Célébration du 1er Août à Lokossa : Les ratés de la fête

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Voilà déjà quelques jours que nous conjuguons au passé la célébration de la 49ème édition de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Cette célébration qui a eu lieu dans la ville de Lokossa a été aux dires des populations une réussite cependant, il faut reconnaître qu’il y a eu des ratés.
Le 1er août dernier, notre pays a célébré dans la ville de Lokossa, département du Mono-couffo, la 49ème édition de son accession à la souveraineté internationale. Les autres villes de notre pays ont aussi célébré avec les moyens de bord cette fête qui rappelle des moments d’indépendance et d’espoir pour tout un peuple. La version officielle de Lokossa est celle qui a retenu les attentions et a mobilisé d’énormes moyens matériels, humains et financiers. Les petits plats ont été mis dans les grands pour permettre une célébration réussie. Des travaux de grande envergure ont été initiés tels les constructions et réfections de voies et bâtisses, l’aménagement des espaces et places publiques. La ville parée de ses plus belles couleurs était apparemment prête pour accueillir la foule de curieux, de personnalités.

Les imperfections de l’organisation
La foire de l’indépendance qui avait démarré entre temps et qui a regroupé une multitude d’exposants a connu des ratés comme l’absence d’eau pour l’usage des clients et exposants qui étaient obligés de soulager leurs vessies à l’air libre, sans oublier l’exiguïté de l’espace aménagé pour cette exposition. Le deuxième acte n’est rien d’autre que la forte militarisation de la ville, ce qui n’a pas permis aux populations de s’offrir tout le spectacle lors du défilé pourtant organisé à leur intention.

On nous dira que pour des raisons de sécurité d’Etat, on se le devait. Néanmoins, cela semble affaiblir l’enthousiasme des populations qui ont fait le déplacement. On aurait pu trouver d’autre palliatif comme des écrans géants et organiser la retransmission sur les lieux du défilé. En tout cas, on ne se souvient pas d’une aussi forte militarisation lors des éditions d’Abomey et de Parakou.

Aussi, dans la ferveur de la fête, les autorités à divers niveaux n’ont pas accordé une attention appréciable au défilé civil mal organisé. Ces trois ratés se sont greffés à la disparition des autres aires de jeu au profit du terrain de football dans le cadre de la réhabilitation du stade municipal de la ville ; à la défaillante couverture sanitaire.

Au-delà de ce qui a été recensé comme ratés, il est important de souligner que les logements sociaux sont là inachevés. Certes, le gouvernement qui les avait promis aux populations de Lokossa dans le cadre de cette fête est revenu sur sa décision pour dire ne s’être jamais engagé sur ce terrain. Nous lui concédons cela mais il est néanmoins nécessaire de signaler qu’il ne faudrait pas faire de ces logements des éléphants blancs. Quand nous savons ce que deviennent souvent les chantiers une fois les projecteurs et les caméras baissés, il y a lieu de s’inquiéter sur le devenir de ces chantiers. Cette analyse clinique de la célébration de la fête de l’indépendance à Lokossa est comme une boussole pour les prochains organisateurs de la 50ème édition qui aura lieu dans la capitale économique, la ville aux trois noms ; Hogbonou, Adjatchè, Porto-Novo.

Hubert HOUNWENOU
Journal LE GRAND JOURNAL 05/08/09
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Publié dans Politique nationale

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