Tractations pour 2011:Dangereux jeu du pouvoir contre Sasif

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Les intrigues du Palais de la République risquent de conduire le chef de l’Etat sur une mauvaise piste. En effet, l’homme d’affaires Ali Ibrahim Salifou, dit Sasif serait la nouvelle cible du pouvoir. Ceci, parce que les vieux démons du Palais manœuvrent contre l’opérateur économique. Or, pour un leader comme celui-là, qui s’est forgé une solide réputation dans beaucoup de milieux à Parakou et dans le Borgou en général, mieux vaut l’avoir avec soi que contre soi. Yayi Boni gagnerait à faire la paix avec lui.
Plus que jamais chouchou de la jeunesse de Parakou et du Borgou en général, l’homme d’affaires El-hadj Ali Ibrahim Salifou, dit Sasif, serait tombé en disgrâce auprès du chef de l’Etat Yayi Boni au point de figurer sur la liste noire du Palais. Pourtant hier, ils entretenaient la bonne camaraderie. Aujourd’hui, les choses ne sont plus totalement les mêmes. On pourrait croire que c’est la récente initiative ayant conduit à la création d’une formation politique dénommée Rdi Anfanni qui est à l’origine de ce désaccord. El-hadj Sasif est devenu l’homme à abattre depuis qu’il s’est affiché publiquement au congrès constitutif de ce parti à Parakou. Bravant menaces et pressions des sous-fifres du chef de l’Etat, il a accepté de prendre les destinées du Rdi Anfanni, qui le jour du congrès constitutif a très tôt marqué son territoire de part la mobilisation des populations et des personnalités dont on connait la position vis-à-vis du pouvoir, mais aussi au regard du discours tenu par les responsables et les initiateurs. Ils ont en effet pris leur distance vis-à-vis du chef de l’Etat Yayi Boni après avoir jeté le pavé dans la marre du régime. L’homme d’affaires venait de provoquer le pouvoir risquant pour ses intérêts dans sa nouvelle aventure. La suite des évènements est totalement édifiante. Sasif a connu et continue de vivre une situation très difficile, voire cauchemardesque. Une campagne de sabotage de ses affaires est déclenchée contre lui. Pour cet opérateur économique très adulé dans plusieurs milieux du département du Borgou, c’est le prix à payer de son repositionnement politique. L’arrestation de ses camions il y a de cela quelques jours est la parfaite illustration de la vie dure que le pouvoir lui impose. Cette situation a failli tourner au vinaigre. On était tout près d’une émeute à Parakou, conséquence des frustrations de plusieurs jeunes face à la mise en application d’une stratégie de destruction systématique de l’homme. Effectivement en réaction des camions qui ont été arrêtés, plusieurs jeunes étaient sur le point de réagir, mais la sagesse de El-hadj Sasif a prévalu et ils ont été ramenés à l’ordre. Si l’opération ayant conduit à l’arrestation des camions n’a pas de lien avéré avec la nouvelle position de l’opérateur économique, elle serait alors un peu trop précipitée au cas où elle reposerait sur des bases légales. El-hadj Sasif a pourtant consacré sa fortune à des actions en faveur du chef de l’Etat. On peut affirmer avec certitude et réalisme qu’il n’est pas de cette race de courtisans de Yayi Boni qui financent les activités politiques avec des fonds du palais ou du ministère des Finances. En réalité, l’homme n’a rien à perdre en quittant totalement ou en ayant un pied dehors et l’autre dans la mouvance. Mais de part les agissements qu’on observe, le pouvoir à travers ses vieux démons veut le pousser définitivement à la porte. C’est mal négocier la situation actuelle qui prévaut dans la ville de Parakou et dans le Borgou depuis que Rdi Anfanni a été créé. Le chef de l’Etat gagnerait à lui tendre en finesse la main pour le faire revenir à ses côtés. Sans cette stratégie, il ne faut pas s’attendre à ce que la nouvelle cible se comporte comme un enfant de cœur. Homme de réseau, El-Hadj Sasif jouit d’une grande représentativité au sein de la communauté musulmane du Borgou. Un atout dont Yayi Boni a besoin pour les élections de 2011. Ceux qui chuchotent dans les oreilles du chef de l’Etat filent du mauvais coton et contribuent inexorablement à l’agrandissement du cercle des mécontents du régime. Ils sont passés maîtres dans l’art d’induire le président de la République en erreur. Ils veulent encore rééditer leur vilain exploit. El-Hadj Sasif ne mérite pas ce sort. D’ailleurs, le jeu dangereux du pouvoir contre l’homme d’affaire suscite des mécontentements dans plusieurs foyers. Du coup, les jeunes, les femmes et même les sages sont prêts à venger leur « messie ». Ils doivent cela en reconnaissance de ses actions sur le terrain. Il a notamment octroyé des micro crédits aux plus pauvres, accompagné les jeunes pour leur esprit d’initiative, apporter son soutien à bien de cas sociaux. En clair, il est un homme d’actions sociales. Il est à ce titre très représentatif bien que souvent discret. Ce serait faire preuve de myopie et de stupidité que de se débarrasser de lui.

FN
Journal LE MATINAL 06/08/09
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Publié dans Politique nationale

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