Crise sociale: Yayi et les syndicalistes à la porte de non retour
La crise entre le gouvernement et les centrales syndicales du pays prend une allure inquiétante. L’envoi de l’Inspection générale de l’Etat à la Bourse du travail est venu empirer la situation.Entre les syndicalistes et le Chef de l’Etat, le divorce est-il consommé ? A l’allure où vont les choses, on est tenté de répondre à cette interrogation par l’affirmative. Les deux camps se regardent en chiens de faïence. De jour en jour, le problème se complique. Le président Boni Yayi, campé sur sa position, a envoyé l’Inspection générale de l’Etat (Ige) aux trousses des travailleurs, parce qu’ils ont osé l’affronter. En conséquence, il y a eu un durcissement de ton des deux côtés. Aujourd’hui, pour les syndicalistes le régime du Changement a opté pour la violation des libertés publiques reconnues officiellement par les textes de la République. C’est comme si après l’échec du gouvernement dans les interdictions des marches de protestation et la carrure des mouvements de grève, le chef de l’Etat veut utiliser l’Ige pour réduire au silence les travailleurs qui revendiquent légalement et normalement leurs droits. Depuis l’ère du Renouveau démocratique, c’est la première fois qu’un pouvoir est allé à cette extrémité avec les syndicalistes. Au temps du président Nicéphore Soglo, les protagonistes s’asseyaient autour d’une table de négociations pour régler leurs différends. Le même système a été respecté sous le président Mathieu Kérékou. En ces périodes, les pourparlers avec les syndicalistes s’étaient améliorés. A l’époque, c’était l’ancien ministre du plan, Bruno Amoussou, qui allait au front avec ses collègues pour discuter avec les travailleurs. Après de longues négociations, gouvernants et syndicalistes trouvaient toujours un terrain d’entente. Par contre, à l’ère du Changement, c’est le bâton qui est privilégié pour casser les mouvements syndicaux au Bénin. Comme si cela ne suffisait pas, on utilise l’Ige pour les intimider. Face à cette situation, un problème se pose : les travailleurs peuvent-ils encore faire confiance à ce gouvernement ? Non, car le Chef de l’Etat les a déjà trop marqués négativement. Tout se passera dans une atmosphère de méfiance. Ceci est un handicap majeur à l’apaisement du climat social. Alors, le vin est tiré et il ne reste qu’aux uns et aux autres de le boire.
Wilfrid Babatoundé
Journal 24 HEURES AU BENIN 13/08/09
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