Manifestations officielles du 1er août 2009 : Pourquoi Adrien Houngbédji sera à Lokossa

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Me Adrien Houngbédji, président du Prd sera à Lokossa pour célébrer le 49è anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. Son absence aux manifestations officielles de la fête nationale traditionnellement remarquée par les Béninois depuis l’élection de Boni Yayi  comme ce fut le cas à Abomey en 2007 et à Parakou en 2008, ne sera qu’un vieux souvenir.
Selon les responsables du Prd, la présence de Me Adrien Houngbédji à Lokossa s’impose aujourd’hui en raison de la situation critique du pays et de l’urgence de rassembler les Béninois pour l’unité et le développement du pays. Pour eux, trois raisons expliquent cette présence. C’est d’abord l’attachement du Président Houngbédji à l’unité nationale. Depuis quelques mois, des menaces sérieuses pèsent sur l’unité de notre pays. Les actes du gouvernement, la gestion des ressources humaines de l’Etat et même des propos tendancieux de ministres en fonction ont sérieusement fragilisé la cohésion de notre pays et le sentiment de fraternité qui règne dans le pays. Dans cette période où le régionalisme devient un axe politique du gouvernement, il paraît nécessaire que le Président Houngbédji en tant qu’éminent membre de l’intergroupe dont le slogan est « l’Union fait la Nation », réaffirme l’attachement d’une immense majorité de Béninois à l’union du pays par sa présence à cette fête nationale. Ensuite, on ne peut pas cacher que le Bénin vit des heures graves, des semaines et des mois difficiles. L’entourage du Président Houngbédji explique que les années précédentes le Président Houngbédji a souhaité montrer son mécontentement et marquer sa ferme opposition à la politique du gouvernement qui est faite d’injustice, de violences électorales et de violations des droits et libertés. Aujourd’hui, cette politique dénoncée très tôt par le Président Houngbédji se révèle au grand jour par une déliquescence du pouvoir. Par sa présence à Lokossa, le Président Houngbédji doit rassurer le peuple et lui signifier qu’il est très attentif à la situation actuelle du pays. Enfin, nos sources indiquent que Me Houngbédji va également à Lokossa non seulement pour la fête du 1er août mais aussi pour témoigner de sa reconnaissance à un ami, le maire de Lokossa Sossou Dakpè. C’est même un de ses premiers soutiens politique en 2006. Même s’il est passé au G13, le maire Sossou Dakpè est d’abord et avant tout un ami qui, lors des élections présidentielles de 2006 a accueilli le Président à Lokossa, l’a fait passer de quartier en quartier, de village en village, de maison en maison. On dit même qu’il l’a souvent hébergé à chacune de ses visites à Lokossa. On peut dire qu’il a mouillé le maillot pour que Houngbédji soit élu en 2006 à la présidence de la République. Celui-ci va donc profiter pour lui témoigner de son amitié.

Les rendez-vous manqués, de vieux souvenirs
Pour ce qui est des rendez-vous manqués de 2007 à Abomey et de 2008 à Parakou, les proches d’Adrien Houngbédji rappellent les situations qui avaient prévalu à ces périodes là. Avant le 1er août 2007, on se rappelle que plusieurs militants du PRD avaient fait l’objet d’une arrestation arbitraire et nombre d’entre eux jetés derrière les barreaux. C’était dans le cadre des violences ayant émaillées le dernier jour de campagne des élections législatives de mars 2007. Alors que les faits établissaient clairement la culpabilité des responsables FCBE de Porto-Novo qui ont fait preuve de provocation et d’intolérance, aucun d’entre eux n’avait été ni appréhendé par les forces de l’ordre ni jeté en prison. L’arrestation des militants PRD avait été alors perçu par les Béninois comme un acte d’injustice et un règlement de compte politique. Le Président du PRD avait alors expliqué qu’il ne pouvait pas avoir le cœur à la fête alors que ses militants ont été injustement jetés en prison et que leurs familles étaient privées de leurs fils. A Parakou en 2008, l’absence du Président Houngbédji avait été fortement remarquée. Malgré la présence des Présidents Zinsou, Kérékou, Soglo et des Présidents de presque toutes les institutions de la République, le gouvernement et les partisans du chef de l’Etat s’était particulièrement focalisé sur la seule absence du Président Houngbédji. Elle a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais le gouvernement a oublié qu’avant le 1er Août 2008 l’actualité était animée par le problème de la sécurité des hommes politiques. En effet, des menaces de mort parvenaient à certains députés opposés à l’action du gouvernement. On se souvient de cette lettre manuscrite qui faisait état de personnalités à anéantir. Le Président Houngbédji était en tête de cette liste des personnalités menacées. Cette fut retrouvée dans les casiers des députés qui en avaient parlée au cours d’un point de presse. Les collaborateurs du Président Houngbédji avaient également dénoncé la violation du domicile du Président Houngbédji car des caméras avaient été installées dans les locaux de la Dana en face de la Résidence du Président Houngbédji à Adjina. Le but de cette manœuvre à la soviétique était de surveiller les faits et gestes du président des Tchoco Tchoco ou connaitre les visiteurs de ce dernier. C’est dans ces conditions que le parti avait jugé imprudent de laisser le cortège du Président s’ébranler sur près de 500 km entre Cotonou et Parakou pour assister aux festivités du 1er Août à Parakou.

Euloge Badou
Journal LA PRESSE DU JOUR  30/07/09
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Publié dans Politique nationale

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