Coupure d’Internet sur toute l’étendue du territoire national: Désiré Adadja au ban des accusés
C’est le deuxième week-end successif que les Béninois passent, coupés de l’Internet sans que le ministère de la communication et des technologies nouvelles où la société Bénin Télécoms ne veille donner une quelconque explication. Mais, cela ne surprenant guère de la part d’un gouvernement qui navigue à vu et son chef qui se surprend de toutes les responsabilités que le peuple a mis sur ses épaules.Le 49ème anniversaire du Bénin à la souveraineté nationale s’est déroulé avec faste à Lokossa et dans les cercles fermés des chantres du Changement .Mais dans les cybercafé et certains foyers dotés de l’outil informatique et des nouvelles techniques de communication, c’est l’amertume, le désarroi et la colère. Depuis le vendredi dernier, tout le Bénin est privé de ces technologies qui ont révolutionné le monde. Plus personne ne peut envoyer ou recevoir de courriers internet. Pendant trois jours les opérateurs économiques n’ont pu joindre par le Net leurs fournisseurs de l’Europe, l’Amérique ou de l’Asie. Les banques étrangères installées au Bénin n’ont pu entrer en contact avec leurs maisons mères. Le même phénomène s’est déroulé du vendredi 24 au dimanche 26 juillet dernier, au moment où le ministre de la Communication et des technologies nouvelles Désiré Adadja faisait son One man show sur le plateau de la chaîne de télévision Golfe Tv. Tout se passe comme si de rien n’était. Evidemment il ne pourrait en être autrement. Que peut-on attendre d’un ministre des télécommunications qui a mangé dans toutes les casseroles avec tous les régimes et qui, est devenu un béni oui oui, prêt à pactiser avec le diable pour garder son poste ? Que peut-on attendre d’un ministre qui vantait les mérites de la fibre optique au Bénin sur un plateau de télévision, alors qu’il savait en son âme et conscience que cette même fibre optique était en panne ? Le ministre Adadja ne fait-il pas penser au prototype du cadre taré dont avait fait allusion l’ex président de la République Mathieu Kérékou ? On le dit ingénieur compétent des télécommunications. Peut-être. Mais, il ne sait visiblement pas se qu’il cherche à la tête du ministère qu’il dirige et les responsabilités dont-il a la charge. Car un simple communiqué de presse suffisait pour éviter à ces nombreux propriétaires de cybercafé et à leurs usagers de faire les va et vient que l’on a constaté pendant ces deux week-ends. A l’heure du bilan, il saura comment se défendre. Et qui dit ministre des télécommunications dit également président de la République. C’est « blanc bonnet, bonnet blanc ». Que peut-on attendre d’un chef d’Etat qui pendant plus d’un mois a coupé son pays des réseaux Gsm et qui est allé quelques jours après, supplier l’ex président sud-africain Thabo Mbéki et les responsables de Moov dans le Golfe pour leur donner dix fois plus d’exonération qu’ils n’avaient demander afin qu’ils acceptent de rester encore au Bénin ? Que peut-on attendre d’un chef d’Etat qui n’assiste pas au Conseil des ministres, qui n’est jamais au courant de ce que font ses ministres et qui est tout le temps accroché au téléphone discutant avec ses amis des potins de la vie de ses concitoyens, s’il n’est pas entre un avion et un hélico, pour sillonner les capitales étrangères et les champs de coton de son pays ? C’est vrai qu’à l’ère du Changement la roue tourne à l’envers. Mais, rester insensible à ces égarements, à cet avilissement de l’intelligence dont font preuve le président de la République Boni Yayi et ses collaborateurs nous amènera un jour à pardonner ce qui n’est pas pardonnable et à excuser ce qui n’est pas excusable.
Boubacar Boni Biao
Journal 24 HEURES AU BENIN 03/08/09
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