Sur l'émission « Zone Franche » : Roger Gbégnonvi enterre le régime du Changement
Après sa récente lettre ouverte envoyée au chef de l’Etat, le professeur Roger Gbégnonvi précédemment ministre de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales était hier sur l’émission « Zone Franche » de Canal3 TV. Au cours de ce débat télévisé, l’invité a magistralement dépiécé le cadavre du régime du Changement pour en tirer les organes qui vivotent avant d’ensevelir le reste du corps en putréfaction. Le curé circonstanciel en la personne de Roger Gbégnonvi n’a pas dit le requiem à moitié.« Je suis profondément déçu parce que je vous ai soutenu ». Ainsi s’adressait l’invité au chef de l’Etat à travers les lignes de sa lettre ouverte. De la sorte, plus rien ne pouvait arrêter M. Gbégnonvi dans sa séance de réflexion clinique sur le changement. C’était lors de l’émission hebdomadaire « Zone Franche » de Canal 3 TV. Le professeur Roger Gbégnonvi précédemment ministre de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales pendant environ deux heures de temps, a passé en revue la gestion du président Boni Yayi. Il a décrypté son message à lui adressé pour en dernier ressort procéder à l’ensevelissement du régime du changement ; porteur d’un mirage excessif.
Pendant environ deux heures de temps, l’autopsie a été pratiquée sur le corps du Changement par celui là qui revêt un triple manteau ; celui du professeur pour faire les analyses, de médecin légiste pour pratiquer l’autopsie et de celui du curé pour célébrer le requiem de ce système qui n’a eu qu’une durée de vie de quelques petites années. C’est avec une aisance qu’on lui connaît que le professeur s’est exercé à porter ce manteau. A l’image de sa grosse déception, il a répété au tant de fois que les petits et les humbles qui ont porté le chef de l’Etat au pouvoir en 2006 sont délaissés.
En revenant sur les situations difficiles qui ont permis l’élection de Boni Yayi, il dit regretté le traitement qui est infligé à la population qui a crû au Changement du système dans lequel elle était. Dans un ramassé d’actes posés par le chef du changement et prenant appui sur des passages bibliques, l’invité sans ambages a exprimé son ras-le-bol face à ce qu’il appelle l’échec du Changement.
Décryptage de la lettre ouverte envoyée au chef de l’Etat Les multiples analyses faites lors de cette émission sont parties de la récente lettre envoyée par l’invité au chef de l’Etat ; laquelle lettre qui ne comportait pas des messages d’amour même si le destinataire est comparé à une fiancée qui est devenue l’épouse.
A travers cette lettre, l’ex ministre du Changement qui a servi ce système pendant environ 11 mois dit être resté sur sa faim parce que l’aspiration du peuple s’est transformée en désespoir. Il est allé jusqu’à exprimer son regret du fait d’avoir été pris au même piège que les autres et en participant au gouvernement du Changement.
La question des audits a été soulevée et l’invité pense que le chef de l’Etat est le seul à savoir pourquoi le système de lutte contre la corruption est aujourd’hui comme un épouvantail qui n’effraie même plus. Avec des exemples pris sur d’autres faits et parlant de ses propres expériences vécues lors de son passage à la tête du ministère de l’Alphabétisation, il a étayé ses argumentaires qui consistent à montrer que la corruption est belle et bien présente dans le système du Changement.
Il n’a pas oublié de revenir sur le fameux dossier qui défraie la chronique ; l’affaire Cen-sad avec ses corollaires. Il s’est refusé de croire que le chef de l’Etat n’est pas au courant de ce dossier car selon lui, le système de fonctionnement du conseil des ministres est bien huilé pour qu’on ne nous dise que le premier magistrat ne soit pas au courant.
Ce scandale est imputable au président Boni Yayi mais comme à son habitude, rejette toujours le tort sur les autres. Le cas palpable est sa dernière sortie où il fit son mea culpa aux populations mais a aussi rejeté une fois encore le tort sur ses collaborateurs comme ce fût le cas lors de son investiture en avril 2006 quand en prononçant son discours, il a omis de citer les parlementaires.
Cet exemple est la marque du chef qui rejette tout sur les autres. Dans ses nombreuses explications, l’invité a souligné qu’il conçoit très mal qu’un président soit élu démocratiquement pour venir s’occuper que des agrégats macro économiques alors que la casserole de la ménagère est vide. Selon lui, les micros crédits ne suffiront pas pour régler le problème de survie et de développement s’ils ne sont pas suivis de mesures d’accompagnement pour les bénéficiaires.
