A bâtons rompus avec deux honorables députés:Gbadamassi, l’apôtre de Yayi Boni et Adambi, sur ses gardes 6 août 2009

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

A l’occasion de la célébration du 49ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale, les députés Rachidi Gbadamassi et Samou Séïdou Adambi, tous élus dans la 8ème circonscription électorale, ont confié leurs impressions à la presse. Dans des entretiens exclusifs, Gbadamassi le républicain, a justifié son absence au congrès constitutif du Rassemblement des démocrates indépendants (Rdi Anfanni) de Samou Séïdou Adambi. Gbadamassi s’est prononcé sur la création de son propre parti et sur la révision prochaine de la constitution béninoise. Il se dégage de son discours que Rachidi Gbadamassi soutient Yayi Boni et considère Samou Séïdou Adambi comme son allié. Ce dernier quant à lui reste sur ses gardes et parle des libertés individuelles à améliorer pour faire avancer la démocratie béninoise.

Honorable Rachidi Gbadamassi :
Vous êtes en ce moment à Parakou pour la célébration du 49ème anniversaire de l’indépendance nationale. Quels sont vos sentiments ? Est-ce que le Bénin est véritablement indépendant ? Vous savez, moi je ne suis pas un adepte du déluge. L’honnêteté intellectuelle voudrait qu’on reconnaisse qu’en 49 ans quelque chose a été fait. Avant 1972, le Bénin a connu une instabilité politique. On a même qualifié le pays d’ »enfant malade de l’Afrique ». Mais à partir de 1972, le Bénin a connu une stabilité politique avec l’arrivée du Général Mathieu Kérékou au pouvoir. A partir de 1990, le Bénin a connu le multipartisme intégral et la démocratie. Sans vous mentir, je peux dire que le Bénin a gagné le pari de la démocratie. Aujourd’hui, le Bénin est même un modèle démocratique. Ce qui reste, c’est de réussir le pari du développement. Les présidents Kérékou et Soglo ont réussi le pari de la démocratie. Le Dr Yayi Boni a commencé par assainir les finances publiques. Ce qui l’amène à mener une lutte sans merci contre les fossoyeurs de l’économie nationale. C’est le lieu de l’encourager à aller loin. Quand vous voyez aujourd’hui ceux-là qui doivent à l’Etat béninois que ce soit de la mouvance présidentielle ou de l’opposition informelle, ils sont tous responsables. Il s’agit de récupérer les fonds, plus de 300 milliards qu’on doit à l’Etat béninois pour les redistribuer d’une manière équitable au niveau des communes du Bénin. Donc, en 49 ans quelque chose a été fait. Mais tant qu’il reste à faire, rien n’est fait. J’ai aimé la manière dont le gouvernement a commencé par procéder par rapport au 1er août d’une manière tournante. Cela permet aux communes du Bénin de bénéficier de certaines infrastructures. Etes-vous satisfait des retombées du 1er août 2008 à Parakou, Quand je vois ce qui se passe au niveau de Lokossa, vraiment, j’ai la chair de poule et excusez-moi, je suis révolté. Parce que, quand je vois ce qui s’est passé à Parakou, je n’ai pas vu un grand changement au niveau de la ville de Parakou. Ils ont mis près de 3 milliards. Je crois que dans les jours à venir, je vais animer une conférence de presse à ce sujet. Nous devons situer les responsabilités. Si le président Yayi Boni a remis la totalité de ces marchés aux fils de Parakou. Dans les jours à venir, nous devons faire le point. A Lokossa, ils ont changé le visage de la ville. Ils ont mis le paquet… Or plus de 6 milliards ont été engloutis à Parakou. Est-ce que vous sentez qu’on a mis 6 milliards ? Moi je dis non. Nous ferons le bilan point par point pour voir comment ce que l’Etat a décaissé pour le 1er août 2008 à Parakou a été géré. Je souhaite bonne fête de l’indépendance à toute les populations de Parakou. Que Parakou sorte de l’ornière et devienne une ville moderne et prospère. Honorable, il est annoncé que dans les jours à venir, vous allez créer votre parti : Pur Abèrè. Qu’en est-il réellement ? Le parti que nous voulons créer émane de la volonté des populations. A un moment donné, j’ai voulu me retirer de tout ce qui est parti politique pour me consacrer à ma mission principale qui consiste à faire de la réélection du président Yayi Boni en 2011 une priorité. Je veux rester au-dessus de la mêlée. Je veux rester au-dessus des guéguerres politiques qui se mènent actuellement. Alors, je suis en train de réfléchir avec des amis, s’il faut créer un parti ou rester au dessus de la mêlée. Dans les prochains jours, nous allons faire connaître notre position aux populations de Parakou. Nous sommes en consultation avec les forces politiques à ce sujet. Il y a une semaine, votre homologue, Samou Séïdou Adambi a créé le Rassemblement des Démocrates indépendants (Rdi Anfanni). Votre fauteuil n’avait pas été occupé. A quoi était due votre absence ? Adambi est un jeune frère ami. Il m’a fait l’honneur de m’inviter à son congrès. Je faisais partie de ceux-là même qui l’avaient conseillé de créer un parti et que j’en crée aussi, pour qu’on se mette en alliance pour défendre les intérêts de Parakou. Je m’étais déjà préparé pour aller au congrès. Mais, au dernier moment, j’ai eu des informations selon lesquelles certaines personnalités ont préparé des discours pour tirer à boulets rouges sur le chef de l’Etat. Moi je ne pouvais pas être là, pour qu’on tienne de tels discours. Je ne voulais pas qu’on dise que ma présence au congrès a créé un problème. Parce que quand on va tenir certains propos devant moi, je vais répliquer et ça risque de gâter la fête. Et pour qu’il n’en soit pas ainsi, j’ai décidé humblement de ne pas y aller tout en restant en communion avec lui pour la création de ce parti. Dans les jours à venir, on pourra se mettre ensemble pour faire quelque chose. J’étais déjà à deux mètres du stade quand j’ai eu l’information. Par la suite, vous avez compris que les faits m’ont donné raison. Vous avez compris que les organisateurs ne sont pas complices. Ils ont invité des gens sans connaître ce qu’ils allaient dire. Ils ont été surpris par ces discours. Quand j’ai eu l’information, le temps de la partager avec l’honorable Adambi, je n’arrivais pas à le joindre. S’il organisait quelque chose, je vais me rattraper pour les assister. Les hommes politiques déplorent la multiplicité des partis. Et pourtant, vous en créez. N’y a-t-il pas une contradiction entre cet idéal et ce que vous faites ? Non ! Non ! Non ! Les partis ou mouvements politiques permettent de se faire représenter au nom d’une structure. Si vous êtes seul, on ne peut pas vous inviter pour des discussions. La création des partis ou des mouvements favorise les regroupements et les alliances. J’exhorte les hommes politiques à avoir la culture politique. Un mot sur la relecture de la constitution ! Il faut une extension de la constitution béninoise du 11 décembre 1990. Vu la manière dont le Bénin évolue sur le plan de la démocratie et vu son niveau de développement, il faut nécessairement revoir la constitution du 11 décembre. Cela ne veut pas dire tailler la constitution sur mesure. Il faut que la Commission électorale nationale autonome (Cena) devienne une institution constitutionnelle avec une mission claire de même que l’Organe présidentiel de médiation. Des articles à toucher ! Au niveau où nous sommes, il ne faut pas toucher aux articles relatifs à la limitation d’âge et au nombre de mandats.

