Mauvaise gestion sous le changement : Les trois locomotives acquises à l’Ocbn étaient en rebus depuis 1965

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

L’Organisation Commune Bénin-Niger (Ocbn) est malade. Disons-le franchement au regard des irrégularités de gestion qui s’observent sous la direction de M. Rigobert Azon. L’on aurait tout mis en œuvre pour cacher la réalité au chef de l’Etat. Même si c’est avec la complicité du ministre de tutelle, il s’avère que le soleil ne pourra être caché par une main. En témoignent des déclarations de personnes ressources exerçant au sein de la structure ferroviaire, et mieux, les constats sont flagrants.
Encore un autre scandale sous Yayi Boni ! En charge du transport des personnes et des marchandises au Bénin et au Niger, l’Organisation Commune Bénin-Niger (Ocbn) assurant auparavant la liaison ferroviaire entre Cotonou et Parakou, est malade. Malade par la faute de certains agents qui ne veulent pas que les efforts du président Boni Yayi pour ressusciter l’organisation soient perceptibles, mais également et surtout, par la complicité des responsables à la tête de la structure qui ne pensent qu’à leurs intérêts. A moins que le ministre de tutelle confirme le contraire et rapporte au chef de l’Etat la réalité des choses. Pour le moment, ce qu’il convient de dire et de porter à l’attention du Dr Boni Yayi, c’est que les problèmes financiers ont eu raison de cette entité des transports au Bénin. En effet, c’est conscient du désastre économique et social auquel était vouée la maison, que le Président Boni Yayi a récemment accordé une subvention à l’Organisation, afin qu’elle puisse s’équiper de nouvelles locomotives et relancer ainsi ses activités, interrompues depuis très longtemps. Mais, parlant de locomotives, ce sont trois CC en rebus depuis 1965, que le Dg a préférées, après des couches de peintures qu’on leur a passés pour paraître neuves. Il suffit d’aller à l’atelier de la gare pour constater que c’est de la ferraille badigeonnée. « Des amas de fer qui vous lâchent, comme ce fut le cas la dernière fois lorsque le réservoir a cédé laissant couler tout le gas-oil qui y était », ont même confirmé des mécaniciens cheminots. Et comme un malheur ne vient jamais seul, depuis décembre 2008, les travailleurs en général n’ont plus perçu un copeck de leurs salaires. D’autres parlent de neuf mois exactement, en dépit des assurances que le chef de l’Etat lui-même avait données pour éponger ces dus. Ce qui pourrait a priori justifier cette situation, c’est qu’aux dires de certains agents, la Direction générale n’a pas su favoriser la trésorerie de l’entreprise. Le contrôleur des services financiers à l’Ocbn, M. Richard Abédjakou n’est pas allé par quatre chemins pour dévoiler quelques raisons de cet échec. Selon lui, la défaillance vient du nouveau système de bons de chèques qu’aurait préféré le Dg à la place des bons de caisse qui existaient auparavant et, qui rend la tenue de comptes difficile, voire impossible. La preuve, c’est qu’il ne lui paraît pas aisé de faire le bilan de 2007, encore moins celui de 2008, les documents financiers n’étant même pas saisis parce que des bons de chèque restent encore injustifiables. A cela s’ajoute la non application des mesures d’assainissement de la situation sociale et économique de l’Ocbn prises en Conseil des Ministres, il y a quelques mois. On avait tantôt parlé de la situation des employés qui s’aggrave au fil du temps, plongeant des familles entières dans la précarité. Mais ce que beaucoup de citoyens ignorent, c’est que l’achat des nouvelles locomotives chanté et vanté a des dessous pourris. Tenez ! Il paraît que ces vieilles locomotives ne peuvent même pas faire des rampes, c’est-à-dire remonter une pente, alors qu’elles consomment deux fois plus que les BB dont disposait la structure ferroviaire. Par ailleurs, des indices de surfacturation ont été révélés par d’autres agents qui indiquent que des réparations ont été faites sur le véhicule de fonction du Dg à des montants exorbitants, alors que pour le Dga par exemple, ils soutiennent le contraire. C’est vrai que les pannes pourraient être variables, mais il n’en demeure pas moins que la procédure normale de réparation n’étant pas respectée, les soupçons pourraient être confortés.

La mauvaise gestion des hommes
« Allez voir ce qui se passe au magasin, dans les ateliers. Des plates-formes sont en train d’être réalisées par des cheminots. On leur a intimé l’ordre de tout faire pour que le train voyageur commence par circuler normalement au plus tard le 01er Août 2009 entre Cotonou et Parakou. Mais, jusque-là, rien….Qu’est-ce qui pouvait justifier cela », se désolent la plupart des cheminots. Sûrement la mauvaise gestion des hommes, avec la création d’un nouveau syndicat de «cheminots patriotes» comme certains l’ont répété, au cours de nos investigations. « Le chef de l’Etat doit savoir que tous ceux qui crient son nom, ne sont pas vraiment sincères avec lui. Les vrais patriotes sont ceux qui défendent la même cause de développement que lui », ont-ils ajouté. « Nous à l’Ocbn, nous sommes de cœur avec lui puisque depuis vingt ans, c’est lui le seul à penser à la rénovation de l’Ocbn » Voilà l’autre pan de la réalité que nous avons entendue de la bouche des cheminots qui n’ont pas manqué de souligner les pratiques sectaires et même régionalistes de leur directeur. Ne vous étonnez pas lorsqu’ils ajoutent que pour des raisons que seul le Dg Rigobert Azon maîtrise, des affectations aussi fantaisistes les unes que les autres sont faites, parfois avec des injonctions musclées pour faire respecter l’ordre. Le cas de M. Richard Abédjakou, agent comptable récemment affecté de son poste à la Division matériel et traction  où il n’a aucune expérience, reste encore vivace dans la mémoire de beaucoup d’agents à l’Ocbn. Il eût fallu que les grognes et autres protestations fusent des travailleurs, pour amener le Dg à abdiquer. Tout compte fait, la situation est pire qu’on ne le fait savoir au chef de l’Etat, confirment ces agents. Pour éviter que le président de la république ne dise pas après qu’il n’est au courant de rien, ils sollicitent son attention particulière sur la situation. Pour l’heure, avant qu’il ne soit trop tard, ils proposent déjà que l’Inspection générale de l’Etat fasse un tour dans la maison, pour réaliser le drame qui se joue contre le Dr Boni Yayi.

Denis Magnidet
Journal LA PRESSE DU JOUR  30/07/09
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Publié dans Politique nationale

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