouve son rang d’antan et mieux que cela. Ils ont pour but de multiplier les prises de position en faveur des droits des populations qui mèneront à la vérité. Aussi faudrait-il qu’ils réclament le respect des principes de justice et d’égalité, la fin des abus et la participation des hommes au pedigree politique affirmé à la gestion de la chose publique. Professeur Albert Tévoédjrè, nous avons besoin de boire de vos propos vertueux pour nous orienter en ce moment où nous vivons la politique du pire. Maître Lionel Agbo, je vous remercie de votre honnêteté intellectuelle dont vous avez fait preuve en évitant d’employer le mot émergence lors de votre passage sur l’émission ’’Questions d’actualité’’. Mais, je vous demanderais d’aller plus loin.
Aux responsables des différentes Ong de la ’’société civile’’, qu’ils sachent que la société civile ne doit pas être pour eux, une passerelle pour aller vers la politique et d’en devenir des intégristes de l’intégrité. En effet, ils doivent jouer pleinement le rôle qui est le leur pour le bonheur des populations.
Quant à nous jeunes, sachons que la jeunesse est sacrée. Ainsi, il nous revient de faire le bilan de la chose publique et du traitement qui nous a été réservé depuis notre accession à l’indépendance. Nous devons éviter de nous faire manipuler par nos aînés qui nous utilisent à leurs propres fins car, nous valons plus que ce qu’ils pensent que nous sommes. N’ayons pas peur des menaces, de la prison pour dire ce qui ne va pas. Car, ’’c’est le courage de nos opinions qui fait bouger les choses et rend tout changement possible’’ a dit Paula Giddings. Battons-nous pour donner un sens à notre vie en sachant que nous sommes l’avenir du Bénin.
En revanche, il faut abandonner les formes passées et entrer dans une voie de transformation à la fois par la création des conditions économiques de base commune et par l’instauration d’autorités nouvelles, mais politiquement formées, humbles et acceptées de tous. C’est uniquement à ce prix que, quelle que soit notre faiblesse, quelles que soient nos fautes passées, nous pouvons aller avec confiance vers l’avenir.
Marcel KPATOU
Journal 24 HEURES AU BENIN 28/07/09
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