Honorable Samou Séïdou Adambi :
Vous êtes en ce moment à Parakou pour la célébration du 49ème anniversaire de l’indépendance nationale. Quels sont vos sentiments ? Est-ce que le Bénin est véritablement indépendant ? Je voudrais d’abord rendre grâce à Dieu qui m’a permis ensemble avec ma famille, tous ceux que je connais de voir ce jour où nous nous rappelons encore une fois que le 1er août 1960, notre pays a accédé à la souveraineté internationale. Je voudrais ensuite dire que 49 ans, ce n’est pas 49 jours. 49 ans, c’est beaucoup. Les acteurs de cette indépendance sont déjà partis (morts). Je voudrais ici prier Dieu pour que leur âme repose en paix. Le Bénin est réellement indépendant. Tout au moins politiquement. Aucun pays n’est indépendant sur les autres plans. En fait, nous dépendons l’un de l’autre. Le Bénin n’est pas isolé des autres pays. Le Bénin ne vit pas en autarcie. Sur le plan politique, nous sommes indépendants. Il y a des décisions que nous prenons souverainement. Nous procédons à des élections du président de la République, des députés à l’Assemblée nationale, des conseillers aux niveaux communal et local. Après 49 ans, beaucoup de choses ont été faites. Mais il reste à faire. Et beaucoup reste à faire. D’abord au niveau des libertés individuelles, il faut aller plus loin. Au niveau de la démocratie que nous avons comme seule denrée à vendre vis-à-vis de l’extérieur aujourd’hui, il faut également tout faire pour consolider les acquis, améliorer la gouvernance afin que notre pays soit mieux vu à l’extérieur. Qu’on le veuille ou pas le Bénin est aujourd’hui un pays où la démocratie est née en premier lieu en Afrique occidentale. Nous avons l’obligation de montrer aux autres que la voie qu’on leur a montrée est la bonne. Donc il nous faut demeurer le meilleur des élèves en matière de démocratie et de gouvernance. Car en matière de développement, il reste à faire. Beaucoup de choses sont en train d’être faites. Mais ce qu’il faut pour que le Béninois puisse vivre aisément, il reste à faire à ce propos. Avez-vous des suggestions à faire à l’Exécutif en tant que député à l’Assemblée nationale pour que ce qui reste à faire sur le plan du développement se fasse ? Ce qu’il faut faire pour avancer, c’est d’abord que chacun comprenne que chaque institution doit jouer son rôle. Nous sommes les représentants du peuple. L’Exécutif a à sa tête, l’élu du peuple. Nous en tant que député, avons l’obligation de défendre les intérêts du peuple et à ce titre, tout ce que le gouvernement envoie à l’Assemblée nationale, nous devons regarder avec des loupes. Nous devons veiller sur l’intérêt général à travers les lois et le vote du budget, afin que le social puisse être amélioré, afin que les libertés individuelles, la démocratie, la bonne gouvernance et le développement en général soient une réalité. C’est vrai que nous sommes encore sous développés. Mais nous pouvons améliorer les choses, en améliorant la collaboration entre les institutions. C’est très important. C’est ça qui augure d’une démocratie apaisée. Peut-on atteindre cet objectif avec l’achat des députés et les transferts tous azimuts à l’Assemblée nationale ? Non ! Je ne parlerai pas de transfert. Je ne parlerai pas d’achat. Ce sont des questions de conviction politique. Chacun a sa conviction. A un moment donné on peut changer de camp quand on se rend compte que ce n’est plus ce pourquoi on y était, on peut changer de camp. Ce n’est pas nécessairement l’argent qui joue le rôle, même si l’argent a un rôle, ce rôle est minime. La conviction doit être l’élément premier qui doit guider le départ d’un groupe. Parce qu’on décide de rester dans un groupe. Mais à un moment donné, il faut accepter si ça ne va pas et avoir le courage de le dire avant toute chose.

Journal LE MATINAL 06/08/09
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Publié dans Politique nationale

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