Plusieurs aspects de gestion du régime Yayi sont passés en revue et il est aujourd’hui écœurant de constater que des phénomènes de régionalisme se développent à une vitesse vertigineuse. Des concepts de Solidarité sud sont en gestation et ceci n’est que la conséquence directe du fléau de régionalisme qui s’installe.
L’invité a souligné que la situation est devenue plus alarmante sous le régime du changement. En décryptant cette lettre, Roger Gbégnonvi a dans une analyse trouvé que le gouvernement du Changement est à terre et il doute que Boni Yayi retrouve « la main » pour 2011. En ouvrant de toutes petites parenthèses sur les sujets d’actualité, il trouve que l’arrivée de Gbadamassi au sein de la mouvance l’aurait fait démissionné si lui Gbégnonvi était encore ministre au gouvernement car, il se sentirait mal à l’aise que ce dernier soutienne la même personne que lui.
Il a apprécié la dernière sortie de Me Adrien Houngbédji et pense que les gaffes du régime actuel permettent à l’opposition de se sentir très efficace. Etant de la société civile, il ne s’est pas empêché de se prononcer sur les derniers évènements qui ont secoué cette société. L’invité dit ne pas voir de camps mais trouve que ces guéguerres participent de la vie associative et aurait souhaité que cette société ne soit jamais du côté du gouvernement sinon, le combat du respect des lois de la République et de la bonne gouvernance sera biaisé.
Gbégnonvi propose une alternance en 2011
L’ancien ministre Roger Gbégnonvi qui a fait l’expérience faire de Boni Yayi a épousé hier sur le plateau de Canal 3 des dilettantismes qu’on note depuis l’avènement du régime en place. Ce qui fait que les Béninois ne cessent de dire leur souhait par rapport au départ de Boni Yayi lors des prochaines joutes électorales de 2011.
Appelé à se prononcer sur certains dossiers de l’actualité nationale hier dimanche 9 août 2009 sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 – Bénin, le professeur Roger Gbégnonvi, ancien ministre de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales du gouvernement dit de changement a, une fois encore plumé Boni Yayi.
Son intervention d’hier fait suite à la lettre ouverte qu’il a adressée à ce dernier pour dire son indignation par rapport aux dérives et scandales qui sont observés au sommet de l’Etat sous l’actuel président de la République. En effet, en procédant au décryptage de sa lettre, il a indiqué que l’actuel locataire du Palais de la Marina ne peut pas dire qu’il n’est pas au courant de la scabreuse affaire de la Cen-Sad qui a fait perdre des dizaines de milliards au Bénin. Pour lui, les fils du Bénin doivent reconnaître aujourd’hui que le Changement a échoué et il faut carrément une alternance en 2011.
Nul n’ignore que Roger Gbégnonvi a participé à la gestion du Bénin avec Boni Yayi. Sa sincérité et son intégrité ont toujours gagné l’admiration de l’opinion publique. C’est d’ailleurs ce qui l’a amené en fin de compte à retourner sa veste contre le chantre du Changement qu’il défendait bec et ongle. Cela n’étonne pas. Car, comme l’a dit madame Célestine Zanou lors de sa sortie médiatique du 31 juillet dernier, Yayi a trompé les Béninois.
C’est sûrement cet aspect flatteur que le chef de l’Etat a présenté aux populations et qui lui a permis d’accéder à la magistrature suprême qui avait aussi influencé Gbégnonvi. Aujourd’hui, face aux réalités des gaffes, il a décidé de prendre son option pour les prochaines joutes électorales. N’est-ce pas un point de plus qui appuie les deux dernières sorties du président Adrien Houngbédji ?
Au cours de son intervention sur canal 3 hier, l’ancien ministre Gbégnonvi voit l’alliance G4 et Force Clé comme un regroupement du sud-Bénin tendant à rallier les députés originaires du sud mais membres du G13. Il a même dit qu’une lettre de l’alliance serait en circulation à cet effet.
Ces affirmations provenant d’un professeur de son rang paraissent extrêmement graves surtout que l’invité de Canal 3 n’a pas pu exhiber le document évoqué. D’où Gbégnonvi a-t-il eu cette lettre si vraiment elle a existé une fois. En tout approchés, des responsables de l’alliance n’ont taillé aucune importance à ces propos du professeur. Ils confient que si une telle lettre n’existait, ce serait que dans la tête de Gbégnonvi qui doit éviter de verser dans des rumeurs ou approximations.
L. HOUETON, R. FASSINOU
Journal LE GRAND JOURNAL 10/08/09
Publicité