Coup de pied dans la fourmilière

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

L’une de mes valeurs cardinales est la bonne gouvernance. C’est pourquoi j’ai une profonde admiration à tous ceux qui font de ce concept leur crédo. Mais, j’avoue que la volonté manifeste des inconstants disciples du Changement de vérifier l’utilisation de la contribution de l’Etat aux dépenses de fonctionnement des syndicats, pour la simple raison que ces derniers ont dénoncé les pratiques rétrogrades du gouvernement, est édifiant. Je ne sais pas ce qu’en pensent Gaston Azoua, Pascal Todjinou, Dieudonné Lokossou et compagnies, mais ils doivent s’arracher les cheveux. Certes, c’est tout à faire normal que le chef de l’Etat veuille cultiver la bonne gouvernance dans toutes les institutions de la République. Mais la démarche prête à confusion. Elle dénote d’une cabale contre les syndicats. Ces derniers, ayant combattu le gouvernement jusqu’à son dernier retranchement lors de leur fameuse marche de protestation contre la cherté de la vie et la saignée à blanc des finances publiques, font l’objet d’un audit parce qu’ils se sont donnés la liberté d’affronter le pouvoir. C’est l’appréciation qui est faite de l’idée du gouvernement de vérifier la gestion de la contribution de l’Etat aux dépenses de fonctionnement des syndicats.
L’attention du gouvernement aux syndicats surprend en ce sens qu’on se demande pourquoi le rapport sur l’audit de la gestion des fonds d’escorte des véhicules d’occasion qui est très attendu des populations n’a toujours pas été publié, pendant qu’on s’acharne sur les syndicats.
La priorité ici sont les milliards de francs Cfa générés par la filière véhicule d’occasion et non les miettes des syndicats. 2011 n’étant plus trop loin, le président Boni Yayi qui sera sans doute candidat à sa propre succession enregistrera la colère des travailleurs pour avoir mis le pied dans la fourmilière. C’est vrai qu’ils ne sont pas nombreux et que les vrais électeurs résident dans les campagnes. On peut les mettre au second plan. Mais ce qui est aussi vrai, c’est que les citadins viennent des campagnes. De ce fait, ils peuvent influencer le vote de leurs parents restés au village. Ce qui est certain, ce coup de pied dans la fourmilière aura des répercussions graves sur la réélection ou non de Boni Yayi en 2011.

Journal 24 HEURES AU BENIN 13/08/09
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Publié dans Politique nationale

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