Filature au domicile de Bruno Amoussou: 3 agents secrets échappent au lynchage
Trois agents des services de renseignement, en filature au domicile du président du Parti social démocrate Bruno Amoussou au quartier Pattes d’Oie, ont failli être transformés en charpie dans l’après-midi du jeudi 6 août dernier. Ils étaient à la chasse du président de la Boad Abdoulaye Bio Tchané quand les populations leur sont tombées dessus.Un drame a été évité de justesse le jeudi dernier au carrefour du Ceg Père Aupiais et la voie menant au domicile du président du Parti social démocrate Bruno Amoussou au quartier Pattes d’Oie à Cotonou. Aux environs de 17 heures, le véhicule à bord duquel était l’actuel président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) Abdoulaye Bio Tchané, s’était immobilisé au portail du domicile de M. Bruno Amoussou. M. Bio Tchané ne savait pas qu’il avait été pris en chasse par trois agents des services de renseignement sur des motos banalisées, depuis qu’il a quitté Akpakpa PK7 où il avait rendu visite à sa mère. L’un des trois motocyclistes s’était posté un peu après l’entrée du Ceg Aupiais et surveillait le domicile de M. Bruno Amoussou. Les deux autres se sont mis carrément au carrefour. Quelques minutes plus tard, arrive le cortège du ministre de la Défense nationale Issifou Kogui Ndouro toujours au domicile du président Bruno Amoussou. Mais, il va poireauter pendant plus d’une heure dans sa voiture au portail, le temps que les discussions entre Amoussou et Bio Tchané prennent fin. De plus, il n’avait pas rendez-vous et M. Bruno Amoussou hésitait à le recevoir. Entre-temps, les manèges des deux agents de renseignement postés au carrefour ont fini par attirer l’attention des riverains. Interrogé, l’un deux affirme qu’il est un Béninois vivant à l’étranger et que personne ne peut lui interdire de circuler où il veut et quand il veut. Les discussions s’enveniment et le groupe des riverains grossis avec l’arrivée des passants et des curieux. La tension monte. Le troisième agent, ayant compris le danger qui le guette, voulait prendre la poudre d’escampette mais il fut vite maîtrisé par la foule. Quelqu’un demande de l’essence et une bûchette d’allumette. La foule était prête à les brûler vifs s’ils ne déclinaient pas leur identité et s’ils n’expliquaient pas les raisons pour lesquelles ils sont à cet endroit. En fait, ces agents de renseignement n’avaient pas de vaine. La veille de ce jeudi, il y avait eu un cambriolage sanglant dans la zone et tout le monde était à fleur de peau. Ce qui explique cette réaction des riverains. Finalement, le calme est revenu quand ces agents de renseignement ont avoué qu’ils sont en service commandé. L’ordre leur avait été donné par leurs supérieurs hiérarchiques de suivre M. Bio Tchané dans ses faits et gestes, toutes les fois où il séjourne à Cotonou. Ils se sont confondus en excuse avant de repartir sur les chapeaux de roue.
Boubacar Boni Biao
Journal 24 HEURES AU BENIN 10/08/09
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