Interview avec le maire de Porto-Novo: Moukaram Océni parle des préparatifs du 1er août 2009
A l’instar de la Commune de Lokossa retenue pour abriter les festivités officielles marquant le 49è anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale, la capitale politique du pays, comme d’autres villes du Bénin célèbre à sa manière l’événement. A quelques heures de cette célébration votre journal s’est rapproché du maire de Porto-Novo, Moukaram Océni qui a levé un coin de voile sur les préparatifs de la fête de l’indépendance à Porto-Novo." 24 Heures au Bénin". Monsieur le maire, la fête de l’indépendance est dans quelques heures. C’est vrai que la capitale politique du Bénin n’abrite pas les manifestations officielles, mais qu’est-ce qui est prévu à Porto-Novo pour marquer cet événement ?
Moukaram Océni : Nous sommes en train d’aménager la ville comme c’est l’habitude à chaque fête de l’indépendance. Pour ce faire, nous avons réquisitionné tout le personnel de la direction technique pour continuer le travail à cause du débrayage des travailleurs afin que la capitale offre une belle image le 1er août. Porto-Novo étant un chef lieu de département, nous avons un service minimum que nous devons assurer. C’est pour cela que nous, en tant que municipalité, nous organisons des offices religieux dès ce jour qui prennent en compte toutes les religions à savoir le culte vodoun, le culte protestant, le culte christianisme céleste, le culte catholique et le culte musulman. En dehors des offices religieux qui permettront au Conseil municipal et la ville de prier pour le Bénin en général et la capitale politique en en particulier, le conseil municipal a invité la population de Porto-Novo demain vendredi 31 août 2009 à la Maison internationale de la culture pour lui rendre compte des douze mois de gestion à la tête de la ville. Nous avons souhaité le faire la veille de la fête de l’indépendance parce que nous avons pratiquement pris les clefs de la mairie début juillet 2008. Pour ce faire, nous avons invité les corps constitués de la ville, la société civile, les sages, notables et jeunes pour le point des actions menées au cours des douze mois de gestion. La nuit de l’indépendance sera animée par Anice Pépé et Moufalilou Adjaho. Ceci pour permettre à la communauté goun et yoruba d’échanger tout en restant en communion avec leur artiste. Le lendemain, il y aura le défilé militaire et civil qui sera organisé sous la direction du préfet des départements de l’Ouémé-Plateau qui est le représentant de l’Etat central. Pour ce qui concerne le défilé civil il sera pris en charge par la mairie et regroupera tous les groupes culturels et folkloriques de Porto-Novo et certains partenaires qui veulent nous accompagner.
Porto-Novo abritera le centenaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale. Quelles sont vos attentes en comparaison à ce qui a été fait à Abomey, Parakou et Lokossa ?
Nous avons de grandes ambitions par rapport au centenaire. C’est pour cela que nous avons très tôt pris la mesure de la situation en mettant en place un comité pour réfléchir sur l’organisation de la fête aussitôt après notre rencontre avec le chef de l’Etat il y a un an pour nous informer du choix de Porto-Novo pour abriter la fête de l’indépendance édition 2010. Pour la réussite de la fête nous avons fournis au gouvernement, depuis environ 8 mois, l’essentiel des travaux que nous pensons que l’Etat central pourra réaliser. Nous nous sommes assignés aussi certaines missions à réaliser sur fonds propre. Mais notre souhait reste l’adhésion et la participation de toute la ville de Porto-Novo aux travaux d’embellissement de la ville.
Pouvons-nous avoir une idée sur les travaux qui seront réalisés par le gouvernement ?
Il s’agit des travaux du secteur de l’urbanisme dans la ville. Nous avons ciblé 10 rues qui doivent être entièrement pavées ou bitumées. Ce sont des rues qui donnent accès sur la zone qui abritera le défilé. Les travaux devraient démarrer depuis le 15 juin. Je pense que c’est à cause des derniers développements de l’actualité nationale que les choses piétinent. Mais nous sommes prêts à accueillir les travaux.
Etes-vous sceptique ?
Non je ne suis sceptique, mais stressé. Vu les difficultés qu’à aujourd’hui le gouvernement, il y aura certainement des coupes sombres sur les fonds alloués à certaines rubriques, mais j’ai peur pour ce que nous avons arrêté comme travaux pour la ville.
Quels sont les travaux qui seront réalisés par la ville elle-même ? La ville s’occupe de beaucoup de choses. Nous avons un budget assez étriqué. C’est pourquoi nous nous occupons de l’assainissement de la ville, de renforcer l’éclairage public dans la ville, de réaménager tous les espaces verts de la ville et d’ouvrir la ville pour les investisseurs.
Mais la place l’indépendance a été vendue ? Nous avons hérité la chose que nous déplorons tous. Nos prédécesseurs également. Mais je pense qu’ils n’ont pas été assez prompts. Mais nous nous ne comptons pas fêter le centenaire sans la place de l’indépendance. Pour cela, nous avons pris nos responsabilités et avons déjà commencé par dégager la place. Si vous faites un tour sur cette place aujourd’hui, vous constaterez que des maisons sont en train d’être cassées. Nous voulons donner à la ville de Porto-Novo sa place de l’indépendance. D’ici deux semaines nous allons casser les cinq maisons qui restent.
Pensez-vous pouvoir réellement réunir tous les fils et filles de Porto-Novo compte tenu de votre coloration politique ?
On n’aime pas qu’on nous distrait par rapport à cela. Nous avons prévu l’organisation d’un forum à la fin de l’année pour réunir toutes les filles et fils de Porto-Novo autour du cinquantenaire de la fête de l’indépendance à Porto-Novo et la célébration du cinquantenaire de la mort du Roi Toffa. C’est pourquoi on a baptisé l’année 2010 l’année de Porto-Novo. Il faudrait que les engagements pris envers les filles et fils de Porto-Novo par le gouvernement soient respectés. Le ministère de l’Energie, le ministère des Travaux publics doivent remplir leur part de contrat. Le reste, la ville jouera sa participation. C’est parce que nous savons que le gouvernement à quelques difficultés que nous avons commencé par taper à d’autres portes pour leur soutien. Nous sommes allés à la Banque ouest africaine de développement pour rechercher des financements afin que le contournement de la ville soit pris en compte par cette institution financière. Dommage que les travaux ne pourront pas être réalisés de sitôt. Outre ce volet, nous avons pu obtenir 6 milliards de financement auprès de la Boad pour les travaux de voirie.
Pour "24 Heures au Bénin" : Odi I. AÏTCHEDJI
Journal 24 HEURES AU BENIN 31/07/09
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