Tentative de démobilisation des travailleurs pour la grève : Le gouvernement a échoué
L’administration béninoise est paralysée depuis hier mardi 28 juillet 2009, et ce pour 48 heures. Malgré les menaces du gouvernement, les travailleurs ont suivi le mouvement que les centrales syndicales ont lancé la semaine dernière. Un acte qui montre leur témérité.Ministère de l’Economie et des finances, ministère de l’Agriculture, de l’Enseignement Supérieur, ministère de la Réforme administrative, ministère du Travail, ministère des Transports et des travaux publics, direction générale du Trésor public, CNHU, Homel…ont effectivement été paralysés. Même dans les centres de santé de base, comme dans les hôpitaux de zone de la ville de Cotonou par exemple, le mouvement de grève a été suivi. Au niveau des arrondissements également, le mot d’ordre d’arrêt de travail a été observé. Des bureaux ont été vidés et fermés. Malgré les intimidations et manœuvres de démobilisation !
Cela montre que les travailleurs savent bien ce qu’ils veulent et comment l’obtenir. Le respect de ce mouvement illustre que les grévistes sont décidés à barrer la voie à tout agissement visant à compromettre la démocratie chèrement acquise en 1990 au Bénin. Si malgré la tentative du gouvernement de démobiliser les travailleurs, la grève a été observée, c’est bien la preuve que les organisations syndicales s’insurgent vraiment contre le non respect des libertés démocratiques et syndicales dans un pays démocratique dans lequel les autorités usent de la dictature pour empêcher les populations de s’exprimer.
Ce mouvement de grève qui a été observé n’est que la conséquence des contingences survenues le mardi 21 juillet 2009 dernier. En effet, les travailleurs devaient battre le macadam à travers les artères de la ville de Cotonou pour dénoncer la gestion calamiteuse du régime en place. Surtout suite aux scandales qui ont émaillé l’organisation du 10e sommet de la Cen-Sad avec pour corolaire, des détournements de plusieurs milliards.
Mais à la veille de cette marche de protestation, le gouvernement a sorti, via le préfet Jules Honorat Hêssou des départements de l’Atlantique et du Littoral, un arrêté pour interdire la manifestation. Et pour faire respecter cette décision de l’autorité, une horde d’hommes en uniforme a été déployée à la Bourse du travail pour empêcher les travailleurs d’action.
C’est donc suite à ce refus du gouvernement que les organisations syndicales dont la CSTB, la CSA, la CGTB, la Cosi, l’UNSTB et le Fesyntra-Finances ont décidé de paralyser l’administration béninoise pendant 48 heures à compter d’hier mardi 28 juillet 2009 pour exiger le respect scrupuleux des libertés démocratiques et syndicales.
Mais à la veille de la grève, c’est-à-dire le lundi 27 juillet 2009, le gouvernement a sorti un communiqué pour demander aux travailleurs de se rendre normalement au travail au risque de subir de « retenue systématique sur les traitements et salaires pour les jours non ouvrés pour fait de grève ». Contrairement à la démobilisation que cette décision pouvait occasionner, le mouvement a été largement suivi et globalement l’administration est paralysée depuis hier.
Hubert HOUNWENOU
Journal LE GRAND JOURNAL 29/07/09
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